Jouer au hockey 12 mois par année, oui ou non?

Par Charles Lalande
Jouer au hockey 12 mois par année, oui ou non?

HOCKEY. La réalité du hockey élite en 2016 est de voir certains joueurs sillonner la surface glacée douze mois par année dès l’âge de 10 ans. Des intervenants de notre sport national se questionnent à savoir s’il s’agit d’une bonne idée, tant physiquement que psychologiquement.

Généralement, au hockey mineur, une saison débute en août et se termine au plus tard en avril avec la tenue des championnats provinciaux. Au cours de la saison morte, le hockey d’été et les écoles de hockey arrivent rapidement.

Au bout du compte, le jeune patineur et ses parents finiront par passer les douze mois de l’année dans divers amphithéâtres.

Maxime Provencher, physiothérapeute de l’Océanic de Rimouski (LHJMQ) et co-fondateur du site «SciencePerfo», voit cela comme une problématique.

«Avant l’âge de 12 ans, les jeunes devraient toucher à tout. De 12 à 15 ans, ils devraient continuer à pratiquer quelques sports, puis à 15 ans, s’ouvrira la fenêtre de spécialisation.»

Selon lui, il est primordial de devenir un athlète, plutôt que de simplement être un hockeyeur. Aussi, le coup de patin n’est pas un mouvement «physiologiquement normal». De plus en plus, on voit des adolescents développer des problèmes de hanche, dû à la pratique de ce sport à l’année, a informé M. Provencher.

«En utilisant toujours les mêmes muscles, on augmente considérablement les risques de blessures», a ajouté celui qui a joué 4 saisons dans la LHJMQ, de 2005 à 2009.

De l’autre côté de la médaille, il est vrai que c’est avec la pratique qu’on devient bon, voire excellent, et ce, dans plusieurs sphères de la vie. Les exemples de grands hockeyeurs, comme Sidney Crosby et Wayne Gretzky sont notables, a spécifié l’expert. Ils sont devenus les meilleurs joueurs de leur génération respective en maniant la rondelle pratiquement 24 heures par jour, 7 jours sur 7.

«Des études ont révélé que pour devenir expert, un musicien devait pratiquer 10 000 heures avec son instrument. Elle a été reprise et galvaudée à plusieurs sports, parce qu’aucune étude n’a été faite sur le sport», a illustré Maxime Provencher.

En utilisant toujours les mêmes muscles, on augmente considérablement les risques de blessures Maxime Provencher

Chaque été, le principal intéressé dirige des joueurs de tous les niveaux dans son programme «Entraînement Estival Élite 360». D’une durée de huit semaines, il s’agit d’une préparation physique où les joueurs ne foulent la patinoire qu’à quelques reprises à la fin de l’été.

Il est extrêmement exigeant mentalement de pratiquer le même sport d’élite tout au long de l’année: «Il est important de savoir d’où vient la motivation à faire tous ses sacrifices pour jouer au hockey. Certains le font pour le plaisir, d’autres pour devenir un professionnel, d’autres pour leurs parents.»

Pratiquer d’autres sports

Ancien cerbère de la LNH devenu entraîneur des gardiens, Frédéric Chabot est catégorique: les jeunes devraient pratiquer d’autres disciplines.

«Ce que j’aime des PREP School américains, c’est que les joueurs sont obligés de pratiquer trois sports. Ça leur permet de développer d’autres muscles, d’améliorer leur coordination main-œil, et surtout, de décrocher un peu.»

Une idée à laquelle adhère Maxime Provencher, mais pour l’instaurer au Québec, il faudrait réduire le nombre de matchs, qui est beaucoup plus élevés que chez les voisins américains.

Un débat et une méthode qui n’ont définitivement pas fini de faire couler beaucoup d’encre. Toujours est-il, le hockey restera le sport national des Canadiens. Les femmes ont remporté les Jeux olympiques de 2002, 2006, 2010 et 2014. Les hommes ont fait de même, à l’exception de l’échec de 2006.

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