Brome-Missisquoi: du gaz naturel produit au site d’enfouissement d’ici 2023

Par Xavier Demers
Brome-Missisquoi: du gaz naturel produit au site d’enfouissement d’ici 2023
Une partie du biogaz généré par la décomposiition des déchets sert déjà à chauffer la station de traitement du lixiviat de la RIGMRBM. (Photo : L'Avenir & Des Rivières - Claude Hébert)

ENVIRONNEMENT. La Régie intermunicipale de gestion des matières résiduelles de Brome-Missisquoi (RIGMRBM) a annoncé s’être entendue avec l’entreprise française Waga Energy pour créer une unité de transformation du biogaz en gaz naturel. D’ici 2023, le biogaz généré par la décomposition des déchets ne sera plus traité par destruction thermique, mais sera transformé en gaz naturel puis réacheminé dans le réseau d’Énergir.

« C’est une excellente nouvelle pour nous et la région, a déclaré le directeur général de la Régie, David Rumsby. L’impact environnemental que ça va avoir est très important. À la place de torcher les gaz comme on fait actuellement, ça va créer une belle économie circulaire pour le biogaz. »

« La Régie innove et ce projet en est la preuve ! a déclaré la présidente du conseil d’administration de la Régie et mairesse de Cowansville, Sylvie Beauregard. Et elle n’entend pas en rester là. D’autres projets sont à venir toujours dans le but de réduire l’empreinte de ses activités sur l’environnement. »

À terme, c’est entre 7 et 8 millions de mètres cubes de biogaz créés par la décomposition des ordures qui seront transformés en gaz naturel. Annuellement, c’est environ 5 000 tonnes d’eqCO2 qui ne seront pas rejetées dans l’atmosphère.

L’entreprise Waga Energy s’est d’ailleurs engagée à acheter le gaz naturel à la Régie pour une période de 20 ans.

« Plusieurs experts ont été consultés afin de s’assurer d’avoir la meilleure technologie pour notre site, a indiqué M. Rumsby. Après de multiples démarches et des rencontres avec différentes entreprises d’ici et d’ailleurs, notre choix s’est arrêté sur l’entreprise qui offrait la meilleure technologie et surtout, avait un meilleur impact sur l’environnement. »

C’est le deuxième projet de ce type en Amérique du Nord pour Waga Energy qui exploite actuellement une dizaine d’unités de transformation du genre en France. D’autres unités sont en construction également en Espagne.

« Ce nouveau contrat au Québec est le résultat du travail de fond que nous menons depuis deux ans pour déployer en Amérique du Nord notre solution au service de la transition énergétique, a affirmé le président-directeur général et cofondateur de Waga Energy, Mathieu Lefebvre. Notre modèle d’investisseur-exploitant implique en effet un engagement à long terme, et passe par la mise en place d’une organisation industrielle locale pour construire et exploiter nos unités. »

Projet de longue haleine

Ça fait déjà quelques années que l’idée germe du côté de la Régie intermunicipale de gestion des matières résiduelles de Brome-Missisquoi.

« Ça va faire un peu plus de deux ans qu’on travaille sur ce projet-là de façon quand même assez active, mais ça fait beaucoup plus longtemps que ça qu’on a ce type de projet là à coeur et qu’on restait vigilant en regardant le potentiel de faire un projet comme celui-là, a relaté David Rumsby. On a vraiment pris le temps de trouver quelque chose qui va bien fonctionner et la meilleure technologie. »

La Régie a d’ailleurs été attirée par Waga Energy en raison de sa technologie plus adaptée à ses besoins.

« La technologie qu’elle utilise est plus spécifique aux sites d’enfouissement, a affirmé le directeur de la Régie. Le gaz des sites d’enfouissement est plus susceptible de contenir des impuretés et de l’azote. Cette technologie-là est la mieux adaptée à les retirer. »

C’est l’entreprise qui se chargera des investissements nécessaires à la construction de l’unité de transformation.

« Nous, on n’investit rien, a indiqué M. Rumsby. C’est eux qui investissent et eux qui l’exploitent. »

Les travaux de préparation du terrain devraient débuter en 2022. L’unité de traitement d’une superficie de 1 250 m2 sera construite par la filiale canadienne de Waga Energy avec des sous-traitants locaux. Elle devrait être mise en service d’ici deux ans.

« Il faut prendre le temps d’obtenir les certificats d’autorisation du ministère de l’Environnement, a indiqué M. Rumsby. Ça prend quand même du temps avant de les obtenir du ministère. »

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