Armes de poing: les villes du Québec demandent à Ottawa d’assumer ses responsabilités

Par Godlove Kamwa
Armes de poing: les villes du Québec demandent à Ottawa d’assumer ses responsabilités
Le projet de loi fédéral qui vise à transférer aux villes la responsabilité de réglementer les armes de poing en encadrant leur entreposage et leur transport sur leur territoire. (Photo : Pixabay)

SÉCURITÉ. Après la Fédération québécoise des municipalités (FQM), l’Union des Municipalités du Québec conteste le projet de loi fédéral qui vise à transférer aux villes la responsabilité de réglementer les armes de poing en encadrant leur entreposage et leur transport sur leur territoire.

 Bien qu’elle adhère à l’objectif de renforcer le contrôle sur les armes à feu pour lutter contre la criminalité, l’UMQ a indiqué que « cela doit relever avant tout de la compétence et de la responsabilité du gouvernement fédéral » sur la base des règles « uniformes. »

«Par souci de cohérence, il est impensable de réglementer d’une façon dans une municipalité et d’une autre façon dans une municipalité voisine. Aussi, a-t-elle ajouté, cette disposition pose plusieurs questions, notamment sur la gestion des frontières et la contrebande, des enjeux qui relèvent également de ses compétences», peut-on lire dans une déclaration commune. La vice-première ministre Geneviève Guilbeaut a manifesté des inquiétudes sur une éventuelle « confusion » qui s’installerait s’il fallait adopter un millier de règlementations pour autant de municipalités au Québec.

«En délestant le pouvoir d’action sur le contrôle des armes de poing aux villes, on rate une occasion en or de légiférer pour établir des règles claires, harmonisées et efficaces à l’ensemble du territoire canadien », a relevé la présidente du Caucus de la métropole de l’UMQ et mairesse de Montréal, Valerie Plante, dans un communiqué de son bureau. Même si elle reconnaît la montée des violences à Montréal, elle a reproché au initiateurs du projet de loi C-21 de s’intéresser exclusivement aux armes qui font l’objet d’une détention légale alors qu’une bonne partie des armes à poing circule dans l’illégalité.

Mme Plante est soutenue par la présidente de l’UMQ et mairesse de Sainte-Julie, Suzanne Roy ; le président du Caucus des cités régionales de l’UMQ et maire de Thetford Mines, Marc-Alexandre Brousseau ou encore Le maire de Saint-Donat, Joe Deslauriers, par ailleurs président du Caucus des municipalités locales de l’UMQ. Le maire de Gatineau à la tête du caucus des grandes villes, Maxime Pedneaud-Jobin et le président du Caucus des municipalités de centralité de l’UMQ et maire de Senneterre, Jean-Maurice Matte, sont aussi signataires de la déclaration commune.

Le projet de loi a prévu un programme de rachat des armes d’assaut de type militaire interdites depuis mai 2020. Le premier ministre Justin Trudeau qui entend « protéger les Canadiens » n’a pas rendu le rachat obligatoire mais les détenteurs d’armes devront braver plusieurs conditions strictes pour pouvoir les conserver.

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