Dérapages: le percutant film de Paul Arcand fait réfléchir

Depuis sa sortie en salle, le documentaire «Dérapages» de Paul Arcand s’intègre à l’horaire des cours de bon nombre d’étudiants du secondaire de la province. Le 4 mai dernier, c’était au tour des élèves de J.-H.-Leclerc, de Granby, d’avoir droit au  visionnement-choc et à une rencontre avec le réalisateur et animateur vedette du 98,5 FM.

 

Après avoir présenté les documentaires Les voleurs d’enfance et Québec sous ordonnance, Paul Arcand s’attarde cette fois au drame des accidents de la route et de l’adoration de la vitesse excessive chez les 16-24 ans avec Dérapages.

 

Réunis au cinéma Élysée, pas moins de 300 étudiants du secondaire ont assisté à la présentation grâce à une initiative de deux étudiants de l’école secondaire granbyenne.

 

«Quand on fait un film, on ne sait jamais comment ça va être reçu et de voir que ça s’organise dans des écoles, ça donne l’idée aux autres et je suis bien content», a confié Paul Arcand en entrevue avec GranbyExpress.com avant le visionnement.

 

À l’image du réalisateur, le film présente en toute transparence et en toute franchise les conséquences directes du dangereux mélange «vitesse-alcool» derrière le volant. Pour illustrer les retombées néfastes de ces drames, Paul Arcand présente quatre cas, dont celui de quatre jeunes hommes décédés lors d’un impact fatal à Drummondville en octobre 2010.

 

L’histoire la plus troublante du documentaire est celle de Mikaël Borduas, victime d’un accident de la route. Confiné à un fauteuil roulant à la suite de deux traumatismes crâniens, le jeune homme de 24 ans injure sa mère («crisse de conne»), rouspète lors des repas et crie constamment. Comble de malheur, il se voit garer dans un CHSLD aux côtés de personnes âgées où il se contente de regarder la télé pour tuer le temps.

 

«Mikaël, c’est la partie du film qui suscite le plus de réactions chez les jeunes gars. La mort, on en entend parler aux nouvelles, mais c’est un côté un peu abstrait. De voir un jeune de leur âge être dépendant comme ça, lourdement hypothéqué et sans destin, c’est très dur pour les gars parce que ce n’est pas des conséquences que l’on voit dans les médias», avoue Paul Arcand.

 

«J’ai rencontré les parents de Mikael et sa mère m’avait dit…«moi, j’accepte de participer, mais à une condition…on montre tout». Comme ce n’était pas des séquelles provisoires, elle voulait montrer tout pour marquer la réalité.»

 

La place aux jeunes
Témoignages bouleversants de victimes et de proches, images saisissantes d’incartades sur les voies publiques, Dérapages laisse le chemin libre aux jeunes qui s’exprime en toute liberté sur le phénomène de l’insouciance et de la recherche de l’adrénaline au volant.

 

«L’objectif pour moi, c’était que les jeunes se reconnaissent dans le film. S’ils ne se reconnaissent pas, c’est une perte de temps et ça leur passe par-dessus la tête. Je ne voulais pas faire un film straight ou d’y aller avec une succession d’entrevues. C’était de créer des environnements et dans chacun des cas, on essaie de montrer le contexte pour qu’ils se reconnaissent. À date, pour la grande majorité (des jeunes), ça semble les rejoindre d’après les témoignages que l’on a.»

 

Comment atténuer les accidents de la route impliquant les 16-24 ans au Québec? Les jeunes rencontrés par Paul Arcand y vont de leurs suggestions dans le film. Aucun avis de spécialistes en sécurité routière.

 

«Les jeunes sont un peu tannés des règlements, mais en même temps, ils ont une volonté que ceux qui sont vraiment fous au volant soient punis plus sévèrement qu’actuellement.»

 

Dérapages, c’est une sortie sur les routes du Québec de 90 minutes qui secoue l’auditoire. «J’ai l’avantage de pouvoir faire ce type de documentaire. J’ai eu un an et demi pour le faire et j’ai voulu décrire un phénomène avec une approche un peu différente en laissant la place principalement aux jeunes. Je suis sincèrement heureux de voir l’accueil pour le film et de constater que les jeunes vont au cinéma avec leurs parents, individuellement ou par l’école. C’est bien satisfaisant», laisse tomber Paul Arcand.

 

 

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