COVID-19: les camionneurs réclament un minimum de considération

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Par Claude Hebert
COVID-19: les camionneurs réclament un minimum de considération
Le camionneur Bobby Smith adore son métier, mais estime que son travail n’est pas reconnu à sa juste valeur par bon nombre de citoyens. (Photo : Gracieuseté)

 

TRANSPORT.Si les directives gouvernementales et les politiques instaurées par certains restaurants et établissements commerciaux pour limiter la propagation du coronavirus paraissent tout à fait sensées et raisonnables, elles peuvent cependant porter préjudice à certaines catégories de travailleurs. Le camionneur Bobby Smith est bien placé pour en témoigner.

Durant leurs déplacements sur les grands axes routiers, les camionneurs ont souvent de la difficulté à se nourrir ou à faire provision de denrées alimentaires en raison des consignes gouvernementales.

«Nous ne pouvons pas manger à l’intérieur des restaurants, car les salles à manger sont fermées au public. Nous ne pouvons pas non plus bénéficier du service à l’auto offert par les restaurants, car nos remorques sont trop longues et encombrantes. Il n’est pas non plus possible pour nous de débarquer de notre véhicule, de passer une commande et de la récupérer au guichet du service à l’auto sous prétexte que l’on est à pied», explique Bobby Smith, un Farnhamien d’origine qui exerce le métier de camionneur depuis une bonne vingtaine d’années.

M. Smith transporte des produits sanitaires (savons, lingettes, désinfectants, etc.) et fait la navette Montréal-Toronto sur une base régulière. Il est aux commandes d’un train routier de 155 pieds de longueur incluant deux remorques de 53 pieds.

Dormir et s’alimenter: un problème

Les camionneurs désirant stationner leur poids lourd en bordure de l’autoroute ou dans un stationnement réservé aux camions pour dormir ou casser la croûte rencontrent également leur lot de difficultés.

«Les stationnements pour camionneurs ne sont pas assez nombreux. Il n’est pas rare non plus de voir des automobilistes garer leur voiture dans un stationnement réservé aux camionneurs. Un camionneur utilisant des espaces de stationnement dédiés aux automobilistes risque de recevoir une contravention ou de voir son véhicule remorqué alors que les automobilistes fautifs sont rarement inquiétés par la police», ajoute l’homme de 56 ans.

Ce dernier prend soin de rappeler que la législation oblige un camionneur à s’arrêter et à dormir pendant huit heures après un trajet de 13 heures sur la route.

La fermeture de plusieurs stations-services et haltes routières en raison de la pandémie de COVID-19 prive également les camionneurs d’un accès à des salles de bain propres. Certains camionneurs doivent prolonger leur itinéraire habituel pour trouver une toilette ou en sont réduits à se «soulager» en bordure d’une route secondaire.

Les camionneurs, des travailleurs essentiels

Les camionneurs qui effectuent des déplacements aux États-Unis dans le cadre de leur travail ne sont pas tenus de s’isoler pendant 14 jours au retour de leur périple comme il est de mise pour un touriste ou un snowbird.

Après avoir passé de 60 à 70 heures sur la route et s’être absentés de leur domicile pendant plusieurs jours, les camionneurs bénéficient d’une journée ou deux de congé. Ils en profitent généralement pour magasiner et regarnir leur frigo.

Certains d’entre eux se voient parfois refuser l’accès à des magasins sous prétexte qu’ils représentent un risque pour la santé du personnel et des autres clients.

«Les camionneurs sont pognés. On ne leur permet pas de faire leur épicerie, mais on leur demande de continuer à travailler dans des conditions difficiles, au péril de leur santé. C’est un manque de respect», insiste M. Smith.

Le Farnhamien d’origine estime que les camionneurs doivent être considérés comme des travailleurs essentiels et bénéficier d’un peu plus de considération.

«Si les choses continuent comme ça, certains camionneurs risquent de tomber malades et de devoir rester chez eux. Et s’ils arrêtent de travailler, les citoyens ne pourront plus manger ni se laver», renchérit-il.

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Linda Dubois
Linda Dubois
2 années

Tout à fait d’accord avec vous M.Smith. j’aimerais partager un fait avec vous. Mon conjoint es camionneur depuis 30 ans, et maintenant il fait du US ( depuis 3 ans) dimanche le 5 avril, il a été pris au douanes de Détroit pour une inspection pendant 4 heures, une dizaines de chauffeurs dans une pièce de 15×15, aucunes mesures de distanciation, mon conjoint a demandé au douanier qui lui était derrière une vitre avec ses gants (bien protégé) si il pouvait aller attendre dans son camion, il s’est fait dire d’aller attendre dans la salle comme tout le monde. Sa été le plus long 4 heures de sa vie, la boule dans l’estomac, le stress d’être obligé d’être là avec plusieurs chauffeurs. En conclusion il es où le RESPECT pour vous nos Super Héros. Bonne journée 🌈

Christine
Christine
2 années
Répondre à  Linda Dubois

C’est horrible de se faire enfermer dans une pièce avec d’autres personne en temps d’épidémie, ils sont fou ! Votre marie aurait dût filmer la scène pour montrer combien les douaniers sont inconscients.

Sébastien
Sébastien
2 années

Sa va tu passer se message la ou il va être encore ignorer ?

Sassi
Sassi
2 années

Ça ne sert a rien de se plaindre la profession n’a jamais su se faire respecter a part la grève de1995 qui a mit en place la RSE je voit que même les gendarmes verbalisés pour des broutilles comme urine au bord de route seul un arrêt total des conducteurs ferait comprendre que cette activité est indispensable et ce métier doit être respecté

Ronald Soucy
Ronald Soucy
2 années

Je suis parfaitement d’accord avec tout le sujet mentionné. Je suis mol aussi un camionneur qui du régional et vie la même situation. Pas très évident pour les camionneurs.👍🏻 Et je tiens à préciser que les avantages sociaux restes les mêmes. Avec les risques qu’on peut avoir.

Viviane Smith
Viviane Smith
2 années

Les camionneurs devraient avoir des places de stationnement pour pouvoir prendre une douche et un un sandwich gratuit. Beaucoup de volontaires en Sask font ça.

Jordan gauthier
Jordan gauthier
2 années

Étant camionneur « US » je suis effectivement une victime du texte mentionné si haut. Lorsque je reviens au pays et que je profite de mes deux journées de congés, je me vois forcé de « mentir » au questionnaire réclamé par les magasins et autres services jugé essentiel. Lors de mon dernier arrêt samedi dernier, j’ai voulu aller a la pharmacie renouveler mes provision de savon, désinfectant et autre produit sanitaire dans une pharmacie dont je vais taire le nom et, en étant honnête sur mes déplacements et malgré l’explication de mon emploi, je me suis vue refuser l’accès au magasin et donc refuser d’acheter les produits pourtant essentiel et surtout nécessaire a mon hygiène!!
Je comprends le principe de quarantaine et les règles instauré afin de réduire les risques, mais elle sont trop laxiste et mal défini par rapport a notre communauté (les camionneurs). Je me lave pourtant les mains (ou les désinfectes du moins, autant sinon plus souvent que les autres) et je respecte les même étapes de « décontamination » que les autres citoyens qui eux ont pourtant accès au sites.