Expédition Akor: l’aventure d’une vie pour Philippe Voghel-Robert

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Par Claude Hebert
Expédition Akor: l’aventure d’une vie pour Philippe Voghel-Robert
Philippe Voghel-Robert détient une formation technique en tourisme d’aventure. (Photo : Gracieuseté)

PLEIN AIR. Philippe Voghel-Robert a parcouru beaucoup de chemin, au sens propre comme au sens figuré, depuis son départ de Pigeon Hill à l’âge de 16 ans.

Après sa formation en sport-études natation à l’école secondaire Massey-Vanier, le jeune homme s’est exilé à Gaspé pendant trois ans pour y suivre une formation technique en tourisme d’aventure.

Une fois son diplôme d’études collégiales en poche, Philippe s’est joint à l’équipe de moniteurs, instructeurs et guides d’expédition du camp de vacances Kéno, à Saint-Léonard-de-Portneuf. Une expérience enrichissante qui s’est étalée sur une bonne décennie.

«J’y ai fait la connaissance de trois des membres de l’expédition AKOR, avec qui j’ai rendez-vous, dans les prochains mois, pour la plus longue traversée du Canada dans un axe nord-sud jamais tentée», indique-t-il.

Travail auprès des jeunes

M. Voghel-Robert travaille comme technicien en plein air à l’école secondaire du Mont Saint-Sacrement, à Saint-Gabriel-de-Valcartier, depuis cinq ans.

«Mon travail consiste à initier les jeunes de la première à la cinquième année du secondaire aux sports de plein air: canot-camping, kayak, escalade, fatbike et autres disciplines connexes. Plusieurs centaines d’étudiants prennent ainsi goût à l’aventure et il n’est pas rare que je recroise quelques-uns d’entre eux sur les sites de plein air de la Ville de Québec. Certains participants attrapent vraiment la piqûre et décident de poursuivre dans le même domaine au cégep ou à l’université», résume-t-il.

Le jeune homme de 30 ans prend également plaisir à donner des conférences sur la motivation auprès de la clientèle étudiante.

Appel de l’aventure

Après plusieurs randonnées en Gaspésie, à l’été 2011, aux côtés de ses frères, Philippe a eu la chance de se familiariser avec les paysages arctiques lors d’un périple à vélo de 50 jours qui l’a conduit de la Belgique jusqu’au Cap-Nord, en Norvège, à la hauteur du 71e parallèle nord.

«Ma copine de l’époque m’a accompagné pendant deux semaines, mais j’ai fait tout le reste du trajet en solitaire», précise-t-il.

L’aventurier originaire de Saint-Armand a par ailleurs agi comme guide en 2018 pour une expédition de 28 jours sur la rivière Moisie, dans la région de la Côte-Nord.

«J’y suis retournée l’an dernier, avec les membres de l’expédition AKOR, pour un périple d’une vingtaine de jours», ajoute-t-il.

Expédition AKOR

Un petit groupe d’aventuriers québécois prendra part, dans les prochains mois, à un ambitieux voyage de 7600 km qui le conduira de l’île D’Ellesmere au Nunavut jusqu’au sud de l’Ontario. Une expédition de sept mois qui s’échelonnera de la mi-mars jusqu’au mois d’octobre.

Deux des membres de l’expédition AKOR feront le trajet dans son intégralité en ski, en canot et à vélo. Philippe Voghel-Robert et un autre participant se joindront à eux pour une traversée de 80 jours en canot sur une distance de 2000 km.

«J’ai notamment recueilli les témoignages de gens ayant déjà canoté là-bas pour m’aider dans la préparation de l’itinéraire. Je me suis également occupé de trouver les embarcations, l’équipement de survie et la nourriture sèche dont on aura besoin pour la portion canot de l’expédition. À l’heure actuelle, tout est stocké chez moi. Mon domicile ressemble à un véritable entrepôt», explique notre interlocuteur.

Voghel-Robert prévoit quitter le Québec le 26 mai prochain, puis se placer en quarantaine à Edmonton pendant 14 jours. Il s’envolera ensuite pour Gjoa Haven, un hameau du Nunavut situé sur l’île du Roi-Guillaume, à plus de 1000 km au nord-est de Yellowknife, pour rejoindre les autres membres de l’expédition vers le 10 juin.

«Les températures devraient osciller entre 0 et 10 degrés Celsius pendant une bonne partie du parcours. On ne s’attend pas à beaucoup de précipitations, mais on prévoit de forts vents, car les arbres se font rares dans le secteur. Durant les premières semaines, il nous faudra marcher sur la glace en tirant les canots derrière nous, avant d’affronter les crues printanières. Un tel voyage n’est pas de tout repos», avance-t-il.

Les pagayeurs sillonneront une série de lacs et de rivières au cœur de la toundra avant d’atteindre les premières routes de gravier de Black Lake, au nord de la Saskatchewan, vers la fin août ou le début de septembre. Un avion-cargo les aura rejoints, à mi-parcours, pour les ravitailler en nourriture et en équipements.

«Je prévois retourner au travail dès mon retour au Québec, car une expédition comme celle-là, au milieu de nulle part, requiert de gros investissements», poursuit M. Voghel-Robert.

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