Alain Houle emporté par le cancer: la rage de vivre jusqu’à la fin

En mai 2011, Alain C. Houle partageait avec les lecteurs de JournalLeGuide.com sa rage de vivre. Onze mois plus tard, le cancer qui le rongeait de l’intérieur aura eu finalement raison de lui… mais pas de son «immortalité». À quelques jours du Relais pour la Vie, Anie Perrault, sa conjointe, rend hommage à celui qui lui sert constamment d’inspiration.

 

C’est avec émotion, mais aussi avec lucidité, que M. Houle relatait, l’an dernier, sa bataille contre le cancer généralisé. Cet enseignant en génie électrique et génie informatique à l’Université de Sherbrooke, habitué de vivre à fond de train, se voyait ainsi relégué bien malgré lui dans sa résidence du secteur Adamsville, à Bromont.

 

«Je ne me considère pas comme un héros, mais simplement comme quelqu’un qui laisse grandir en moi la flamme de la vie», confiait-il lors du passage de JournalLeGuide.com.

 

Un an plus tard, sa bien-aimée confirme que M. Houle, qui se préparait à célébrer son 44e anniversaire de naissance, a tenu bon jusqu’à la toute fin.

 

«C’était bien sûr plus difficile lors des derniers jours, alors qu’Alain était vraiment très faible. Il a préféré annuler sa présence au voyage que nous avions prévu à Walt Disney, en famille, à Orlando. Mais il nous suivait à distance, grâce à mes messages et mes photos. Alain avait de la difficulté à marcher, mais il avait toute sa tête», soutient Anie Perrault.

 

Cette conseillère municipale pour la Ville de Bromont avoue que voir son mari dépérir physiquement, alors que la «grande faucheuse» l’attendait au tournant, fut un véritable calvaire.

 

«Alain souffrait physiquement vers la fin de sa vie. On a dû l’hospitaliser d’urgence à BMP, où il a été soigné de manière extraordinaire, avec une chambre privée, où il pouvait voir le lac Davignon. On peut dire qu’il a terminé son aventure sur la Terre paisiblement. Ce n’est qu’à la toute fin qu’il lâchait prise, acceptant que la mort était proche», lance Mme Perrault.
Alain C. Houle aura défié la mort pendant un bon moment, affirme Anie Perrault. Son conjoint a d’ailleurs contribué activement à la recherche médicale, en bénéficiant de traitements de chimiothérapie de pointe.

 

«Ça lui a donné 14 mois de plus à vivre que les prévisions du médecin. Ce fut pour nous du temps précieux, qu’il a pu donner à son entourage. Ça vaut tout l’or du monde!», clame Mme Perrault, qui ajoute que son mari a donné la permission, une fois décédé, d’utiliser son cerveau à des fins de recherche.

 

Mme Perrault tient par ailleurs à souligner le soutien de la communauté bromontoise à son endroit et à celui de sa famille. Elle s’est montrée particulièrement touchée par le coup de main donné par la mairesse, Pauline Quinlan.

 

«Aussitôt qu’elle a appris le décès d’Alain, elle a cuisiné pendant des heures. Même si on pouvait être jusqu’à 11 personnes à la maison, on n’a pas manqué de nourriture pendant une semaine!», raconte-t-elle.

 

Spiritualité
Anie Perrault mentionne que son défunt mari avait adopté un cheminement personnel basé sur le bouddhisme, ce qui l’a aidé selon elle à affronter les épreuves qui se dressaient devant lui.

 

«Ça faisait longtemps qu’il méditait. Pour lui, vivre la spiritualité c’était sacré. Il aimait voir la vie positivement, malgré les embûches»,  confie-t-elle.
Pour Anie Perrault, la vie continue. Et doit continuer. Mais son cœur est déchiré à l’idée de voir ses deux filles, Valérie (5 ans) et Sophie (3 ans), grandir sans revoir leur père, qui avait de son côté un fils, Félix, né d’une relation précédente.

 

«Tout au long de la progression du cancer, nous n’avons rien caché à nos enfants. On leur a expliqué du mieux que l’on pouvait ce qui se passait. Mais à leur âge, ce n’est pas toujours évident de réaliser qu’Alain se préparait à partir pour toujours.  Valérie a cependant très bien exprimé ce qu’est l’immortalité dans ses propres mots. Elle m’a dit Maman, moi je suis une partie de papa et une partie de toi. Tant que je suis là, papa est là aussi. Dans le fond, tant qu’il y a des enfants, il y a de la vie, n’est-ce pas maman? J’en ai encore des frissons, tellement c’est beau et plein de sagesse à la fois», conclut-elle.

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