Industrie du bois: la lueur au bout de la forêt

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Par Claude Hebert

Les scieries du Québec ont connu leur part de difficultés ces dernières années en raison de la baisse des commandes attribuable à la récession économique. Plusieurs d’entre elles ont carrément fermé leurs portes alors que d’autres ont été contraintes de diversifier leur production pour survivre. Produits forestiers Saint-Armand (PFS) fait partie de la deuxième catégorie.

«La production actuelle n’a rien à voir avec celle du milieu des années 2000, mais on commence à voir une lueur au bout du tunnel. On produit actuellement 200 000 pmp (pieds mesure de plancher) par semaine, ce qui équivaut à la moitié de notre capacité de production», indique Jean-David Alder, fils du fondateur et copropriétaire de l’entreprise.

La scierie de Saint-Armand reçoit une dizaine de livraisons de billots par jour pour combler ses besoins actuels.  Il y a quelques années à peine, on y effectuait une centaine de livraisons chaque semaine, la cour à bois étant le théâtre d’un va-et-vient constant.

La baisse de production s’est également traduite par une baisse de revenus. Les ventes de PFS n’ont guère dépassé 6M $ en 2011 alors qu’elles s’élevaient à 15M $ en 2005.

Les exportations de bois franc en Europe ont diminué de façon drastique – sauf en Allemagne – alors que les ventes aux États-Unis s’améliorent petit à petit. De 20% à 30% du volume d’affaires de PFS dépend toujours des marchés étrangers.

«Beaucoup de manufacturiers américains, qui avaient choisi de fabriquer leurs produits en Asie, sont de retour aux États-Unis. Ça crée une demande additionnelle», explique M. Alder.

Ce dernier précise que la courbe de l’offre et de la demande fluctue constamment, les propriétaires de scieries québécoises n’hésitant pas à réactiver certaines installations opérant au ralenti lorsque le besoin s’en fait sentir.

«Quand le nombre de scieries en opération augmente, on inonde le marché en un rien de temps», poursuit le copropriétaire de PFS.

Une bouée de sauvetage

La scierie de Saint-Armand a diversifié sa production, au fil des ans, pour pallier à une baisse de la demande chez les fabricants de meubles et de planchers de bois franc.

PFS a notamment choisi d’accentuer sa présence dans le domaine des dormants pour chemin de fer (2008) tout en se lançant dans le sciage sur quartier pour la fabrication de produits haut de gamme (2008) et la production de planches très larges avec rebord d’écorce (2009-2010). Des spécialités, produites en petites quantités, qui représentent désormais 10%, 5% et 1% respectivement du volume de sciage de l’entreprise.

«La production de dormants est passée de 8 000 en 2008 à 20 000 en 2010. Cette année, on prévoit en tailler 30 000», précise Jean-David Alder.

La famille Alder a également fait preuve d’audace en construisant une usine spécialisée dans la fabrication de bûches écologiques. Ces produits, fabriqués avec de la planure, génèrent aujourd’hui 15% du chiffre d’affaires de l’entreprise.

«On utilise les résidus de bois de nos scieries et ceux de nos clients pour alimenter cette usine qui produit 20 bûches à la minute (une tonne à l’heure)», poursuit le fils du fondateur.

Des signes de reprise

Les efforts de diversification de PFS commencent à porter fruit. Tous les séchoirs de l’entreprise de Saint-Armand sont maintenant en opération et les propriétaires viennent de réactiver leur usine de sciage de 7M $. Dix ans après sa construction, cette dernière est toujours considérée comme l’une des plus modernes au Québec et au nord des États-Unis pour le bois franc.

«Ces dernières années, on utilisait presque uniquement notre ancienne scierie. Si la capacité de production de la nouvelle usine est nettement supérieure à celle de l’ancienne, nos vieilles installations offrent l’avantage d’être plus flexibles quand vient le temps de produire en petites quantités», explique M. Alder.

PFS a embauché une quinzaine d’employés le printemps dernier et a maintenant recours aux services d’une soixantaine de personnes (manutentionnaires, classificateurs, scieurs, affûteurs de scie, mécaniciens de machinerie fixe et de matériel roulant, etc.). L’entreprise employait 80 travailleurs dans les bonnes années. Ses deux scieries opèrent sur un seul quart de travail.

 

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