Benoit Léveillé: dans le sillon du Grand Défi Pierre Lavoie

Dans sa folie de parcourir le Québec à vélo pour promouvoir les saines habitudes de vie et l’activité physique, Pierre Lavoie s’entoure de gens qui croient à sa cause. Parmi eux, Benoit Léveillé. Du 15 au 17 juin prochain, l’éducateur physique à l’école Saint-Jean de Granby jouera de nouveau son rôle d’encadreur lors de la 4e édition de la petite balade sur deux roues de plus de 1000 km en 60 heures.

 

À un mois du Grand Défi Pierre Lavoie, Benoit Léveillé se prépare mentalement à vivre une énième randonnée sur les routes de la province. Oui, le Granbyen d’origine va en pédaler un coup. En plus du trajet, il voit à l’élaboration du parcours, aux départs et aux arrivées du peloton, chouchoute son bon ami Pierre Lavoie, un petit dodo d’une trentaine de minutes, une bouchée et on repart. L’aventure paraît folle, mais en vaut la chandelle aux dires du principal intéressé.

 

«J’ai un travail dans l’ombre. L’important, c’est la cause. Il ne faut pas juste croire à la cause. Des gens s’investissent et c’est la base du Grand Défi Pierre Lavoie. Qu’est-ce que vous faites pour soutenir la cause? Les villes et villages s’impliquent. Les commissions scolaires incitent les écoles à s’impliquer et on le voit avec la collecte de cubes d’énergie. C’est énorme ce qui se fait.»

 

Les compétitions sportives de haut niveau sont le théâtre de rencontres qui changent parfois le destin d’athlètes. C’est le cas de Benoit Léveillé et de Pierre Lavoie.  Adversaires sur la ligne de départ en triathlon, ils deviennent de bons amis au point aujourd’hui où les deux comparses pédalent pour répandre la bonne nouvelle des bienfaits de la «bougeotte».

 

Une amitié sur deux roues
Le destin frappe l’entourage Pierre Lavoie au cours des années 90. Deux de ses enfants décèdent des suites de l’acidose lactique, une maladie orpheline qui fait des ravages au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Le départ précipité de ses enfants en bas âge pousse le père de famille à se surpasser afin de faire avancer la recherche.

 

Pierre Lavoie mijote donc son premier tour cycliste et lâche un coup de fil à Benoit Léveillé. «Pierre m’a appelé et m’a dit «Ben, je vais faire un défi pour faire connaître la maladie». Et je suis allé pédaler son défi», raconte notre personnalité du mois de mai.

 

Déterminé à réussir, Pierre Lavoie pousse ses limites à un second niveau en 2009 avec le premier Grand Défi Pierre Lavoie.

 

«Pierre entre en contact avec moi et me mentionne «Ben, on va changer les habitudes de vie des Québécois». Et s’il y a quelqu’un qui peut le faire, c’est Pierre Lavoie», affirme Benoit Léveillé.

 

Les deux cyclistes et un peloton d’une soixantaine de participants entament leur premier défi. Une trotte de 1000 km en 40 heures. «Lors du premier défi, mon rôle était de m’occuper des journalistes. Aujourd’hui, il est différent. Je suis l’encadreur de Pierre et je m’assure qu’il ne manque de rien. Je vois à sa nourriture, à sa sécurité. Je suis son domestique de service. Je travaille pour le leader.»

 

Benoit Léveillé se souvient encore de sa première traversée notamment à la hauteur du parc des Laurentides. Au petit matin, le peloton sillonne le parc par une température sous le point de congélation. Tuque et mitaines de circonstances.

 

Au fil des grands tours, l’idée folle de Pierre Lavoie continue de susciter de l’engouement. La preuve? Pas moins de 500 équipes se retrouvent sur une liste d’attente en vue d’une éventuelle participation.

 

Le Grand Défi à Granby
Du Saguenay-Lac-Saint-Jean jusqu’à Montréal, les participants du défi 2012 vont s’arrêter un peu partout en province. Et Granby figure sur l’itinéraire. Le 17 juin, entre 4h et 7h, Pierre Lavoie et son peloton vont prendre la pause au Collège du Mont-Sacré-Cœur.

 

«Cette année, Pierre m’a demandé un parcours «tough» pour les cyclistes aguerris. C’est ce que j’ai concocté. À Bromptonville, il y a, entre autres, deux bonnes montées et l’étape vers Granby promet d’être spectaculaire», assure Benoit Léveillé.

 

Malgré le bon vouloir de l’encadreur de Pierre Lavoie, l’entraînement à vélo n’est pas encore à point. «Je n’ai pas les jambes que je veux, mais ça va revenir. Mais quand tu arrives dans une ville ou un village, il y a tellement d’énergie qui se dégage que tu oublies tes petits bobos. Tu es sur un «hi» d’adrénaline.»

 

Le Grand Défi Pierre Lavoie chambarde une vie après des milliers de coups de pédale. «Pierre m’a changé et a changé beaucoup de monde. Grâce à lui, j’ai une conscience sociale que je n’avais pas lorsque j’étais athlète», conclut Benoit Léveillé.


 

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