Farnham encourage le recours aux conducteurs désignés

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Par Claude Hebert
Farnham encourage le recours aux conducteurs désignés
Julie Paquette

Le Carrefour culturel de Farnham lance un nouveau programme de reconnaissance pour les conducteurs désignés. Avec l’entrée en vigueur du règlement tolérance zéro pour les moins de 21 ans, l’organisation juge important de poser un geste concret pour aider cette clientèle.

Les conducteurs désignés de ce groupe d’âge pourront désormais consommer des boissons non alcoolisées gratuitement lors des spectacles au marché public La Station gourmande, ainsi qu’aux Mardi shows, des concerts en plein air présentés durant la saison estivale. Cette offre s’adresse aux jeunes automobilistes moins de 21 ans ayant pour mandat de ramener à bon port un minimum de trois personnes. Pour se prévaloir de cette offre, les intéressés devront se présenter au bar, fournir une pièce d’identité permettant d’établir leur âge et mentionner au personnel qu’ils agissent comme conducteurs désignés. On leur remettra alors un écusson permettant de les identifier tout au long de la soirée. Les membres du Carrefour culturel de Farnham sont fiers de cette initiative et croient important d’encourager les groupes à trouver des solutions favorisant un retour à la maison en toute sécurité. «Nous espérons que l’idée de notre bénévole Denise Thibeault fera du chemin et sera reprise par d’autres organisations», indique Julie Paquette, directrice adjointe au Service des loisirs, de la culture et du tourisme à la Ville de Farnham. Pour plus d’information sur l’initiative du Carrefour culturel, on peut visiter le site www.ville.farnham.qc.ca ou téléphoner au 450 293-3178.

L’imagination a toujours sa place

Le programme de reconnaissance mis de l’avant par le Carrefour culturel de Farnham n’est pas unique en soi, mais constitue «un beau geste de responsabilité sociale», signale Jean-Marie de Koninck, président de la Table québécoise de la sécurité routière.

«Certains restaurateurs et tenanciers de bars offrent déjà des boissons non alcoolisées aux conducteurs désignés. Ce genre d’initiative est cependant beaucoup plus rare au sein des organisations publiques», reconnait le célèbre porte-parole d’Opération Nez rouge.

Ce dernier considère que ce type de programme profite à tout le monde. Le tenancier peut vendre une bouteille de vin additionnelle aux clients pouvant compter sur la présence d’un conducteur désigné alors que les autres passagers s’assurent de pouvoir regagner leur domicile en toute sécurité.

«Tout le monde est gagnant dans cette histoire, pas seulement le conducteur désigné qui reçoit quelques consommations non alcoolisées gratuites», résume-t-il.

M. de Koninck précise que la formule de covoiturage est particulièrement populaire en Europe de l’Ouest, où le taux d’alcoolémie est nettement plus bas qu’au Québec.

«En France et en Belgique, le taux d’alcoolémie dot être inférieur à .05 %. En Suède et en Norvège, c’est .02 %. À ce rythme-là, les restaurateurs et tenanciers doivent faire preuve d’imagination et prendre des initiatives s’ils veulent s’assurer que les gens continuent à fréquenter leur établissement. Ça peut même aller jusqu’à offrir le repas gratuit au conducteur désigné», explique-t-il.

Un bilan routier encourageant

Le fondateur d’Opération Nez rouge continue de croire qu’il faut dissocier consommation d’alcool et conduite automobile.

«Si la loi était plus sévère au chapitre du taux d’alcoolémie, les automobilistes prendraient moins de chance et opteraient pour une solution de rechange dès qu’ils se présentent dans un party ou dînent au restaurant. Ça deviendrait une habitude, une sorte d’automatisme», affirme celui qui a fait campagne pour un taux d’alcoolémie de 0,05 % en sol québécois.

Au dire de ce dernier, les politiciens ont refusé de le suivre dans cette voie car le taux d’acceptabilité d’une baisse du taux d’alcoolémie dépassait à peine les deux tiers (67 %).

«En 1999, le taux d’acceptabilité pour les radars-photo n’était que de 55 %. Les politiciens ont finalement accepté de bouger quand ils ont constaté que le taux d’acceptabilité était grimpé à 80 %», ajoute M. de Koninck, à titre d’exemple.

Le principal intéressé admet que les décès routiers ont diminué de façon importante depuis quelques décennies (800 cas dans les années 80 contre 165 à 180 de nos jours). Les décès routiers liés à la consommation d’alcool sont également à la baisse (50 % dans les années 70 contre 30 % aujourd’hui).

«Ça semble être une nette amélioration, mais il faut quand même considérer qu’un décès routier sur trois est toujours attribuable à l’alcool au volant. On ne doit pas non plus oublier que la route fait 40 000 blessés chaque année, y compris 1 900 blessés graves. On parle ici d’un blessé à toutes les douze minutes, ce n’est quand même pas rien !», insiste M. de Konninck.

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