Amorce de dialogue entre les élus de Bedford et les organismes communautaires

Photo de Claude Hebert
Par Claude Hebert
Amorce de dialogue entre les élus de Bedford et les organismes communautaires
Le directeur général Guy Coulombe et le maire Yves Lévesque ont pris plusieurs minutes pour expliquer la position de la Ville de Bedford. (Photo : L’Avenir & Des Rivières – Claude Hébert)

MUNICIPAL. Les citoyens et représentants d’organismes se sont présentés en grand nombre, hier soir au centre communautaire Georges-Perron, pour faire part de leur mécontentement aux membres du conseil municipal de Bedford.

Les autorités municipales étaient visiblement bien préparées et ont profité du début de l’assemblée pour présenter un état de situation qui, selon elles, milite plus que jamais en faveur d’un regroupement intermunicipal.

Les statistiques révèlent notamment que la population des municipalités de la région (Bedford, Canton de Bedford, Pike River, Saint-Armand, Stanbridge East, Stanbridge Station, Notre-Dame-de-Stanbridge et Saint-Ignace-de-Stanbridge) a baissé de 14 % entre 1981 et 2001. Selon une étude récente, la clientèle des écoles Butler et Mgr-Desranleau a chuté de 38 % entre 2001 et 2016 alors que celle de l’école Premier Envol est en baisse de 6 %.

«Dans un contexte de dévitalisation, est-il normal que les huit municipalités du pôle géographique de Bedford déboursent 405 000 $ en salaires chaque année pour les 56 élus qui les gouvernent alors que la population du territoire totalise à peine 7 519 habitants. Ne serait-il pas avantageux pour certaines municipalités du pôle de Bedford de se regrouper afin de réaliser des économies d’échelle?», se demande le maire Yves Lévesque.

Ce dernier prend également soin de rappeler que la richesse foncière de la Ville de Bedford reste stable et a même légèrement diminué au cours de la dernière année alors qu’elle est en hausse dans la plupart des autres municipalités de la MRC de Brome-Missisquoi.

Le maire soutient que, dans un tel contexte, les Bedfordois n’ont pas à assumer la totalité de la facture pour des infrastructures sportives et culturelles qui servent en grande partie aux citoyens des municipalités voisines.

M. Lévesque ajoute que Ville de Bedford a investi 402,61 $ par citoyen en 2018 pour les activités culturelles, sportives et de loisirs alors que la moyenne provinciale est de 215 $/ citoyen et la moyenne du pôle géographique de Bedford est de 88,86 $/ citoyen. À ses yeux, il s’agit d’un déséquilibre évident.

En réponse à un citoyen qui met en doute la qualité de son administration et qui lui suggère de couper des postes à l’hôtel de ville pour éponger le déficit le 70 000 $ attribuable aux frais de gestion et d’entretien du centre communautaire, le maire Lévesque précise que la Municipalité a notamment réussi à abaisser le compte de taxes de ses citoyens de 5 % en quatre ans alors que l’Indice des prix à la consommation a monté de 6 % durant la même période.

Position des organismes

Malgré les explications fournies par l’administration municipale, les représentants des organismes communautaires visés par la nouvelle grille tarifaire pour les locations de salles, terrains et équipements – qui doit entrer en vigueur en 2020 – restent sur leurs positions et continuent d’affirmer que les hausses de loyer sont trop élevées.

Le loyer du Cercle de fermière passera notamment de 600 $ à 3000 $ par an, celui du club FADOQ de 1500 $ à 10920 $ et celui des Chevaliers de Colomb de 3351 $ à 13 260 $.

«Je demande à la Ville de surseoir à l’application de sa grille tarifaire et de plutôt mettre en place une politique de reconnaissance à l’endroit des organismes et des bénévoles qui s’impliquent au sein de ces associations», plaide l’ex-maire et conseiller municipal Pierre-Paul Ravenelle.

La présidente du Cercle de fermières de Bedford, Hélène Boucher, estime pour sa part qu’il n’est pas du rôle d’un administrateur bénévole d’aller solliciter l’appui financier des municipalités où habitent certains de ses membres, comme la Ville invite les organismes à le faire.

Le président du club FADOQ, André Beaumont, indique que son organisme a déjà soumis des demandes d’aide financière aux autres municipalités du pôle de Bedford, mais ajoute que les réponses reçues à ce jour ne sont guère encourageantes.

Le directeur général de Stanbridge Station, Bertrand Déry, présent dans la salle, confirme que les élus de cette Municipalité ont décidé de ne pas contribuer.

Certains porte-paroles des organismes estiment par ailleurs que la nouvelle politique de la Ville de Bedford envoie un bien mauvais message aux citoyens des localités voisines.

«Pensez-vous qu’une fermière qui se retire de notre cercle et s’inscrit dans un autre cercle va faire un détour pour venir magasiner à Bedford?», lance Mme Boucher aux membres de l’administration Lévesque.

«Les gens qui se déplacent à Bedford pour prendre part aux activités d’un organisme en profitent pour magasiner ici. Vous les éloignez avec votre politique», affirme Mme St-Hilaire, membre du Club de l’âge d’or.

«Je ne veux pas d’une campagne de boycottage des gens de l’extérieur. On n’a pas besoin de ça», renchérit M. Déry.

Certaines questions formulées par des représentants d’organismes semblent démontrer un manque de communication entre les parties.

«La Ville a toujours accordé la gratuité au Centre d’action bénévole de Bedford et environs pour la tenue des collectes de sang. Va-t-on devoir payer pour l’utilisation de la salle», se demande Marie-Josée Proteau, porte-parole de l’organisme. Réponse du maire Lévesque: «il n’y aura pas de frais».

Et lorsque le président du club FADOQ affirme publiquement que son association devra débourser un supplément pour l’utilisation des terrains de pétanque et de shuffleboard, en plus d’avoir à composer avec une hausse du coût de son local, le maire répond qu’il n’y aura pas de frais pour ces surfaces de jeu (c’est inclus dans le prix du loyer) et que la tarification s’adresse en fait aux autres utilisateurs de ces terrains.

«Comme le club FADOQ compte 45 % de Bedfordois parmi ses membres, le coût réel du loyer à financer est de 6000 $», ajoute le directeur général.

Le conseil municipal de Bedford entend rencontrer les organismes un à un pour tenter de dénouer l’impasse.

Partager cet article

Laisser un commentaire

avatar
  S'inscrire  
Me notifier des