COVID-19: les centres d’entraînement physique crient à l’aide

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Par Claude Hebert
COVID-19: les centres d’entraînement physique crient à l’aide
L’avenir s’annonce difficile pour bon nombre de centres d’entraînement physique. (Photo : Gracieuseté)

AFFAIRES. Le gouvernement du Québec tarde à déconfiner les gymnases et les centres d’entraînement physique. Les propriétaires ont subi de lourdes pertes au cours des derniers mois et certains d’entre eux pourraient être contraints de fermer boutique.

La kinésiologue Geneviève Émond, de Farnham, offre des traitements en clinique tout en étant propriétaire du centre d’entraînement Concept Kiné Pro.

«Comme professionnelle de la santé, j’ai été en mesure d’ouvrir ma clinique et de donner des soins thérapeutiques au début du mois. Les autres professionnels de mon établissement, qui avaient pu recevoir la prestation canadienne d’urgence (PCU) au cours des derniers mois en raison de leur statut de salariés, ont également pu reprendre le travail graduellement», indique Mme Émond.

La situation est cependant fort différente pour les propriétaires de centres d’entraînement sans volet clinique qui ne peuvent toujours pas accueillir de clients à l’intérieur de leurs locaux en raison des consignes gouvernementales de distanciation physique.

«Comme l’été est généralement une période tranquille dans les gyms, certains centres d’entraînement pourraient très bien ne jamais rouvrir, même après le déconfinement de notre secteur d’activités. Notre entreprise est en affaires depuis 26 ans a les reins solides, mais ce n’est pas le cas pour tout le monde», signale Érick Grandmont, propriétaire d’Énergie Sud, de Cowansville.

Bien-être de la clientèle

Même si les mesures de confinement font mal à leur entreprise respective, Geneviève Émond et Érick Grandmont entendent supporter la Direction de la santé publique dans sa lutte contre la COVID-19. Pas question pour eux de tourner les coins ronds au détriment de la santé de la population.

Durant la période de confinement, le centre d’entraînement Concept Kiné Pro a multiplié les initiatives pour aller chercher un minimum de revenus et limiter les dégâts de la pandémie sur la santé de la clientèle.

«Nous avons été très créatifs en proposant des alternatives à valeur égale à notre clientèle. On a notamment fait de la consultation en ligne et créé des plans d’entraînement personnalisés pour l’entraînement à la maison en tenant compte des équipements dont nos clients disposent. L’entraînement à la maison sans supervision, ce n’est pas notre dada, mais on a choisi de faire avec pour permettre à nos clients de garder la forme», explique Mme Émond.

Dans le but d’encourager sa clientèle à poursuivre l’entraînement à la maison, Énergie Sud a également offert des programmes gratuits sur le Web durant la pandémie.

Malgré ces initiatives, plusieurs clients ont perdu de la masse musculaire et pris du poids au cours des derniers mois. D’autres personnes auront sans doute développé des maux ou des maladies chroniques et risquent de venir engorger le système de santé.

«L’aspect social de l’entraînement a beaucoup manqué à nos clients et ç’a affecté leur bien-être psychologique», analyse la propriétaire de Concept Kiné Pro.

La clinique de Mme Émond a repris du service le 1er juin dernier et opère actuellement au tiers de sa capacité.

«Les gens attendent d’avoir vraiment mal avant de revenir. Les choses devraient se replacer graduellement, mais on n’en est pas encore là», indique la principale intéressée.

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