Camping Tropicana: des citoyens divisés face à Michel Duchesneau

Création d’un comité de sauvetage, nomination de dirigeants, création d’un fonds, nomination d’un aviseur légal. Lorsqu’il s’est présenté, mardi soir, devant la quarantaine de résidents du camping Tropicana menacés d’éviction, l’ex-maire de Granby, Michel Duchesneau, avait plusieurs pistes à leur offrir. Les citoyens, eux, étaient visiblement divisés.

 

D’entrée de jeu, l’entrepreneur Michel Duchesneau a avoué être interpellé par le dossier. «C’est pour ça que j’ai dit oui, mais je ne veux pas être le porte-étendard. Je ne veux pas porter le flambeau. Je peux apporter ma modeste contribution, mais je ne peux pas faire tout», a-t-il dit.

 

Un message d’union et de solidarité a aussi été véhiculé à plusieurs reprises par l’ex-maire Duchesneau. «Il faut être solidaire. Si vous êtes chacun de votre côté, il y en a qui vont se décourager et partir. À la fin, il va rester que les irréductibles Gaulois. Ça semble opportun de créer un comité où quatre ou cinq personnes vont vous représenter.»

 

C’est pour cette raison que l’homme d’affaires a proposé à la quarantaine de personnes qui remplissaient la salle Aramis, chemin Grande-Ligne à Granby, des avenues possibles.

 

Outre la création d’un comité de sauvetage, il a suggéré des pistes de solutions politiques et juridiques, la création d’un fonds et la nomination d’un aviseur légal. «Vous devez avoir un aviseur légal. C’est une recherche de moine et personne ne va faire ça gratuitement. Et on ne parle pas de 5 000$. On parle de 25 000$ à 50 000$. On doit réunir une somme. Il y a 43 personnes. J’ai pensé que si chaque personne met 1 000$, ou du moins 500$, on est rendu à 20 000$», a-t-il lancé en se disant relativement confiant. «Il faut être solidaire. S’il y a un trou, on va passer dedans, mais personne ne peut rien garantir. Il faut mettre toutes les chances de notre bord.»

 

L’objectif final? Que les résidences, qui ne valent plus rien au moment d’écrire ces lignes, reprennent leur pleine valeur au règlement du conflit.

 

Salle divisée, citoyens divisés
Les idées de Michel Duchesneau n’ont toutefois pas rejoints tous les résidents. Après une période de questions qui a duré une quarantaine de minutes, la séance a pris abruptement fin lorsque les gens se sont levés en masse pour quitter.

 

À la demande de l’homme d’affaires, les gens ont tout de même voté à main levée sur la question d’un front commun. Une vingtaine de mains se sont levées. Ces personnes-là se sont dites prêtes à mettre 500$. Ce nombre a toutefois chuté de moitié lorsqu’une citoyenne a proposé d’attendre au 5 mars prochain où la quarantaine de personnes doit se rendre à la séance du conseil municipal pour y affronter le conseil.

 

«La fin a été surprenante. Je ne suis pas là pour décider. Quand on crie à l’aide, je réponds. Majoritairement, je crois que les gens optent pour le front commun. Certains autres misent sur la réunion du 5 mars. Si ça se règle, tant mieux. Si ce n’est pas réglé, ils doivent miser sur la solidarité», a précisé Michel Duchesneau, à la fin de la rencontre.

 

Sylvie Goyette, l’une des résidentes présentes, considère que l’ex-maire Duchesneau a amené des arguments et des points positifs. «Avec ce qu’il a dit, ça augmente nos chances et avec l’appui du député Réjean Genest, je pense qu’on a de bonnes chances.» Et le front commun? «C’est du un pour tous. Je n’ai pas les fonds pour me défendre tout seul», conclut-elle.

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