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Le CINLB chef de file dans la lutte au nerprun

Les efforts des bénévoles commencent à porter fruit à Granby


Publié le 15 mai 2017

René Marois, responsable bénévole de l'Escouade nerprun et Hélène Godmaire, directrice générale du Conseil québécois des espères exotiques envahissantes, ont déniché de nouvelles pousses de nerprun bourdaine aux abords du chalet du CINLB.

©Photo: TC Media – Claude Hébert

BIODIVERSITÉ. Le Centre d'interprétation de la nature du lac Boivin (CINLB) fait figure de modèle en Montérégie dans la lutte contre le nerprun bourdaine, une espèce végétale exotique particulièrement envahissante.

«Grâce aux efforts déployés par notre armée de bénévoles au cours de trois dernières années, la forêt a repris ses droits. C'est merveilleux, car si rien n'avait été fait, la biodiversité du boisé était menacée de disparition sur un horizon d'une vingtaine d'années», signale René Marois, responsable bénévole de l'Escouade nerprun au CINLB.

L'invasion du nerprun bourdaine est insidieuse. Quand on constate sa présence, cette espèce envahissante est souvent bien installée et difficilement délogeable.

Hélène Godmaire, directrice générale du CQEEE

Selon ce dernier, cette plante était déjà présente sur près de 65 % de la superficie du centre de la nature quand on a jugé bon d'intervenir.

«Certains secteurs de la forêt ressemblaient à une jungle, à tel point que les chevreuils ne pouvaient plus y circuler», ajoute M. Marois.

En 2016, plus de 512 bénévoles ont pris part aux opérations visant à limiter l'expansion du nerprun bourdaine. Leurs efforts (7 340 heures de bénévolat) ont permis de déloger cette plante envahissante sur plus de huit hectares.

Cette année, on entend poursuivre dans la même direction en combinant l'éradication mécanique du nerprun avec la plantation de plantes indigènes du Québec en guise d'espèces de remplacement.

«Si les bénévoles poursuivent leur bon travail, on pourrait en arriver à un contrôle total du nerprun dès la fin de 2018. En d'autres termes, tous les arbres producteurs de graines devraient avoir disparu d'ici deux ans», poursuit M. Marois.

Les gens qui souhaitent joindre les rangs de l'Escouade nerprun sont invités à se présenter au CINLB, 700 rue Drummond à Granby, le premier et le troisième mardi de chaque mois, entre 9h et midi, à compter du 23 mai prochain. Une grosse corvée suivra le lundi 9 octobre (Action de Grâce) entre 9h et midi.

Pour information: René Marois, 450-775-5100 ou renemarois@videotron.ca

Espèce dévastatrice

Les résultats obtenus par l'Escouade nerprun impressionnent vivement la directrice générale du Conseil québécois des espères exotiques envahissantes (CQEEE), Hélène Godmaire.

«Le CINLB devient un leader dans la lutte contre le nerprun bourdaine. On suit de près ses démarches qui peuvent inspirer d'autres régions aux prises avec la même problématique», affirme-t-elle.

Cette dernière explique que toutes les conditions sont réunies pour permettre à cette espèce originaire de l'Europe, de l'Inde et du nord de l'Afrique de proliférer.

«Le nerprun n'a pas d'ennemis, de compétiteurs, de prédateurs et n'est pas touché par les maladies qui affectent les autres espèces», résume Mme Godmaire.

De plus, le nerprun se reproduit facilement (il est hermaphrodite), produit beaucoup de graines (1 000 à 5 000 graines par m<V>2<V>) et a un taux de germination très élevé (85 %). Ses graines restent viables trois ans en moyenne.

«Cette espèce envahissante prend le contrôle de la lumière et crée beaucoup d'ombre, ce qui laisse peu de chance aux espèces indigènes de croître. Elle modifie également le PH du sol qui devient alcalin et favorise la présence des vers de terre», indique la directrice générale du CQEEE.

Sur la base des recommandations du CQEEE, l'Escouade  nerprun préconise une méthode de contrôle mécanique.

«Les petits plants peuvent être arrachés à la main et les plans moyens à l'aide d'un outil à déraciner en forme de corne. Comme les gros plants sont difficiles à déraciner, on les coupe, puis on recouvre la souche d'un matériel opaque et résistant. Des bardeaux d'asphalte par exemple. ll est recommandé d'attendre au moins un an avant de retirer le matériel de recouvrement, de manière à éviter l'apparition de nouvelles tiges», explique M. Marois.