Pandémie: des sources de stress pour les familles révèle un sondage

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Par Stéphane Lévesque | Initiative de journalisme local
Pandémie: des sources de stress pour les familles révèle un sondage
La crise sanitaire qui frappe le Québec a et continuera d'avoir des effets majeurs sur les tout-petits et leurs parents. (Photo : Depositphotos)

COVID-19. C’est pour vérifier comment se portaient les tout-petits et leur famille que l’Observatoire des tout-petits a souhaité prendre le pouls de la situation auprès des parents d’enfants de 0 à 5 ans pendant la deuxième vague de la COVID-19. La crise sanitaire sans précédent qui frappe le Québec a et continuera d’avoir des effets majeurs sur les tout-petits et leurs parents dont du stress révèle un sondage réalisé du 29 octobre au 2 novembre 2020 auprès de 501 Québécois.

«Le contexte hors du commun auquel sont confrontés les parents au Québec engendre de nombreuses sources de stress supplémentaires qui peuvent avoir des impacts néfastes tant sur la santé mentale des parents que sur le développement des tout-petits», rappelle Fannie Dagenais, directrice de l’Observatoire des tout-petits.
Une grande proportion des parents sondés (68 %) estiment qu’être un parent comporte plus de défis qu’avant la pandémie et 51 % affirment aussi que leur niveau de stress face à la situation actuelle liée à la COVID-19 est élevé. Il est intéressant de mentionner ici l’écart important entre les hommes (44 %) et les femmes (56 %). Soulignons également que plus le revenu des répondants diminue, plus la proportion de parents avec un niveau de stress élevé augmente, pour atteindre 69 % chez les parents dont le revenu familial total avant impôt est de moins de 40 000 $.

«La pandémie aura certainement contribué à exacerber les inégalités sociales puisque les familles vulnérables sont susceptibles d’être confrontées à un plus grand nombre de sources de stress : faible revenu, pertes d’emplois, insécurité alimentaire, logement inadéquat, etc. Il est d’autant plus important de se questionner collectivement sur les meilleures pistes de solution à mettre en œuvre afin de soutenir concrètement ces familles sous pression. Les programmes facilitant l’accès au logement, le soutien financier aux familles à faible revenu, les mesures de conciliation famille-travail, les services en santé mentale ou de soutien aux parents sont des exemples de mesures qui peuvent améliorer les conditions de vie et réduire le stress des familles», indique Fannie Dagenais.

Le sondage de l’Observatoire met en lumière certaines sources de stress importantes pour les parents en cette deuxième vague de la pandémie :

  • 66 % des parents de tout-petits au Québec affirment que la possibilité que l’école ou le service de garde de leur enfant ferme de nouveau est une source de stress pour eux;
  • 61 % déclarent que les mesures de santé publique qui exigent de garder l’enfant à la maison s’il présente un symptôme représentent une source de stress pour eux;
  • Plus d’un parent sur quatre (26 %) affirme que leur niveau de stress lié à leur situation financière est plus élevé depuis le début de la pandémie. Cette proportion grimpe à 38 % pour les parents dont le revenu familial avant impôt est de moins de 40 000 $;
  • 39 % des répondants affirment que la pandémie aura eu un impact négatif quant à leur capacité à concilier le travail et la famille. De plus, 44 % des parents de tout-petits affirment que la pandémie a eu un impact négatif sur leur capacité à garder leur calme avec leur enfant.

Les nouvelles réalités causées par la pandémie, qui se traduisent maintenant dans le quotidien des familles, peuvent également avoir un effet sur le développement et le comportement des tout-petits. En effet, 52 % des parents affirment que la pandémie aura eu un impact négatif sur leur enfant. Ils ont d’ailleurs observé des changements sur le comportement de leur tout-petit :

  • 39 % des parents d’enfants de 0 à 5 ans ont observé que leur enfant était plus souvent irritable ou prompt à faire des colères qu’avant la pandémie;
  • 34 % des répondants ont indiqué qu’ils ont observé que leur enfant était plus agité qu’à l’habitude pendant la pandémie;
  • 23 % ont mentionné qu’ils ont observé que leur enfant pleurait plus souvent.

Selon les données du sondage, 43 % des répondants mentionnent ne pas pouvoir compter sur le soutien habituel des personnes de leur entourage en raison des mesures de distanciation physique tandis que 15 % des répondants n’avaient personne sur qui compter dans leur entourage pour les soutenir, et ce, même avant la pandémie. «La perte du soutien social est très préoccupante étant donné les effets bénéfiques que le soutien de l’entourage peut avoir pour les parents et les tout-petits. En effet, le fait d’avoir un bon réseau de soutien interpersonnel contribue de façon positive au développement physique, cognitif ou social des enfants au moment de leur entrée à l’école», explique Fannie Dagenais.

Questionnés au sujet des services de soutien dans leur rôle parental, 79 % des parents d’enfants de 0 à 5 ans disent n’avoir utilisé aucun service ou aucune ressource (service en ligne ou téléphonique, organisme communautaire, professionnel de la santé et des services sociaux, ressources en milieux de garde ou à l’école). «Nous avons des questions à nous poser en tant que société : pourquoi autant de familles n’utilisent pas les ressources en place? Comment pouvons-nous en faciliter l’accès pour les parents plus vulnérables notamment? Il faudra s’assurer de les soutenir dans leur rôle de parent pour ainsi contribuer à favoriser le bon développement des tout-petits», ajoute-t-elle.

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