COVID-19: une aide d’urgence 8,2 M$ pour le transport interurbain

Par Boris Chassagne | Initiative de journalisme local
COVID-19: une aide d’urgence 8,2 M$ pour le transport interurbain
Le confinement temporaire de plusieurs régions du Québec avait forcé nombre de transporteurs locaux et interrégionaux à considérablement réduire leurs activités et dans certains cas, à les suspendre complètement. (Photo : Gracieuseté - Hans Braxmeier - Pixabay)

TRANSPORT. Le gouvernement du Québec annonce une aide de 8,2 M$ pour soutenir la reprise des services de transport interurbain et des dessertes principales et secondaires.

L’annonce en a été faite récemment par le ministre des Transports et ministre responsable de la région de l’Estrie, François Bonnardel et le ministre des Finances et ministre responsable de la région de Laval, Éric Girard. Cette aide devrait servir à éponger une partie des pertes enregistrées par les différents transporteurs du Québec et notamment de la région de l’Estrie, malmenés par la pandémie au cours des derniers mois.

Ce programme d’aide d’urgence au transport interurbain par autobus de 8,2 M$ vise à «faciliter le redémarrage des liaisons principales identifiées par les transporteurs et ayant le plus fort potentiel de rentabilité et d’interconnexions », mentionne le ministre Bonnardel par voie de communiqué. Dans son second volet, le programme d’aide d’urgence favorisera la reprise «des interconnexions régionales secondaires afin de satisfaire les besoins en mobilité des communautés rurales et éloignées», précise le ministre qui a décliné notre demande d’entrevue.

Le confinement temporaire de plusieurs régions du Québec avait forcé nombre de transporteurs locaux et interrégionaux à considérablement réduire leurs activités et dans certains cas, à les suspendre complètement. La Fédération des transporteurs par autobus salue l’annonce du ministre des Transports. Cette aide va permettre aux transporteurs, Transdev qui dessert l’Estrie, d’assurer la reprise des services de transport interurbain pour les trois prochains mois.

«C’est un coup de pouce qui permet au transport interurbain de reprendre ses activités. C’est sûr que ça ne couvre pas les pertes encourues pendant l’arrêt total des opérations. Ça couvre 75 % des frais d’exploitation des transporteurs. Il y a un 25 % qu’ils devront absorber. Pour l’heure, on ne peut embarquer plus de 14 passagers par autobus, alors que le seuil de rentabilité est évalué à 32 passagers», explique Luc Lafrance, président-directeur général de la Fédération. Le gouvernement couvrira 75 % de cet écart.

La Fédération, qui représente près de 650 entreprises privées œuvrant dans tous les secteurs du transport de personnes, avait déposé en avril dernier son plan de relance et sonné l’alarme le 19 juin, reprochant au gouvernement son inaction face à la crise qui menaçait 300 emplois et de diminuer «drastiquement le nombre d’autocars disponibles au Québec.»

Cette aide de 8,2 M$ ne sera cependant d’aucune utilité au transporteur régional et nolisé du Groupe Léo Viens, de Farnham, et dont la flotte de 60 autobus scolaires, adaptés et de luxe, est à l’arrêt quasi complet depuis le 24 juin, et ce, jusqu’au 2 août prochain.

Le propriétaire Léo Viens explique que son entreprise n’est pas admissible à ce fonds d’aide dont il aurait bien besoin. Il ne conserve cet été que deux véhicules et deux chauffeurs de transport adapté desservant surtout Farnham, Thetford et Cowansville. «En septembre, on va recommencer le scolaire, on a 43 circuits. On devrait recommencer à 48 passagers par autobus au lieu de 12», explique-t-il.

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