Bourse agricole: une finale 100 % bio dans Brome-Missisquoi

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Par Claude Hebert
Bourse agricole: une finale 100 % bio dans Brome-Missisquoi
Maxime Girouard-Lapointe

CULTURE BIOLOGIQUE – Les entreprises en lice pour l’obtention de la bourse d’accompagnement à la relève agricole de Brome-Missisquoi partagent le même profil: des porteurs de projets plus scolarisés que la moyenne et une production végétale en mode biologique.

:«Les promoteurs disposaient de cinq minutes pour présenter leur vision de l’agriculture et faire valoir leurs bonnes pratiques d’affaires en matière de réduction de l’empreinte environnementale globale liée à leur production», précise Pierre Genesse, conseiller en développement rural et agroalimentaire au CLD de Brome-Missisquoi.

Les projets ont été analysés par un jury composé de trois professionnelles. Il s’agit d’Aline Bolduc, spécialiste en fiscalité agricole chez Raymond Chabot Grant Thornton, Rachel Mahannah, agricultrice en production laitière et membre du comité agroalimentaire au CLD de Brome-Missisquoi, et Leslie Carbonneau, personne-ressource associée au projet de la Banque de terres agricoles.

L’identité du récipiendaire de la bourse sera dévoilée le 28 janvier à Saint-Hyacinthe, dans le cadre des journées Agri-Vision.

Au jardin d’Édem

Edem Amegbo est originaire du Togo, mais vit au Québec depuis  une douzaine d’années. Cet électrotechnicien de formation terminera le printemps prochain un certificat en horticulture amorcé en janvier 2013 à l’Université Laval.

Après s’être initié à la culture maraîchère biologique en 2013 et 2014 à la ferme André Samson de Farnham, le jeune homme de 31 ans a décidé de se lancer en affaires à son tour et de louer un terrain de quatre acres à East Farnham pour une période de cinq ans. Il y cultivera une vingtaine de légumes dès 2015, incluant deux spécialités africaines (le okra / gambo et l’aubergine blanche). Son objectif à moyen terme: offrir une production diversifiée incluant une dizaine de légumes de l’Afrique de l’ouest.

Jus et compagnie

Un couple de Français, établi au Québec depuis peu, se lance dans la culture biologique de la rhubarbe et la production d’un jus artisanal à base de rhubarbe sur un lopin de terre de cinq hectares situé dans les limites de Bromont.

Le projet du couple inclut également un volet agrotouristique qui permettra aux Québécois de redécouvrir un légume ancestral tombé dans l’oubli au fil des ans.

Sensibles à l’importance du développement durable, les deux instigateurs du projet prévoient réutiliser les eaux de pluie et de lavage pour l’irrigation goutte-à-goutte de leurs champs. Le recyclage des bouteilles fait également partie de leurs priorités.

Jardins du pied de céleri

Anne-Sophie Tardif, 28 ans de Frelighsburg, fait équipe avec le Cowansvillois Maxime Girouard-Lapointe, 29 ans et sa conjointe Rachel Dionne-Raymond, 34 ans,  au sein de la Coopérative de solidarité des Jardins du pied de céleri.

Depuis 2013, le trio cultive 35 légumes et fines herbes biologiques  sur une parcelle de terre de quatre acres en location, située en bordure de la route 202, à la sortie ouest de Dunham.  Leurs produits sont principalement vendus sous forme de paniers bios (70 %), ainsi que dans les épiceries spécialisées, les magasins d’aliments naturels et au marché de solidarité de Cowansville (30 %).

Les coopérants travaillent actuellement à la construction d’une serre pour la culture du céleri qui devrait être fonctionnelle dès le printemps prochain. Ils songent également à l’ajout d’un kiosque qui leur permettrait de vendre leurs produits à la ferme à l’été 2015.

Anne-Sophie (baccalauréat en agronomie de l’Université MCGill), Rachel (DEP en horticulture du Jardin botanique de Montréal et Maxime (DEP en infographie de l’école Massey-Vanier) ont tous les trois travaillé dans des fermes bios de la région. La coop peut également compter sur le soutien de trois membres de soutien, Bernard Bélanger, Jocelyn Darou et Michel Raymond, qui possèdent une solide expertise en gestion et en mécanique.

Production de raisins biologiques

Henry-Alain Drocourt, 32 ans, est originaire de la région de Dijon, mais habite Cowansville depuis 2010. Détenteur d’une maîtrise en vignes et terroir de l’Université de Bourgogne (l’équivalent d’une maîtrise en science et technologies des aliments), ce dernier a fait un stage de neuf mois au Domaine Les Brome en 2008 avant d’accepter la gérance de ce vignoble. Il y a travaillé cinq ans – aux côtés de sa conjointe –  avant de joindre le Dura-Club de Bedford à titre de conseiller viticole.

Sa partenaire d’affaires, Isabelle Rocheleau, a 33 ans et habite Cowansville. La jeune femme travaille dans les vignobles depuis cinq ans comme travailleuse indépendante.

Les deux entrepreneurs ont décidé de conserver leur emploi respectif tout en exploitant un vignoble de huit ans, le Domaine perdu, situé à l’intersection Dyer-Alderbrooke à Sutton. Ils détiennent un contrat de location d’un an, renouvelable à échéance pour une période de cinq ans.

Ces derniers comptent ajouter, dès 2015, 1 000 plants de vignes semi-rustiques (Vidal, Seyval blanc et Seyval noir) aux  5 000 plants de vignes rustiques déjà existants (Sabrevois, Frontenac rouge et Frontenac gris). Ils prévoient également tripler la superficie du vignoble – d’un à trois hectares – d’ici trois trois ans. Leur production sera revendue à des viniculteurs de Brome-Missisquoi.

Ces derniers ont par ailleurs choisi de mettre de côté les insecticides et pesticides pour se spécialiser dans la culture biologique du raisin. Ils visent une certification biologique d’ici trois à cinq ans.

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