Insalubrité à Saint-Ignace: les animaux pris en charge

Malgré l’opposition de la propriétaire, des dizaines d’animaux mal en point et d’autres morts retrouvés dans une maison de Saint-Ignace-de-Stanbridge auraient été pris en charge par Anima-Québec, selon des informations obtenues par l’Express.

 

Anima-Québec, l’organisme gouvernemental à la demande de la municipalité, serait intervenu vendredi soir dernier. Une information que confirme la sœur de la résidente des lieux. «Son fils est allé à la maison hier (dimanche) et il n’y avait plus d’animaux dans la maison. Mais il en restait dans les enclos extérieurs», dit-elle.

 

De son côté, Anima-Québec, un organisme supervisé par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) ne confirme aucune allégation. «Comme c’est un cas spécifique, on ne commentera pas. Toutefois, dans chacun des cas, des mesures sont prises pour la sécurité et le bien-être des animaux», indique la porte-parole Caroline Fraser.

 

«Nous sommes soulagés de savoir que les animaux ont été pris en main», mentionne, pour sa part, Mélanie Thibault, directrice générale de Saint-Ignace-de-Stanbridge.

 

Maintenant, la municipalité est à rédiger une mise en demeure pour corriger la situation d’insalubrité. Le conseil municipal devait se réunir en séance extraordinaire mardi soir à l’hôtel de ville pour adopter une résolution en ce sens. «Toute décision doit être prise par résolution de constatation», ajoute Mme Thibault.

 

Avec les différents rapports, entre autres celui du Service de sécurité incendie et celui rédigé par l’inspecteur municipal, les conseillers étaient appelés à se prononcer sur les procédures à prendre pour corriger la situation d’insalubrité. «Ce n’est pas un dossier facile. Au-delà de l’insalubrité, c’est un dossier humain», poursuit la directrice générale.

 

Refus de la propriétaire
Avant de voir le dossier être pris en mains par Anima-Québec, la propriétaire des animaux en a fait voir de toutes les couleurs à l’administration municipale.

 

«Elle nous a faxé une lettre dans laquelle elle nous interdisait de nous occuper des animaux. Elle nous a dit de ne pas nous en mêler. On voulait s’en mêler, mais on avait les poings liés», expliquait, jeudi dernier, la directrice générale de Saint-Ignace-de-Stanbridge, Mélanie Thibault.

 

En plus de la télécopie qui avait été signée de la main de la propriétaire des animaux, devant des témoins à l’hôpital, la dame avait confirmé de vive voix ses intentions. «Ça a une valeur légale. Notre procureur nous a dit de suivre sa volonté, indique Mme Thibault. C’est clair net et précis. Elle disait qu’on ne rentre pas chez elle, qu’elle ne nous donnait pas l’autorisation.»

 

Entre temps, Anima-Québec a pris le relais dans le dossier. Selon la directrice générale de Saint-Ignace-de-Stanbridge, Anima-Québec a davantage de pouvoir que la municipalité pour intervenir.

 

Morsure
Sylviane Céré, l’une des quatre bénévoles qui s’est occupée des animaux malades retrouvés dans cette maison de Saint-Ignace-de-Stanbridge le 17 février dernier, a été mordue par un chat.

 

«Je portais deux paires de gants, une paire en latex et une paire de gants de travail. Lorsque je les ai enlevés, j’ai vu que je saignais», raconte la bénévole. Après avoir nettoyé ses deux plaies avec un désinfectant à mains, la dame s’est rendue à l’urgence du Centre hospitalier de Granby où elle a reçu une injection pour prévenir le tétanos.

 

«Il y avait 24 personnes devant moi. On m’a dit que je devais voir un médecin», explique-t-elle. Elle est donc retournée chez elle pour se rendre le lendemain matin à une clinique de Mansonville où un médecin lui a administré deux doses d’un traitement contre la rage. Sylviane Céré a reçu deux autres injections au cours des derniers jours et une dose finale lui sera administrée jeudi. «Le médecin m’a dit qu’il ne faut pas prendre de chance parce qu’il y avait des animaux morts sur les lieux et que les lieux étaient insalubres», ajoute la dame.

 

Ian Quirion, de l’Agence de santé et des services sociaux de l’Estrie, précise que les interventions sont variées. «La direction de la santé publique fait une enquête. À la lumière des résultats, un protocole d’intervention est établi. C’est du cas par cas.»

 

Étant une maladie à déclaration obligatoire, chaque cas probable de rage doit être communiqué à l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA). «Il n’y a pas d’implication de l’ACIA. Dans ce cas-ci, il n’est pas possible d’identifier l’animal précis et on fait des examens que sur un animal précis», explique Marc Touchette, spécialiste des communications à l’ACIA. De son côté, le porte-parole du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) Guy Auclair précise qu’un risque d’infection résulte de toutes les morsures d’animaux. «La pire, c’est la rage. En cas de doute, un traitement préventif va être recommandé.»

 

Précision
Une erreur s’est malencontreusement glissée dans notre édition de la semaine dernière. Dans notre article «Horreur à St-Ignace», on pouvait lire «Malnutrition, plaques de poil manquantes, peau clairsemée, maladie de la rhino (pour les chats), vomissements, gale et teigne ont été diagnostiqués par ce dernier». Il s’agit de constatations plutôt que d’un diagnostic. Toutes nos excuses.

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