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Appartements de transition d'Espace vivant: une mesure aux retombées concrètes

L'organisme fête ses dix ans


Publié le 14 juin 2017

Heïdi Marc-Aurèle et Maxime Rainville, coordonnateur de la maison d'hébergement l'Espace vivant/Living Room.

©TC Media - Ghyslain Forcier

COMMUNAUTÉ. Tout en célébrant dix ans de service, l'organisme Espace vivant/Living Room (EVLR) trace un bilan positif d'une initiative lancée il y a trois ans, les appartements de transition Vers mon espace/Towards my Space.     

Affilié au Regroupement des Auberges du cœur du Québec, EVLR offre aux adolescents de 12 à 17 ans de l'hébergement volontaire pour des séjours variant entre 1 et 60 jours, sur la rue Hanson. Le tout se fait dans un environnement bilingue, tandis que les services de l'organisme couvrent tout le territoire de Brome-Missisquoi, et même un peu plus loin. 

Les sept places en appartements de transition visent plutôt une clientèle de 16 à 22 ans aux prises avec diverses problématiques, et qui souhaite éventuellement devenir autonome afin de réaliser un projet de vie. Elles peuvent leur permettre d'améliorer leur situation au niveau de l'emploi ou de poursuivre des études, et même, pas à pas, d'acquérir certaines responsabilités.    

En tout, une trentaine de jeunes sont passés entre les murs d'un des quatre logements du bloc appartement situé sur Royale, principalement des quatre pièces. «La plupart des jeunes retournent à la maison après leur séjour chez nous. Un jeune sur trois n'y retournera toutefois pas. Pour les 16-17 ans, il arrive que le milieu familial ne réponde plus à leur besoin, ne soit plus en mesure de les aider dans leur développement», explique le coordonnateur Maxime Rainville.

C'est un projet de prévention qui évite l'itinérance. Il est là pour permettre aux jeunes de s'organiser, et on leur fournit des outils pour ce faire. Il fait en sorte de développer de bonnes habitudes de vie

Jean-François Pomerleau

«C'est un projet de prévention qui évite l'itinérance. Il est là pour permettre aux jeunes de s'organiser, et on leur fournit des outils pour ce faire. Il fait en sorte de développer de bonnes habitudes de vie», renchérit Jean-François Pomerleau, fondateur et l'un des administrateurs de l'auberge.  

Enlever des obstacles

Une bonne partie du mobilier leur est fourni, ils n'ont pas non plus à débourser pour le chauffage et l'électricité. Le loyer mensuel y est aussi moins élevé et il n'y a pas de bail qui les retient. «Ces jeunes ont peu ou pas de revenus et ne peuvent se trouver un logement à 600 ou 700 $. Ils ont besoin de cette aide. Le coût du loyer étant faible, ça leur permet d'économiser et de construire quelque chose», fait pour sa part valoir Paule Dalphond, coordonnatrice au Regroupement des Auberges du cœur du Québec.    

L'organisme Espace vivant/Living Room ouvrait ses portes le 21 janvier 2008. À son adresse de la rue Hanson, il aura permis d'aider près de 300 jeunes.  

Fierté et persévérance pour Heïdi Marc-Aurèle

À travers deux séjours sous l'un des toits de l'organisme, Heïdi Marc-Aurèle a pu obtenir son diplôme d'études secondaire à Massey-Vanier. Elle emménageait sur la rue Royale en septembre 2015, et depuis, les événements se sont enchaînés.

«C'est ici que j'ai pu avoir mon bal des finissants. J'ai eu beaucoup d'aide des intervenants avec mes problèmes et tout ce qui touche le budget. C'est ce qui m'a beaucoup aidé à développer de la confiance et à faire le grand saut.»   

Elle a depuis entamé un DEP en secrétariat et entend prochainement choisir une branche, médicale ou juridique.

Son séjour dans l'un des appartements de Vers mon espace pourrait se prolonger, elle qui fera partie d'un nouveau projet de l'organisme: un trois pièces dédié à une personne seule (les autres sont en colocation) ou à un jeune couple, question de tester les aléas de la vie à deux.

«Je vais y emménager pendant quatre mois avec la personne que j'ai rencontrée pour voir si ça fonctionne», indique la jeune femme.