Patrick Melchior: un élu municipal qui carbure aux défis

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Par Claude Hebert
Patrick Melchior: un élu municipal qui carbure aux défis
Le maire Patrick Melchior a obtenu la confiance de ses pairs, le mois dernier, en devenant le plus jeune préfet de l’histoire de la MRC de Brome-Missisquoi. (Photo : L’Avenir & Des Rivières – Claude Hébert)

PERSONNALITÉ 2019. Élu pour la première fois, voilà maintenant deux ans, le maire de Farnham n’a pas mis de temps à se familiariser avec le monde municipal et à affirmer son leadership sur la scène régionale.

Établi à Farnham depuis 2008, où ses parents s’étaient eux-mêmes installés une dizaine d’années auparavant, Patrick Melchior a dirigé la Maison des jeunes de Bedford pendant une décennie. En janvier 2018, soit trois mois après sa victoire aux dépens de l’ancien maire Josef Hüsler, le nouvel élu a décidé de mettre un terme à son expérience dans le milieu communautaire.

«Après dix ans dans le réseau des maisons de jeunes, j’avais l’impression d’avoir fait le tour du jardin. J’ai également réalisé très rapidement qu’il me serait impossible de me consacrer entièrement aux affaires de la Municipalité tout en conservant un autre emploi à temps partiel», indique-t-il.

Ce dernier admet qu’il ne connaissait pas grand-chose au monde municipal à son entrée à l’hôtel de ville de Farnham, mais ajoute qu’il ne craint pas les défis et qu’il apprend généralement assez vite.

«Coordonner les activités d’un organisme communautaire et le travail de ses six employés, c’est une chose. Diriger une ville de 80 employés, c’en est une autre», reconnaît-il.

Garder la tête froide

Patrick Melchior a pris les commandes d’un conseil municipal relativement inexpérimenté, composé de cinq nouveaux élus, d’un conseiller ayant sept mois d’expérience et d’un autres conseiller ayant complété deux mandats.

Le jeune politicien a également dû prendre les bouchées doubles, à la fin de sa première année d’exercice, quand la Municipalité et son directeur général ont décidé de mettre un terme à leur association d’un commun accord.

«Nous avons opéré sans DG pendant quatre mois, mais la Ville a pu continuer à fonctionner grâce à l’intérim assuré par deux employées-cadres», précise-t-il.

Le maire de Farnham ajoute qu’il a vraiment commencé à être l’aise dans son rôle de maire «quand la Ville a complété l’équipe de direction à l’image de ce que le conseil municipal voulait».

Deux ans après son entrée en poste, M. Melchior reconnaît que son travail est très exigeant et demande beaucoup d’heures de travail. Il ajoute qu’un maire «a beaucoup d’imputabilité» et que chacun de ses gestes peut avoir des répercussions sur la vie de ses concitoyens.

«Il faut que tu gardes la tête froide, que tu mettes ton ego de côté et que tu oublies tes intérêts personnels, car il te faut avant tout penser au bien-être de la population. En contrepartie, les citoyens doivent être capables de te faire confiance, car ce sont eux qui t’ont placé aux commandes de la Ville», précise-t-il.

Et, quand on lui demande quelles sont les qualités d’un bon élu, le maire Melchior résume sa pensée en quatre points: connaissance du milieu, respect de la démocratie, capacité d’écoute et volonté de faire avancer les choses.

«Les choses n’avancent pas toujours aussi vite qu’on le voudrait, car il y a toute une structure à faire bouger et il faut rendre des comptes au gouvernement. Et quand les dépenses augmentent, les coûts explosent, on est les premiers déçus», poursuit-il.

Vision régionale

Patrick Melchior a toujours dit que son implication en politique municipale ne dépasserait pas trois mandats.

«Lors d’un deuxième mandat, un maire devrait avoir une vision à 360 degrés du terrain municipal et comprendre que son travail n’est jamais fini, car il y a toujours de nouveaux projets sur la table et la population te nourrit sans cesse», explique-t-il.

Le maire de Farnham estime que «les choses bougent» dans sa localité d’adoption et qu’un sentiment de fierté anime de plus en plus de citoyens.

«Les gens admettent que Farnham est de plus en plus belle et qu’il s’agit d’une Ville où le goût de la vie est élevé», affirme-t-il.

Le politicien est également très fier d’habiter Brome-Missisquoi et entend jouer le rôle de porte-étendard de cette région.

À 42 ans, Patrick Melchior est actuellement le plus jeune des 21 maires de la MRC de Brome-Missisquoi. Il est également le plus jeune élu à avoir occupé les fonctions de préfet au sein de cette même organisation en 36 ans d’histoire.

«J’ai la confiance des autres maires et ça m’incite à travailler deux fois plus fort. Mon principal défi comme nouveau préfet, c’est d’amener Brome-Missisquoi encore plus loin. Je crois avoir la passion et l’audace nécessaires pour faire rayonner Brome-Missisquoi  à l’extérieur de la région», résume-t-il.

À titre de vice-président de l’Alliance du corridor ferroviaire Estrie-Montérégie et de président du sous-comité sur la sécurité de l’ACFEM, le maire de Farnham dit également avoir à coeur la protection des citoyens habitant aux abords de la voie ferrée et des employés qui travaillent dans ce secteur d’activité, tout en favorisant le transport des marchandises et des passagers par train.

Malgré un agenda bien rempli, M. Melchior essaie de trouver du temps pour les gens qu’il aime.

«Ce n’est pas la quantité de temps que je leur accorde, mais la qualité du temps que je passe avec eux. Je réussis à prendre des vacances avec ma conjointe et je vais chercher ma fille à l’école deux midis par semaine. Je donne à mes proches un temps qui n’appartient qu’à eux», précise-t-il.

Depuis 18 mois, le téléphone cellulaire du quadragénaire a par ailleurs quitté sa table de chevet et passe maintenant la nuit dans la cuisine, sur un bloc de recharge. «Je reste constamment au bout du fil, dit-il, mais je ne prends mes textos qu’au lever.»

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