Exploitation sexuelle: les régions rurales ne sont pas épargnées, selon le CALACS

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Par Eric Patenaude
Exploitation sexuelle: les régions rurales ne sont pas épargnées, selon le CALACS
Priscilla Viens et Catherine Rousseau sont les auteures du rapport sur l'exploitation sexuelle en Haute-Yamaska et Brome-Missisquoi mené pour le compte du CALACS. (Photo : GranbyExpress-Éric Patenaude)

COMMUNAUTÉ. L’image de l’exploitation sexuelle est souvent collée aux grands centres urbains en raison de l’omniprésence d’endroits dédiés à la prostitution. Le phénomène est tout autant perceptible, voire sournois, dans les régions rurales comme la Haute-Yamaska et Brome-Missisquoi, selon une étude menée par le Centre d’aide et de lutte contre les agressions sexuelles (CALACS).

Pour mieux cerner la problématique de l’exploitation sexuelle chez les femmes en région, le CALACS a mené une étude dans les derniers mois auprès de 29 organisations du milieu scolaire, communautaire et institutionnel. Au total, 109 personnes provenant des deux MRC ont participé à la recherche dirigée par Priscilla Viens et de Catherine Rousseau respectivement chargée de projet au CALACS et agente de recherche. Par ailleurs, huit femmes confrontées à l’exploitation sexuelle ont également pris part à l’exercice financé par le ministère de la Sécurité publique.

«On a effectué un portrait de la problématique de l’exploitation sexuelle sur les deux territoires afin d’en déterminer l’ampleur, les formes, les contextes ainsi que les caractéristiques des personnes directement touchées par la problématique», a expliqué Priscilla Viens, du CALACS.

Dans son rapport d’une quarantaine de pages, le CALACS en vient à la conclusion que les formes d’exploitation sexuelle (massage érotique et danse nue, prostitution de survie et de fin de mois, escorte, échange et partage de photos et vidéos en ligne) font partie du vécu quotidien ou occasionnel de femmes qui résident dans l’une ou l’autre des MRC. Un constat basé et validé à partir des propos et des témoignages émis par la vingtaine d’organismes rencontrés.

«La fréquence de l’exploitation sexuelle, les milieux (scolaire, communautaire, institutionnel) nous disent que c’est difficile à évaluer. Ça va varier beaucoup selon les services offerts par les organismes (…). Et puisque c’est peu dévoilé par les femmes, ça prend plusieurs rencontres pour créer un lien de confiance avec l’intervenante pour que finalement la femme révèle l’exploitation sexuelle. Dans les faits, tous les organismes s’entendent pour dire que le nombre réel de situations d’exploitation est plus élevé que ce qu’ils connaissent», a indiqué Catherine Rousseau, agente de recherche.

Plus de détails à venir...

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