Vacances héroïques au Mexique

Karine Richer, 31 ans, de Farnham, a posé un geste héroïque, le 23 juillet dernier à Riviera Maya, en évitant la noyade à une fillette mexicaine.

«Tout s’est passé très vite… je n’ai pas vraiment eu le temps de réfléchir. Mon instinct a pris le dessus et ma formation en réanimation cardio-respiratoire (RCR) m’a dicté ce que j’avais à faire», raconte la jeune femme, les larmes aux yeux, une dizaine de jours après l’événement.

Le fil des événements

Karine Richer, son conjoint et leurs deux fillettes ne se doutaient pas que leur premier voyage familial à l’étranger serait marqué par de tels rebondissements. Il en va de même pour les parents de Karine, qui étaient également de l’aventure et qui sont visiblement très fiers du sang-froid démontré par leur fille.

Cette journée-là, cinq des six membres du noyau familial ont quitté la piscine de l’hôtel Barcelo Colonial, à l’heure du dîner, pour aller casser la croûte. Karine n’avait pas faim et est demeurée sur place, pour prendre du soleil.

La Farnhamienne regardait d’un œil distrait les touristes attroupés à l’intérieur et aux abords de la piscine lorsque son regard s’est arrêté sur le corps d’une enfant qui flottait à la surface de l’eau.

Mme Richer a bondi vers la piscine, empoigné le bras de la fillette et tiré celle-ci au bord de la piscine.

«La petite fille était bleu-mauve… et molle comme de la guenille. J’ai hurlé pour demander de l’aide, mais personne ne réagissait. Les gens continuaient à se baigner autour, comme si de rien n’était. J’ai alors commencé les manœuvres de réanimation. La fillette a fini par vomir, recracher par la bouche et le nez l’eau qu’elle avait avalée, avant de cligner des yeux. J’ai continué les manœuvres et l’ai retournée sur le côté pour éviter qu’elle ne s’étouffe, comme on nous l’apprend dans les cours de RCR. Les lifeguards ont fini par arriver, ont placé la fillette sur une planche et l’ont transportée à l’infirmerie de l’hôtel», résume l’héroïne de la journée.

Cette dernière comprend mal pourquoi personne n’est venu lui prêter secours, ni la réaction des sauveteurs de la piscine.

«Une lifeguard est venue à mes côtés, mais n’a pas participé aux manœuvres. On aurait dit qu’elle ne savait pas quoi faire», ajoute Karine.

Des souvenirs marquants

Karine Richer a d’autant plus été secouée par les événements que l’une de ses propres filles a le même âge que la victime de ce bête accident, soit environ quatre ou cinq ans. La jeune femme est également très proche des enfants, elle qui opère une garderie en milieu familial.

«Il m’a été très difficile d’obtenir des nouvelles de la fillette. J’ai fini par en avoir par l’entremise d’une employée de l’agence de voyages qui m’a appris que la victime avait obtenu son congé de l’hôpital et allait très bien», précise-t-elle.

La Farnhamienne n’a jamais revu la fillette et ignore si elle aurait réussi à la reconnaître, si elle l’avait revue à l’hôtel, tellement les choses se sont passées rapidement.

«J’aurais bien aimé la serrer dans mes bras, m’assurer qu’elle était OK, mais je n’en ai pas eu la chance», poursuit-elle.

Celle-ci trouve également curieux que la mère de la victime, qui s’est pointée à la fin des manœuvres de réanimation, n’ait pas pris la peine de la remercier. Elle ne s’en formalise pas pour autant.

«Tout s’est bien passé, heureusement. Si les choses avaient mal tourné, je peux vous dire que nos vacances auraient aussitôt pris fin», ajoute-t-elle.

Karine Richer et son groupe n’en étaient qu’à leur deuxième journée à Riviera Maya quand le destin a plongé la famille au cœur de cet accident.

«Ça aurait aussi bien pu se passer au Québec. Pourquoi diable est-ce arrivé là-bas et pourquoi à nous?», se demande la principale intéressée.

Karine Richer et ses proches ont poursuivi leur séjour au Mexique, mais le souvenir de la quasi-noyade a continué de hanter leurs vacances.

Conseils aux parents

Karine Richer ne prétend pas faire la leçon aux parents, mais reconnaît qu’il y a des enseignements à tirer de l’événement.

«Je conseille aux parents de ne jamais laisser leurs enfants sans surveillance, surtout dans l’eau ou aux abords d’une piscine. Un accident est si vite arrivé», insiste-t-elle.

La jeune femme croit également que les gens ne devraient pas hésiter à suivre une formation en RCR.

«J’ai suivi mon cours, il y a sept ans, avec les Ambulances St-Jean. Je ne l’ai jamais regretté. Comme j’ai deux enfants et que j’en garde six autres, ça me rassure de savoir comment agir en cas de noyade, étouffement ou blessure», ajoute-t-elle.

Cette dernière procède par ailleurs à une mise à jour de ses connaissances en RCR, aux deux ans, par l’entremise du CLSC.

«Je connais des gens qui ont une garderie et n’ont jamais suivi de cours en RCR. Dans notre champ d’activités, ça devrait être obligatoire», estime la Farnhamienne.

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