Deux massothérapeutes d’ici chez les Atikamekw

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Par Claude Hebert
Deux massothérapeutes d’ici chez les Atikamekw
Une quinzaine de mères autochtones

AUTOCHTONES – Deux professionnelles d’ici ont enseigné les rudiments du massage aux femmes de la communauté Atikamekw, le mois dernier, dans le village de Wemotaci.

«Nous avons été accueillis le 14 septembre dernier pour y réaliser une semaine d’activités. Le centre de santé local a mis à notre disposition deux locaux – un pour les ateliers avec enfants et l’autre pour offrir des massages aux participantes – que nous avons aménagés de façon à recréer des ambiances propices à la détente», précise Line Lachapelle, massothérapeute agrée de Farnham et co-instigatrice du projet.

Une quinzaine de mères autochtones, âgées entre 17 et 40 ans, ont participé au programme en compagnie d’un ou deux de leurs enfants, âgés entre trois mois et cinq ans. La plupart d’entre elles recevaient un massage pour la toute première fois.

«Deux intervenantes familiales de la communauté ont aussi pris part aux ateliers dans le but de poursuivre la démarche auprès de d’autres familles une fois notre projet terminé», signale Daisy Van Winden, massothérapeute de Saint-Jean-sur-Richelieu et co-instigatrice du projet.

Les objectifs du projet

La démarche du tandem Lachapelle-Van Winden visait à sensibiliser les mères aux bienfaits du massage pour le développement physique, psychique et affectif des enfants. Les ateliers ont par ailleurs permis aux participantes d’avoir davantage confiance en leur capacités parentales et d’améliorer leur estime personnelle.

«Dans une communauté isolée et touchée par nombre de problématiques sociales, le massage permet aux mères et à leurs enfants d’établir une relation sécurisante en développant une nouvelle routine familiale», indique Mme Lachapelle.

Au dire de cette dernière, les femmes du village portent de nombreuses responsabilités familiales sur leurs épaules et vivent beaucoup de stress. Les mères ont souvent la charge de plusieurs enfants en bas âge.

«Les commentaires positifs que nous avons reçus nous donnent à penser que le centre de santé et le conseil de bande pourraient donner leur aval à une deuxième série d’ateliers», ajoutent les deux massothérapeutes de 30 et 46 ans, d’un ton enthousiaste.

Ces dernières disent avoir beaucoup appris de leur expérience chez les Atikamekw de Wemotaci.

«Notre présence dans le village nous a permis de mieux comprendre la réalité des communautés autochtones. Les injustices auxquelles ont été confrontées les premières nations (les réserves, les pensionnats, etc.) ont créé des torts énormes. L’indifférence et l’ignorance des blancs à l’égard des communautés autochtones sont troublantes… et les préjugés persistent», poursuit Mme Lachapelle.

Signalons enfin que la bourse de 2 000 $ de la Fédération québécoise des massothérapeutes (FQM) et les recettes de la soirée bénéfice tenue chez Lagabière en mai dernier ont permis de défrayer la totalité des coûts du projet et d’acheter une table de massage pour la communauté.

 Les Atikamekw de Wemotaci

. Emplacement: 115 km au nord-ouest de La Tuque, en bordure de la rivière Saint-Maurice.

. Le peuple Atikamekw – dont le nom signifie «poissons blancs» – occupe le territoire depuis des millénaires.

. Population de 1 280 habitants, composée à 70 % de moins de 35 ans.

. Toute la communauté parle le français et l’atikamekw, qui sert de langue d’enseignement jusqu’à la troisième année du primaire.

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