Les responsables de service de garde manifestaient devant le bureau d’Isabelle Charest

Par Xavier Demers
Les responsables de service de garde manifestaient devant le bureau d’Isabelle Charest
Une centaine de responsables de service de garde en milieu familial manifestait devant le bureau d’Isabelle Charest à Cowansville la semaine dernière. (Photo : L'Avenir & Des Rivières - Xavier Demers)

MANIFESTATION. Une centaine de responsables de service de garde (RSG) en milieu familial affiliées à la Confédération des syndicats nationaux (CSN) étaient devant le bureau de la députée de Brome-Missisquoi et ministre de la Condition féminine, Isabelle Charest, la semaine dernière, à Cowansville afin de réclamer de meilleures conditions de travail. Elles avaient fermé leurs portes pour une journée, le 15 septembre, dans le cadre d’une grève tournante après que les négociations avec le ministère de la Famille soient tombées au point mort.

«On a ciblé le bureau d’Isabelle Charest, ministre de la Condition féminine, parce qu’on pense qu’avec ce titre-là, elle devrait prendre fait et cause pour une profession essentiellement féminine, très mal rémunérée et avec de très mauvaises conditions, a déclaré le conseiller syndical au Service d’appui aux mobilisations et à la vie régionale de la CSN, François Baillargeon. C’est assez contradictoire. On espère qu’elle va porter notre voix auprès du gouvernement.»

Les RSG réclament, entre autres, des allègements administratifs et la majoration des subventions qu’elles reçoivent à titre de travailleuses autonomes.

«L’autre élément majeur, c’est l’équité avec notre emploi comparateur, a indiqué la responsable de service de garde et représentante du secteur des RSG de la Fédération de la santé et des services sociaux-CSN (FSSS-CSN), Karine Morisseau. Ce qu’il faut comprendre, c’est que le comparateur actuellement, c’est l’éducatrice, échelon 1, non formée. Cette personne gagne 16,76 $/h et a zéro formation, zéro expérience, ce qui n’est pas notre cas. Nous, on est payés moins que ça.»

L’enjeu des dépenses admissibles a également été relevé par Mme Morisseau.

«Même si on prend notre revenu de 56 000 $ par année, une fois qu’on a nourri les enfants, payé les jouets, payé des formations obligatoires à nos frais, notre revenu annuel est grandement diminué et on veut continuer à maintenir des services de qualité aux parents du Québec et aux enfants, a-t-elle soutenu. On ne calcule pas si on achète trop ou pas assez, on ne commencera pas à couper dans les collations ou dans le dîner, on paye de notre poche pour maintenir ces services de qualité.»

Un autre élément considéré important par Mme Morisseau est l’exode des RSG vers d’autres milieux. Elle a rapporté que 250 services de garde en milieu familial affiliés à la FSSS-CSN ont fermé leurs portes depuis mai 2020, sur environ 3 200.

«Ce n’est pas fini, a déclaré la RSG. Il y en a beaucoup qui attendent de voir les négociations. Plusieurs sont en réorientation de travail. Ça, c’est triste.»

Négociations

Les RSG de la FSSS-CSN ont quitté la table de négociations avec le ministère de la Famille en juin dernier.

«Nous, nous avions fait deux dépôts de contre-propositions, qui n’ont même pas été analysées au ministère de la Famille. Ça nous a choqués grandement parce qu’on a vraiment fait des efforts. On comprend la situation de la crise sanitaire actuelle, on comprend l’état financier du gouvernement aussi, mais de son côté, il n’y a aucune écoute, malheureusement», a déploré Karine Morisseau.

«Nous, à la table de négociation, ce qu’on nous dit, c’est que parce qu’on a des privilèges d’être à la maison, de ne pas avoir à se déplacer matin et soir, de travailler 10 heures par jour, mais parfois, 9,5 heures, qu’on ne mérite pas de rémunération plus élevée, a-t-elle ajouté. Pour des raisons comme ça, c’est plus que méprisant en 2020. Pour être à la table de négociation et l’avoir entendu de porte-parole du ministère de la Famille, c’est plus que choquant.»

Mme Morisseau croit aussi que le ministère de la Famille profite de l’isolement créé par la pandémie pour «ne pas aller de l’avant avec un règlement rapide».

«Publiquement, il dit qu’on ne veut pas s’asseoir à la table de négociation, mais je dis au ministre que c’est faux, a-t-elle affirmé. On veut s’asseoir à la table, c’est juste qu’eux n’ont pas autre chose à nous apporter. C’est la raison pour laquelle on a fait appel au tribunal administratif du travail pour débuter une conciliation et trouver une solution gagnante-gagnante pour tous, tant pour eux que pour nous.»

Les RSG affiliées à la FSSS-CSN étaient en conciliation en après-midi le 15 septembre. Des journées de grève nationale sont prévues les 23 et 24 septembre. Une rencontre avec les syndicats est organisée le 29 septembre pour déterminer la suite des choses.

Mme Morisseau n’a pas écarté la possibilité de lancer une grève générale illimitée, à l’instar de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ) affiliée au Centre des syndicats du Québec (CSQ), qui l’a déclenchée lundi dernier.

La représentante du secteur des RSG de la Fédération de la santé et des services sociaux-CSN (FSSS-CSN), Karine Morisseau (Photo: L’Avenir & Des Rivières – Xavier Demers)
Partager cet article
S'inscrire
Me notifier des
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires