Une page Facebook pour signaler l’évolution des inondations à Pike River

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Par Claude Hebert
Une page Facebook pour signaler l’évolution des inondations à Pike River
Des riverains ont percé plus de 700 trous dans la glace, en mars dernier à Pike River, pour aider à prévenir les embâcles sur la rivière aux Brochets. (Photo : tirée de Facebook)

ENVIRONNEMENT. Un résidant de la route 202, à Pike River, a créé un groupe Facebook permettant aux riverains de la rivière aux Brochets de signaler des problématiques et de suivre l’évolution des inondations, embâcles et mouvements de glace en période de crues.

«Une initiative citoyenne, alimentée par les riverains, au bénéfice de la population. Un bel exemple qui mérite d’être mis en valeur», indique Simon Lajeunesse, coordonnateur régional des cours d’eau à la MRC de Brome-Missisquoi.

La page Facebook a été créée en janvier 2018 par Gerry Simard, coordonnateur des travaux publics à la Municipalité de Pike River. Ce dernier habite en bordure de la rivière aux Brochets et est lui-même affecté par les soubresauts de Dame Température.

«Un an après sa création, le groupe compte 40 membres, mais est appelé à grossir avec le temps. J’ai créé un groupe similaire, il y a quelques années, pour aider les gens à retrouver leur animal de compagnie perdu. Après un lent départ, il compte aujourd’hui 297 membres», indique M. Simard.

L’instigateur du groupe Facebook <@Ri>Amis de la rivière aux Brochets<@$p> laisse entendre que la nouvelle page s’adresse avant tout aux propriétaires riverains et permettra à ces derniers d’échanger de l’information sur les situations problématiques.

«On aura autant d’yeux sur la rivière que de membres actifs. Les médias sociaux, c’est une force incroyable», ajoute-t-il.

Multiplication des inondations

Gerry Simard signale que les inondations n’ont jamais été aussi nombreuses dans le secteur de Pike River et attribue ce nouveau phénomène aux changements climatiques.

«J’habite un secteur inondable depuis 35 ans. J’ai eu à composer avec deux inondations durant les 20 premières années et avec sept inondations ces 15 dernières années. Ça correspond à une inondation aux deux ans; c’est beaucoup !», affirme-t-il.

Le secteur de Pike River a été le théâtre de deux évacuations, en 2018, dans la foulée des inondations. Une première fois en janvier (17 habitations désertées pendant trois jours) et une autre en février (évacuation d’une nuit sur une base volontaire).

«Mercredi (24 avril), on a fermé un petit chemin de gravier donnant accès à deux propriétés situées en zone inondable. Les pompiers surveillent aussi le quartier résidentiel Domaine Larochelle, où l’eau commence à envahir certains terrains», indique M. Simard.

Le coordonnateur des travaux publics précise que la montée des eaux est présentement attribuable au «refoulement» du lac Champlain.

«On n’a pas eu d’embâcles comme l’hiver dernier, alors le niveau de l’eau était monté de six pieds en deux ou trois heures», ajoute-t-il.

Des mesures préventives

La Municipalité de Pike River fait également preuve d’imagination dans la prévention des inondations.

M. Simard et les membres du service de sécurité incendie de Saint-Armand et de Pike River ont notamment percé 1400 trous en 2015 pour affaiblir la glace et prévenir les embâcles sur la rivière aux Brochets. On a répété l’opération, l’année suivante, avec une perceuse industrielle acquise par la Municipalité.

«Nous avons choisi de ne pas répéter l’expérience, en 2017 et en 2018, car il y avait de l’eau sur la glace et ça mettait les employés à risque», signale le coordonnateur des travaux publics.

Le 11 mars dernier, on a procédé à une nouvelle série de 712 trous, à neuf endroits distincts, au sud des habitations.

«Ça crée des faiblesses dans la glace et ça aide à dégager la rivière. Les embâcles durent également moins longtemps de cette façon», explique M. Simard.

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