Des boues usées de Granby épandues à Farnham

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Par Claude Hebert
Des boues usées de Granby épandues à Farnham

Claude Boulanger estime qu’une contamination de son puits aurait une large incidence sur la valeur de sa propriété.

ENVIRONNEMENT – Jean-Guy Paquette, un agriculteur de Farnham, a procédé à deux épandages de biosolides municipaux, le mois dernier, au grand désarroi de son voisin, Claude Boulanger.

Disant craindre que l’épandage de matières résiduelles fertilisantes (MRF) du 4 septembre contamine son puits, M. Boulanger a porté plainte au ministère de l’Environnement. Un enquêteur du ministère s’est rendu dans le rang du Golf pour rencontrer le plaignant et effectuer les vérifications d’usage. Il devrait rendre son rapport sous peu.

«Mon voisin ne semble pas avoir respecté la zone d’exclusion obligatoire de 100 m autour de mon puits. Les boues ont par ailleurs été épandues sans la présence visible d’un représentant de la firme Andana Services inc.», signale M. Boulanger.

Ce dernier dit avoir de bonnes raisons de croire que l’agriculteur a empiété dans le demi-cercle de protection entourant le puits.

«D’après mes calculs, les poteaux rouges délimitant la zone d’exclusion auraient été plantés à environ 70 m de mon puits et non pas à 100 m comme le prévoit un règlement du ministère de l’Environnement», affirme le plaignant.

Lors d’une entrevue accordée à lAvenirEtDesRivieres.com, la porte-parole de la firme Andana Services inc., France Pellerin, reconnaît avoir eu de la difficulté à repérer l’emplacement exact du puits de M. Boulanger. Elle soutient cependant que l’empiètement ne dépasserait guère plus d’un mètre carré.

Craintes du plaignant

Bien conscient qu’une contamination de la nappe phréatique du secteur affecterait la valeur de sa propriété de façon importante, Claude Boulanger préfère être «plus prudent que pas assez».

Mme Pellerin croit pour sa part que M. Boulanger n’a aucune raison de s’inquiéter…

«L’épandage des MRF est régi par le ministère de l’Environnement et soumis à des normes beaucoup plus sévères (zone d’exclusion de 100 m) que celles régissant l’épandage des fumiers (zone d’exclusion de 30 m), établies par le ministère de l’Agriculture. Les quantités de pathogènes contenues dans les MFR et les fumiers sont pourtant similaires. Les deux produits contiennent également les mêmes types de pathogènes», explique Mme Pellerin.

«Mme Pellerin m’a informé en juin qu’il y aurait épandage, avant d’ajouter que l’agriculteur n’avait pas besoin de mon accord pour procéder, en autant qu’il respecte la réglementation», indique M. Boulanger.

Position de l’agriculteur

De son côté, Jean-Guy Paquette est convaincu d’avoir respecté les normes environnementales, d’avoir fait les choses correctement, d’avoir suivi le protocole, d’avoir agi dans les règles de l’art.

«La firme Andana s’est occupée de faire des analyses pour s’assurer que les produits épandus étaient conformes aux normes du ministère de l’Environnement», précise-t-il.

Le producteur agricole dit également avoir pris soin de ne pas épandre un jeudi, un vendredi ou un samedi et d’enterrer les MRF quelques heures à peine après l’épandage pour minimiser les odeurs alors qu’il disposait d’une journée pour le faire. Il a ensuite semé de l’avoine pour faciliter l’assimilation du surplus d’azote.

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