Anick Lainesse: la peintre du viscéral

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Par Stéphane Lévesque | Initiative de journalisme local
Anick Lainesse: la peintre du viscéral
Anick Lainesse est une adepte des œuvres mix médias. (Photo : Gracieuseté)

CULTURE. Née à Trois-Rivières maintenant fière résidente de Farnham, Anick Lainesse ou, de son nom d’artiste, Kina Wolfe, peint pour aller au fond d’elle et établir un lien vers l’autre. Pour apprendre, pour surprendre, l’artiste de style contemporain s’est classée dans le top 60 du Masters of Contempory Art 2020. Une envie viscérale de créer qui ne s’est pas faite sans embuche.

Son grand-père, Aimé Bernard, était peintre. Sa mère, Roselyne, ayant vu son père survivre difficilement de son art, incitera Anick Lainesse à se diriger vers le graphisme. Ce que la jolie rebelle ne fera pas. Après des études en sculpture, elle tentera d’être admise dans un baccalauréat en arts à l’UQAM. «Ils m’ont refusée en me disant que je n’avais pas le potentiel», se rappelle l’artiste avec une certaine amertume.

«En créant, ça me permet d’être fière de moi. En ce moment, je n’ai jamais été aussi heureuse de ma vie» – Anick Lainesse

Après «trois enfants en trois ans et demi», la flamme de la création ne demandant qu’à être alimentée, la jeune femme s’inscrit à un cours de dessin dans une maison de la culture à Montréal. «Après, je me suis installée dans mon sous-sol et je me suis mise à peindre pour moi. Un voisin a voulu m’acheter une toile. Et tout a commencé», souligne celle qui voit son art une façon de se recentrer sur soi pour aller ensuite vers l’autre.

«J’adore les perceptions, j’adore les illusions et j’aime mettre les gens devant des choses qu’ils ne veulent pas nécessairement voir, mais les rendre agréable à l’oeil. J’ai peint sur l’anorexie, l’intimidation, les droits des animaux et même la COVID», indique l’artiste qui ne renie pas son côté provocateur.

«Il y a un problème avec l’art au Québec. On est beaucoup dans l’art de contemplation. Beaucoup de paysages et de trucs qui fittent avec nos divans. L’art doit déranger, l’art doit te remettre en question. L’art doit marquer», revendique Anick Lainesse qui a exposé, entre autres, à New York, Venise, Barcelone et Düsseldorf ses œuvres mix médias où elle utilise la glaise, le papier de soie, l’acrylique et les pastels.

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