Guy Poulin prêt à se battre

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Par Claude Hebert
Guy Poulin prêt à se battre
L'homme d'affaires Guy Poulin a opéré un commerce au 433 Jacques-Cartier à Farnham pendant quelques années avant de l’offrir en location.

La Ville de Farnham songe à acquérir le terrain commercial de l’homme d’affaires Guy Poulin situé à l’intersection de la route 104 et de la rue Jacques-Cartier. Le conseil a adopté un avis d’expropriation en ce sens lors de la séance régulière du mois d’août. Le principal intéressé compte se battre pour conserver son lot.

M. Poulin loue présentement l’ancien garage du 433 Jacques-Cartier au propriétaire d’une voiture de course pour des fins d’entreposage et d’entretien mécanique. Un autre commerçant utilise par ailleurs une partie du terrain pour la vente de voitures usagées depuis le mois dernier.

Le site, acquis par Guy Poulin en 1995, vaudrait actuellement 127 000 $ selon l’évaluation municipale. «Le bâtiment de briques est propre et bien entretenu, mais la toiture aurait besoin d’être remplacée», précise le propriétaire des lieux.

La Ville est intéressée à en faire l’acquisition, mais souhaite d’abord vérifier s’il y a présence de contaminants sur le site et, si oui, combien pourraient coûter les travaux de décontamination. «Il faut se rappeler que le terrain a déjà accueilli un poste d’essence», explique le directeur général de la municipalité, François Giasson.

Les autorités municipales ne sont pas autorisées à commander une étude de sol sans avoir adopté au préalable un avis d’expropriation. Il s’agit d’une procédure obligatoire, signale M. Giasson.

Nouvelle vocation?

À l’heure actuelle, l’administration Hüsler ne semble avoir aucun projet précis pour le site et laisse entendre que sa démarche vise avant tout à améliorer l’apparence de cette importante entrée de ville.

«Ce n’est pas le rôle d’une ville de faire de la spéculation avec l’achat de terrains», rétorque M. Poulin.

Les autorités municipales voient les choses d’un autre œil et considèrent qu’elles ne doivent pas hésiter à saisir les opportunités qui se présentent à elles pour embellir la municipalité ou constituer une banque de terrains susceptibles d’intéresser d’éventuels investisseurs.

Farnham a réalisé plusieurs transactions à des fins similaires au cours des dernières années. Des édifices commerciaux de la rue Principale (ex-Farnham News, ancien salon Guy Gendron) et de la rue Jacques-Cartier (ancienne cantine, ancien immeuble du Groupe Malenfant) ont notamment été acquis par la municipalité.

«La Ville devrait commencer par remplir les emplacements qu’elle a fait démolir avant de constituer de nouvelles réserves de terrains. L’acquisition et la démolition de l’édifice de René Audette ont non seulement coûté cher, mais ont aussi fait perdre à la municipalité plusieurs milliers de dollars par année en taxes. Il ne faut pas oublier que le site est toujours vacant cinq ans après la transaction. Selon mes calculs, la dette municipale atteindra près de 22M $ à la fin de la présente année», indique M. Poulin.

La municipalité estime pour sa part que la dette s’élèvera à 21 358 800 $ au 31 décembre 2013, mais prend soin de préciser qu’une partie de cette dette (3 684 889 $) sera épongée par les gouvernements (subventions).

Une longue saga

Guy Poulin estime que son terrain est «le seul spot attrayant sur le territoire de Farnham» et précise qu’il n’a pas l’intention de le laisser aller à rabais.

«Comme la Ville a vendu des terrains à bas prix, certains acheteurs potentiels croient que je vais leur céder l’édifice du 433 Jacques-Cartier pour des peanuts. Ils semblent oublier que le site est appelé à prendre de la valeur avec l’ouverture prochaine de la route de contournement qui détournera une partie du trafic du centre-ville», affirme l’homme d’affaires.

M. Poulin, qui a eu plusieurs démêlés avec l’administration municipale, continue de prétendre que la Ville lui a fait perdre des revenus importants au fil des ans. Celui-ci a porté l’affaire devant les tribunaux et a été dédommagé pour une perte de six mois de loyer à la suite d’un jugement de la Cour. Il estime toutefois que le dédommagement obtenu ne compense pas la perte de droits acquis et la baisse de la valeur du bâtiment.

«Je considère que le projet d’expropriation de cet édifice est une vengeance personnelle à mon endroit. On veut me détruire sans raison valable à la suite des lettres d’opinion que j’ai envoyées aux journaux (…) On m’a fait le même coup au 1144, Saint-Paul, il y a quelques années, en m’empêchant d’avoir deux commerces dans la même bâtisse. D’autres marchands ont cependant plus d’un commerce sous le même toit et n’ont jamais été incommodés», conclut M. Poulin, d’un ton vindicatif.

 

 

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