Qui va sauver la baie Missisquoi et le lac Champlain?

Par Godlove Kamwa
Qui va sauver la baie Missisquoi et le lac Champlain?
Le ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques évalue que plus de 75 % du phosphore à la baie Missisquoi provient de sources diffuses agricoles. (Photo : Gracieuseté - OBVBM)

ENVIRONNEMENT. Il faudra plusieurs années de travail et d’investissement pour réduire l’enrichissement en nutriments et la prolifération des algues nuisibles dans la région. Avec l’appui de nombreux organismes actifs sur le terrain, la Commission mixte internationale (CMI) vient de faire des recommandations aux gouvernements canadien et américain.

La CMI recommande à Ottawa et à Washington d’accélérer le rythme de rétablissement et de protection de la qualité de l’eau de la baie Missisquoi en travaillant avec les gouvernements des provinces, des États et des collectivités locales.

Plus de deux siècles de colonisation ont porté atteinte à la vie aquatique de la baie Missisquoi et des mesures drastiques et soutenues à long terme sont maintenant nécessaires pour remédier à la situation. Le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques évalue que plus de 75 % du phosphore à la baie Missisquoi provient de sources diffuses agricoles.

«Au cours des 30 dernières années, le bassin versant de la baie Missisquoi a connu une augmentation importante des cultures annuelles de maïs et de soja, au détriment des prairies et des petites cultures céréalières et des efforts importants doivent être déployés si l’on veut réduire la fréquence des efflorescences de cyanobactéries», explique Pierre Leduc, président de l’Organisme de bassin versant de la baie Missisquoi (OBVBM) et un des acteurs ayant contribué à l’étude qui a abouti aux recommandations de la Commission Mixte Internationale.

Le soutien et l’aide financière aux producteurs agricoles ainsi que la compensation pour les biens et services écologiques rendus devraient, pour bon nombre des intervenants rencontrés par l’OBVBM, faire l’objet d’une réflexion approfondie. Des modèles mieux adaptés à la réalité des agriculteurs pourraient être beaucoup plus efficaces.

Les incitatifs gouvernementaux mis en place se sont avérés insuffisants jusqu’à présent selon M. Leduc. L’OBVBM souhaite que le gouvernement s’engage à long terme auprès des producteurs agricoles pour soutenir à la fois les pratiques de gestion bénéfiques ainsi que les essais de substitution de culture pour le maïs et le soya et apporte son soutien pour développer de nouveaux marchés.

Un plan d’action est nécessaire

La CMI  recommande aux gouvernements canadien et américain de fournir des ressources pour améliorer les mécanismes de gouvernance existants.  «Il faut avoir une structure dédiée à la problématique avec des objectifs, un plan d’action pour les atteindre, un mécanisme de reddition de comptes et un budget à la hauteur du défi», souligne M. Leduc. «De plus, il faut impliquer les citoyens et les producteurs agricoles parce que si les gens ne le veulent pas, ça ne se fera pas. La volonté politique si essentielle découle des besoins exprimés par les citoyens», selon Pierre Leduc.

Le cabinet de la députée de Brome-Missisquoi Lyne Bessette affirme qu’il prendra le temps d’éplucher l’étude de la Commission et réagira en temps opportun.

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