La Commission scolaire du Val-des-Cerfs, terre d’accueil des nouveaux arrivants

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Par Claude Hebert
La Commission scolaire du Val-des-Cerfs, terre d’accueil des nouveaux arrivants
Alain Tardif, directeur adjoint de la formation générale des jeunes à la CSVDC, a remis un certificat de reconnaissance à l’ancienne directrice générale de SERY, Johanne Ouellette, pour sa contribution à l’intégration des nouveaux arrivants au réseau scolaire régional. (Photo : L’Avenir & Des Rivières – Claude Hébert)

ÉDUCATION. Pas moins de 2000 jeunes immigrants de cinq à seize ans ont pu s’intégrer et parfaire leur formation dans les écoles de la Commission scolaire du Val-des-Cerfs (CSVDC) depuis 2003.

«En 2003, on dénombrait une cinquantaine de jeunes élèves dans nos classes d’accueil et dans nos classes régulières avec service de francisation. De nos jours, on parle plutôt d’une centaine. Cette clientèle a carrément doublé en 17 ans et ces statistiques ne tiennent pas compte des élèves adultes», indique Alain Tardif, directeur adjoint de la formation générale des jeunes à la CSVDC.

La vocation de Granby comme terre d’accueil des nouveaux arrivants n’est évidemment pas étrangère à cette situation. Il faut en effet savoir que cette localité abrite des citoyens de 121 nationalités, soit une bonne partie des 193 pays membres de l’Organisation des Nations unies (ONU).

Au fil des ans, Granby a notamment accueilli plusieurs ressortissants du Liban, de la Syrie, de l’Afghanistan, de Haïti, du Mexique, de la Colombie, du Guatemala, du El Salvador, du Congo, de la Russie, de la Pologne et de l’Ukraine.

«Il y a également de plus en plus de Belges et de Français qui s’établissent dans notre région, mais ces gens-là n’ont évidemment pas besoin du service de francisation», ajoute M. Tardif.

Personnel dédié

Le nombre de professeurs dédiés à cette mission a également augmenté de façon significative durant cette même période.

L’école secondaire Haute-Ville a maintenant recours à sept enseignants pour les classes d’accueil et le service de francisation destinés aux nouveaux arrivants. Sept professeurs jouent le même rôle dans le réseau primaire, soit deux au niveau des classes d’accueil de l’école Saint-Jean (maternelle, 6-7-8 ans) et de l’école Assomption (9-10-11 ans) et cinq autres au niveau du service de francisation (écoles Saint-Jean, Assomption, du Phoenix, Sainte-Thérèse et Sainte-Famille).

«En 1998, seulement deux enseignants – un à Haute-ville et un autre à J.-H.-Leclerc – étaient affectés à cette clientèle. À cette époque, il ne s’agissait même pas de tâches à temps plein», précise M. Tardif, qui a lui-même agi comme enseignant en francisation à l’école Sacré-Cœur de 1997 à 2000.

En vertu d’une entente de services avec Solidarité ethnique régionale de la Yamaska (SERY), les professeurs en intégration scolaire et les directeurs des écoles concernées peuvent notamment compter sur la collaboration de deux intervenants de cet organisme pour l’accueil des élèves en classe. Le SERY offre également de l’aide aux devoirs après les heures de cours ou le samedi.

«La clientèle de réfugiés et de demandeurs d’asile est en augmentation constante et ça pose des défis d’insertion particuliers aux membres du personnel enseignant», poursuit le porte-parole de Val-des-Cerfs.

Classes d’accueil

Si les classes d’accueil offrent de la formation intensive en français à l’intention de ceux et celles qui ne maîtrisent pas cette langue, elles permettent également aux jeunes immigrants de se familiariser avec les us et coutumes du pays (culture, hygiène, codes vestimentaires, etc.).

«Certains nouveaux arrivants ont passé deux ou trois ans dans des camps de réfugiés et ne sont jamais allés à l’école. Leur séjour d’une dizaine de mois dans une classe d’accueil les aidera à mieux fonctionner dans le réseau scolaire et à se familiariser avec le mode de vie de leurs nouveaux concitoyens», explique le porte-parole de Val-des-Cerfs.

«Même si un enfant de maternelle est peu familier avec la lecture, l’écriture et la communication orale en français (palier linguistique 1), il va généralement s’intégrer plus vite qu’un jeune de 12 ans aux prises avec les mêmes lacunes», poursuit M. Tardif.

Avec un ratio maître-élèves inférieur à celui des classes régulières du primaire (1/17 versus 1/23), les classes d’accueil tentent dans la mesure du possible de s’adapter aux besoins particuliers de chaque enfant.

Service de francisation

Si la plupart des élèves des classes d’accueil parlent le français ou l’anglais, leur connaissance de la principale langue en usage au Québec peut être très variable. Le service de francisation a précisément pour but de leur permettre de combler certaines lacunes.

«De façon générale, les élèves ayant déjà fréquenté l’école n’ont pas besoin de passer par une classe d’accueil et peuvent très bien fonctionner dans une classe régulière, avec l’aide du service de francisation. C’est notamment le cas pour les jeunes Mexicains ou Colombiens, provenant de pays disposant d’un réseau scolaire assez performant et dont on connaît le dossier scolaire et le parcours migratoire, et, dans une certaine mesure, pour les jeunes arabes ayant appris l’anglais, car ils sont déjà familiers avec l’écriture latine», indique le directeur adjoint de la formation générale des jeunes à la CSVDC.

Les élèves immigrants font preuve de persévérance et abandonnent rarement l’école. Certains d’entre eux finissent même parmi les premiers de classe.

«Les familles latino-américaines, africaines, arabes et de l’Europe de l’Est accordent une valeur toute spéciale à l’éducation. Ça joue en leur faveur», signale M. Tardif.

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