La MRC de Brome-Missisquoi plaide la cause des travailleurs étrangers saisonniers

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Par Claude Hebert
La MRC de Brome-Missisquoi plaide la cause des travailleurs étrangers saisonniers
Une bonne partie de la main-d’œuvre saisonnière de l’entreprise Bonduelle provient de l’Amérique latine. (Photo : Gracieuseté)

MAIN-D’OEUVRE. Le conseil des maires de Brome-Missisquoi demande au gouvernement fédéral et au gouvernement provincial de revoir les règles afin de faciliter l’établissement en sol québécois des travailleurs étrangers temporaires qui le désirent.

Selon les données compilées par la MRC, pas moins de 64 entreprises agricoles et de transformation agroalimentaire d’ici ont recours à de la main-d’œuvre étrangère sur une base saisonnière ou annuelle.

«Une entreprise alimentaire comme Bonduelle utilise les services d’une centaine d’ouvriers guatémaltèques et a des besoins à l’année», indique le maire de Bedford, Yves Lévesque.

Bonduelle bénéficie du Programme de travailleurs saisonniers agricoles depuis plus de dix ans. La plus grosse partie de la main-d’œuvre étrangère arrive en juin et va demeurer à l’emploi de la compagnie jusqu’à la mi-décembre. Les ouvriers d’Amérique latine seront appelés à faire équipe avec la cinquantaine d’employés locaux affectés aux services de transformation et d’emballage de légumes surgelés.

Le directeur de l’usine de Bedford, Robert Deschamps, se dit très heureux de pouvoir compter sur la fidélité de ces travailleurs qui pourvoient des postes saisonniers de moins en moins populaires auprès de la main-d’œuvre locale.

La famille Caron, de Frelighsburg, est dans la même situation. Avec 750 acres en culture et près de 500 000 pommiers, cette dernière pourrait difficilement se passer de la main-d’œuvre étrangère.

Les ouvriers agricoles du Mexique, du Guatemala et de la Grenade jouent en effet un rôle de premier plan dans les vergers et à l’usine de transformation de la famille Caron. Pas moins de 180 des 210 employés de l’entreprise de Frelighsburg proviennent en effet de l’étranger. La durée de leur séjour peut varier de quelques mois à près d’une année.

Durant la saison froide et à l’arrivée du printemps, la main-d’œuvre étrangère de la famille Caron est notamment mise à contribution pour la taille d’hiver, la préparation du terrain et la plantation de pommiers. D’autres travailleurs se joindront à eux en août et en septembre pour la cueillette des pommes.

«Les employeurs concernés doivent faire les démarches, année après année, pour recruter des travailleurs étrangers et former les nouveaux employés. Le nombre d’employés disponibles et la date de leur arrivée au Québec peuvent également varier d’une saison à l’autre. L’incertitude est encore plus marquée dans un contexte de pandémie», signale l’auteur de la résolution de la MRC de Brome-Missisquoi demandant aux gouvernements de travailler en collaboration pour revoir les règles du jeu.

Le conseil des maires fait également valoir que certains travailleurs étrangers aimeraient s’établir dans Brome-Missisquoi avec leur famille de façon permanente, mais que les politiques gouvernementales actuelles ne facilitent pas les démarches de ces employés.

«Pourquoi ne deviendraient-ils pas des travailleurs immigrants permanents? Ce serait avantageux pour nos entreprises et ça aiderait au maintien de nos écoles, de nos terrains de jeux», plaide le maire Lévesque.

 

MAIN-D’ŒUVRE AGRICOLE ÉTRANGÈRE

. 40 000 au Canada

. 16 000 au Québec

. 100 chez Bonduelle (Bedford)

. 180 à la Maison de la pomme (Dunham, Frelighsburg)

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