Des pompiers volontaires: une denrée rare en région

Par Josiane Noiseux
Des pompiers volontaires: une denrée rare en région
«Nous n’avons pas le droit d’obliger un pompier à quitter son emploi pour intervenir sur un feu ou encore rester de garde à la maison s’il n’est pas rémunéré»

Pas toujours facile de recruter des pompiers dans Brome-Missisquoi. Alors que certaines municipalités accumulent les candidatures, d’autres en arrachent pour former une équipe complète de volontaires en milieu rural. La réalité du «métro-boulot-dodo» d’aujourd’hui ferait refroidir certains candidats intéressés à s’engager au sein d’une brigade. Un véritable casse-tête pour les dirigeants de ces organisations d’interventions de première ligne.

Le Service de sécurité incendie de Cowansville n’éprouve aucun problème à recruter des aspirants pompiers. «Plus la ville est grosse, plus nous avons d’appels. L’an dernier, nous avons fait un appel afin de nous créer une banque de candidatures. Nous avons reçu environ 60 réponses», explique Gilles Deschamps, directeur du Service de sécurité incendie de Cowansville (SSIC).

Ce dernier compte 31 pompiers à temps partiel et 16 pompiers auxiliaires dans sa brigade. Deux pompiers sont embauchés à temps plein à titre d’agent de prévention. M. Deschamps conserve également une vingtaine de candidatures en réserve afin de combler les possibles départs des pompiers actuels.

Un pompier à temps partiel reçoit une rémunération selon ses heures de participation aux formations et en fonction du nombre d’interventions qu’il effectue. Le salaire horaire varie entre 18$ et 27$ de l’heure, selon l’expérience du pompier. «Ça prend entre 5 et 7 ans pour former un pompier et ça coûte entre 8 500$ et 10 000$. C’est un investissement majeur pour une municipalité», soutient M. Deschamps.   

Un défi pour d’autres

Dans les petites municipalités, la réalité des pompiers est tout autre. Parlez-en à Bernard Ouellet, directeur du Service des incendies Dunham et Frelighsburg. Ce dernier accueille les candidats à bras ouvert.

«À Dunham, l’équipe compte 24 pompiers. À Frelighsburg, nous serions censés être 16, mais il est difficile de maintenir ce chiffre. Nous avons encore besoin de personnel», avoue M. Ouellet.

Pour une grande majorité de petites municipalités, bon nombre de pompiers à temps partiel occupent un emploi à temps plein dans les grands centres (Cowansville, Bromont, etc.). Un autre défi à affronter pour une organisation municipale.

«Nous n’avons pas le droit d’obliger un pompier à quitter son emploi pour intervenir sur un feu ou encore rester de garde à la maison s’il n’est pas rémunéré.  Nous devons donc demander de l’aide aux autres villes si nous ne sommes pas assez, mais bien évidemment, ils arrivent un peu plus tard», explique M. Ouellet.

Le directeur Ouellet indique qu’il est plus que jamais difficile de marier travail, famille et service en sécurité incendie. «On le constate, on vit une problématique durant les vacances de la construction ou de la chasse. On manque de personnel. Aujourd’hui, le bénévolat, on n’en fait plus et le coût de la vie augmente. Les pompiers doivent jongler avec diverses réalités: la disponibilité, le travail, les enfants, la vie de couple (…). Ce n’est pas toujours évident», souligne ce dernier. 

Même constat du côté de Farnham. Le recrutement de pompiers à temps partiel n’est pas simple. «C’est toujours assez difficile. On compte 22 pompiers à Farnham, mais nous devrions être 24», indique Mario Nareau, directeur par intérim du Service de sécurité incendie de Farnham. 

Selon les directeurs Ouellet et Nareau, même si un service reçoit quelques dizaines de candidatures, environ 25% des aspirants sont aptes et motivés à suivre la formation complète.

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