Enfouissement: vaste chantier à ciel ouvert dans Brome-Missisquoi

Branle-bas de combat sur le rang Saint-Joseph

Claude Hébert claude.hebert@tc.tc
Publié le 12 octobre 2016

David Rumsby, directeur des opérations à la RIEDSBM, suit de près l'évolution du chantier.

©Photo: TC Media – Claude Hébert

ENVIRONNEMENT. Le site d'enfouissement du rang Saint-Joseph, à Cowansville, a fait l'objet d'importants travaux et d'investissements majeurs au cours des derniers mois…. et ça continue!

Le personnel de la Régie intermunicipale d'élimination des déchets solides de Brome-Missisquoi (RIEDSBM) travaille actuellement à la fermeture de l'une des 17 fosses destinées à l'enfouissement des matières résiduelles. Une opération complexe qui nécessite plusieurs mois de travail et présente de nombreux défis.

«La fermeture de la cellule  numéro 17-A et 18-A, d'une superficie de 23 500 m2, nécessitera un investissement de l'ordre de 400 000 $. Cette somme inclut le coût des matériaux, des services professionnels et de la sous-traitance. Le temps de nos employés n'est pas comptabilisé dans ce montant», indique David Rumsby, directeur des opérations à la RIEDSBM.

Selon M. Rumsby, la durée de vie utile d'une cellule peut varier entre trois et quatre ans selon ses dimensions et son inclinaison. Une fois remplie, la cellule doit être fermée hermétiquement afin d'éviter la contamination de la nappe phréatique.

«La pose d'une membrane étanche empêche l'infiltration d'eau à l'intérieur de la fosse et la fuite des biogaz produits par la dégradation de la matière organique enfouie dans le sol», explique M. Rumsby.

Quatre cellules et demie ont été remplies, puis fermées, depuis le début des années 2000. La plus récente fermeture, celle de la cellule numéro 16, remonte à l'été 2012.

Lors de la fermeture d'une cellule, les ordures sont recouvertes de matériel drainant (30 cm de sable), d'une membrane, de  matériel de protection (45 cm)  et de terre végétale (15 cm). On installe également des conduites pour le transport des biogaz vers la torchère et l'usine de traitement des eaux. Ces opérations se déroulent sous la surveillance d'une firme d'ingénieurs (Consultants Enviroconseil inc. dans ce cas-ci).

«Un décret ministériel émis en 1998 autorise la Régie à aménager 17 cellules d'une superficie totale de 315 317 m2», précise le directeur des opérations.

Nouvelles cellules

Si la cellule 17-B et 18-B est déjà apte à recevoir les matières résiduelles, la RIEDSBM doit penser à plus long terme et prévoir l'aménagement de nouvelles fosses.

«La Régie a fait une demande au ministère de l'Environnement pour l'obtention d'un certificat d'autorisation lui permettant d'entreprendre l'aménagement des cellules 2 à 12. On s'y prend à l'avance, car il faut du temps pour couper les arbres, essoucher, enlever la terre arable, mettre le terrain au niveau, aménager des chemins et préparer les fosses. Ça ne se fait pas du jour au lendemain», explique M. Rumsby.

La RIEDSBM installe par ailleurs des puits d'observation tout autour du site afin de s'assurer qu'il n'y a aucune fuite susceptible de contaminer la nappe phréatique.

«On prélève des échantillons trois fois l'an», signale le directeur des opérations.

Soucieuse de la protection de l'environnement, la RIEDSBM n'avait pas hésité à investir 175 000 $ en 2015-2016 pour l'installation d'une conduite qui permet d'acheminer une partie des biogaz produits par la décomposition des matières résiduelles vers l'usine de traitement des eaux de lixiviation. Le biogaz était auparavant brûlé au moyen d'une torchère, à défaut d'une autre option.

«En remplaçant par du biogaz le gaz propane utilisé pour chauffer l'eau à 15 degrés Celsius, on réalise des économies de 50 000 $ par an. Il nous faudra donc trois ou quatre ans tout au plus pour récupérer l'investissement», explique M. Rumsby.

La matière organique enfouie sous le sol se décompose lentement et produit de bons volumes de biogaz pendant plusieurs décennies.