Farnham: un orme d'Amérique qui attire les regards

Arbre de l'année au Québec

Claude Hébert claude.hebert@tc.tc
Publié le 15 octobre 2016

L'orme d'Amérique des Choinière a été le théâtre de plusieurs pique-niques et rassemblements familiaux au cours des 75 dernières années.

©Photo: gracieuseté - Jean-Philippe Choinière

BOTANIQUE. Personne n'est en mesure de préciser l'âge exact de l'orme d'Amérique de la ferme Choinière à Farnham, mais tout le monde s'entend pour dire qu'il mérite pleinement le titre «Arbre de l'année au Québec» qui vient de lui être décerné.

«Cindy-Vanessa Sénatus, des Amis du Jardin botanique de Montréal, nous a appris la bonne nouvelle au début du mois», affirme Claude Choinière, pharmacien de profession et héritier de la ferme du chemin du Golf acquise par ses parents en 1940.

Ce dernier prend soin de préciser qu'une bonne partie du mérite revient à son père Louis-Paul qui a pris soin de protéger l'arbre avec une clôture de perches afin d'éviter que les vaches s'y frottent ou en piétinent les racines.

M. Choinière tient également à souligner la contribution de son fils Jean-Philippe qui a inscrit l'orme d'Amérique au concours parrainé par les Amis du Jardin botanique de Montréal (éditeurs de la revue Quatre-Temps) et par onze magazines ou organismes de vulgarisation scientifique francophones du Québec.

«C'est également mon fils qui a pris les photos et préparé le descriptif que l'on peut lire sur le site www.arbredelanneequebec.com», indique Claude Choinière.

L'arbre de la famille Choinière l'a emporté aux dépens de trois autres finalistes –un érable à sucre de Laval, un peuplier de Saint-Henri et un orme d'Amérique du Vieux-Québec – sélectionnés par un jury. Le choix du gagnant est cependant le résultat d'un vote populaire en ligne.

Un hêtre de Sainte-Angèle-de-Monnoir, dont la candidature avait été soumise par Denis Mercier, avait remporté le titre de la première édition du concours.

Le profil de l'arbre gagnant est publié sur le site www.arbredelanneequebec.com ainsi que dans tous les magazines scientifiques participants. Son parrain reçoit également une plaque aux couleurs du concours.

Que de souvenirs!

L'orme d'Amérique des Choinière fait partie de la vie quotidienne de Claude Choinière depuis sa tendre enfance.

«Quand j'étais petit gars, je grimpais à cet arbre avec mes amis», se souvient l'actuel propriétaire.

Depuis 75 ans, soit depuis l'acquisition de la ferme par Suzanne et Louis-Paul Choinière, le géant a également accueilli plusieurs pique-niques et rassemblements familiaux.

«On y a célébré le mariage de mon fils aîné, Jean-Philippe, en juin 2015», ajoute M. Choinière.

Cet arbre quasi bicentenaire en a vu passer des choses sous ses branches au fil du temps. Il n'a cependant pas toujours eu la vie facile.

«Notre arbre a résisté à la maladie hollandaise de l'orme (graphiose) qui a décimé plusieurs millions de ses frères. En 1983, il a également affronté sans trop de mal la tornade qui a fait des ravages dans un corridor d'un demi-kilomètre autour des boisés du club de golf de Farnham. Et en 1998, lors du verglas, notre arbre a perdu la moitié de ses branches. Un spécialiste est venu chez nous et a passé deux jours à le tailler. Opération réussie, car l'arbre a pu se remettre progressivement de ses blessures», rappelle Claude Choinière.

La famille Choinière confie aujourd'hui l'entretien de son orme d'Amérique à Donald Benjamin, un émondeur de Farnham qui réussit à en faire la taille à l'aide d'une nacelle.