Bedford a comptabilisé 354 déversements d’eaux usées en 2019

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Par Claude Hebert
Bedford a comptabilisé 354 déversements d’eaux usées en 2019
On a dénombré 60 660 déversements d’eaux usées au Québec au cours de la dernière année. (Photo : Fondation Rivières - Istok)

ENVIRONNEMENT. Deux municipalités de la MRC de Brome-Missisquoi figurent dans le palmarès des 50 municipalités québécoises s’étant démarquées par le plus grand nombre de déversements d’eaux usées au cours de l’année 2019.

Selon les données publiées par la Fondation Rivières, pas moins de 60 660 déversements ont eu lieu dans la province entre janvier et décembre 2019. Cette année-là, on a notamment dénombré 509 déversements à Cowansville (33e au classement) et 354 à Bedford (43e au classement). Il convient de noter que les statistiques de Cowansville incluent celles d’East Farnham et les statistiques de Bedford incluent celles de Stanbridge Station.

«Je trouve ce palmarès très bien. Il met en relief que les villes ont un problème avec les volumes à traiter et leur système de traitement des eaux», indique Marie-Ève Brin, conseillère municipale responsable de la gestion des eaux à la Ville de Bedford.

Intensité des déversements

La Fondation Rivières a par ailleurs classé les municipalités du Québec selon l’indice d’intensité des déversements. Les responsables de cette démarche expliquent qu’il n’existe pas de données sur la quantité d’eaux usées qui s’échappe dans les plans d’eau en cas de déversement et qu’il leur paraissait pertinent de développer un indice basé sur le débit de la station d’épuration, de la taille de l’ouvrage et de la durée de chaque déversement.

Selon l’indice d’intensité, Cowansville se classe au 46e rang (245 738).

On a également établi un palmarès basé sur l’intensité des déversements par habitant. Avec un indice de 54,0,  Bedford arrive au cinquième rang.

Selon les auteurs de l’étude, il est utile de normaliser les données par le nombre d’habitants de chaque municipalité, car ça permet de comparer avec plus de justesse les municipalités les unes par rapport aux autres.

«Le palmarès est peu reluisant pour Bedford, surtout au niveau de l’indice d’intensité par habitant. Bonduelle nous fait mal et nous en sommes conscients. Même si cette entreprise paye des amendes et une quote-part pour le traitement de son effluent à notre station d’épuration, je vois mal comment Bedford pourrait développer davantage de rues desservies (par le réseau municipal) en sachant que nous dépassons le débit réservé à notre usine de traitement. Cela dit, il convient de mentionner que nous sommes en mode solution avec Bonduelle afin d’améliorer notre performance», ajoute Mme Brin.

Mesures correctives

Le maire de Bedford, Yves Lévesque indique que les débordements d’eaux usées dans la rivière aux Brochets préoccupent les membres de son administration depuis sept ans et que la Municipalité a déjà pris diverses mesures au fil des ans pour améliorer la situation.

M. Lévesque rappelle que la Ville a commencé à remplacer son réseau unitaire (eaux usées et eaux de ruissellement dans une seule et même canalisation) par un réseau combiné (eaux usées et eaux de ruissellement dans des canalisations séparées) au cours des années 90.

«À l’heure actuelle, 60 % de notre réseau est en combiné et 40 % en unitaire. Le remplacement des canalisations uniques se fait graduellement au fur et à mesure que l’on refait les fondations de rue», explique le maire de Bedford.

Autres interventions

L’an dernier, la Municipalité a notamment profité de la réfection de la rue Campbell pour y aménager une bande gazonnée avec arbres qui contribue à la rétention des eaux pluviales.

La Ville a par ailleurs modifié sa réglementation, l’année dernière, de façon à interdire le déversement des eaux de pluie recueillies par les gouttières dans le réseau d’égout. Un employé de l’Organisme de bassin versant de la baie Missisquoi a commencé à répertorier les installations non conformes en 2019 et l’opération a été répétée cet automne.

«Le rapport d’inspection des gouttières devrait être déposé au conseil prochainement», signale M. Lévesque.

Bedford prévoit également des investissements de 5,2 M$ en 2021 et en 2022 pour la réfection de la partie nord de la rue Rivière et l’intersection des rues Dutch et Clayes. Ces travaux, subventionnés à hauteur de 2,4 M$ par les gouvernements provincial et fédéral dans le cadre du programme FIMEAU, permettront de remplacer une autre partie des anciennes infrastructures souterraines.

«Nous prévoyons aussi aménager des bassins de rétention sur la rue Fortin, de même qu’à l’intersection Maska/Saint-Joseph et à l’intersection Moreau/Saint-Joseph. Il s’agit d’un secteur où le réseau routier est en bon état et n’a pas besoin de réfection à court terme, mais qui est desservi par un réseau unitaire», ajoute la maire.

 

NOMBRE DE DÉVERSEMENTS À BEDFORD

. 2016 : 159

. 2017 : 335

. 2018 : 315

. 2019 : 354

. Total : 1687

 

DURÉE DES DÉVERSEMENTS À BEDFORD

. 2016 :   759h

. 2017 : 1976h

. 2018 : 2525h

. 2019 : 2888h

 

INTENSITÉ DES DÉVERSEMENTS À BEDFORD

. 2016 : 30 857

. 2017 : 40 955

. 2018 : 53 416

. 2019 : 52 578

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