Internet à deux vitesses

Internet à deux vitesses
La Montérégie présente des résultats sous la moyenne. 94 % de ses entreprises ont accès à la haute vitesse

INTERNET. Pour les consommateurs, une vidéo saccadée ou une conversation sur Skype inaudible peut causer une frustration aiguë. Pour les entreprises, toutefois, le coût d’une connexion lente est synonyme de perte en productivité. Or, au Québec, l’accessibilité à Internet varie radicalement d’une région, voire d’une rue à l’autre.

Les limites de l’infrastructure Internet en région sont bien réelles. La haute vitesse, soit d’au moins 5 Mbit/s, se rend, mais il est souvent difficile d’obtenir de meilleurs débits. En effet, 95,3 % des entreprises québécoises de cinq employés ou plus qui sont branchées disposent d’une connexion haute vitesse, selon l’Institut de la statistique du Québec. La Montérégie présente des résultats sous la moyenne. 94 % de ses entreprises ont accès à la haute vitesse, ce qui lui confère le treizième rang sur 16. Elle améliore à peine son classement (12e) quand vient le temps d’aborder la très haute vitesse (100 Mbit/s), qui rejoint 13,6% des entreprises.

Mais en 2015, une connexion de 5 Mbit/s ne suffit plus pour une PME aux processus d’affaires modernes. Ce sont celles à très haut débit, oscillant entre 100 Mbit/s et 1 Gbit/s, qui constituent la nouvelle norme d’excellence en entreprise. «Si on veut visionner de la vidéo, si on veut faire de la télématique [géolocalisation via des GPS connectés] ou télécharger des documents, 5 Mbit/s, ça va permettre de faire un des trois, mais pas les trois en même temps, soutient Gaston Dufour, directeur général associé de la Fédération des coopératives de câblodistribution du Québec (FCCQ). Une vitesse de 100 Mbit/s, c’est le minimum acceptable pour une entreprise aujourd’hui.» 

Dans le parc industriel de Granby, les entreprises sont peu nombreuses à se doter d’une telle connexion. Patrick Saint-Laurent, directeur de Granby Industriel, estime la proportion à environ un sur dix. Il observe toutefois une nette tendance à la hausse.

La fibre optique dans le parc industriel

La fibre optique n’est pas présente partout sur le territoire, loin de là. Mais ce n’est pas qu’en région qu’elle ne se rend pas. Même certaines entreprises du parc industriel de Granby ne peuvent compter sur cette avancée. Granby concluait il y a quelques années une entente avec Xittel, permettant de couvrir 80 % de la zone industrielle de cette technologie. La Ville répètera l’expérience avec la même compagnie pour la desserte de la zone englobant l’agrandissement du parc industriel. Les entreprises ont toujours la liberté d’opter pour d’autres fournisseurs Internet, dont l’accès au web est assuré par le câble.

«C’est de la libre concurrence et c’est important pour nous que cette accessibilité existe, parce que la productivité d’une entreprise est étroitement liée à sa capacité à recevoir et à transmettre de l’info», laisse entendre M. Saint-Laurent, citant en exemple une entreprise qui transmet des plans d’ingénierie à travers des logiciels tels AutoCAD. «Ça prend de l’espace et les entreprises aiment les envoyer et les recevoir pratiquement en temps réel.» Question d’augmenter le débit de son réseau, Bell s’apprêterait d’ailleurs à accentuer le déploiement de la fibre optique à Granby, lui permettant d’atteindre de très hautes vitesses.  

Un problème qui passe sous l’écran radar

Les connexions de 100 Mbit/s et plus sont loin d’être offertes partout au Québec. Elles le sont rarement en dehors de principaux centres urbains. Dans les faits, chaque région, voire chaque code postal de la province a ses enjeux et les vitesses maximales varient beaucoup d’un endroit à l’autre. Alors que certaines zones n’ont pas accès à l’Internet haute vitesse, d’autres sont limitées à des connexions hautes vitesses relativement lentes de 5, 10 ou 15 Mbit/s.

Les travailleurs autonomes plus touchés

L’ensemble des intervenants s’entendent toutefois pour dire que tout repose sur les besoins des entreprises. «90 % des entreprises qui ont accès à un système filaire (câble), qui peut offrir jusqu’à du 50 Mbit/s, sont bien desservies. Mais il y a toujours des exceptions», relate Guy Lussier, ingénieur et associé principal chez Yuvo, une firme offrant aux entreprises une expertise technologique.

Selon Tania Szymanski, conseillère en développement rural et économie sociale au CLD Brome-Missisquoi, les problèmes de vitesse touchent surtout une certaine classe de travailleurs. «Nous sommes desservis sur l’ensemble du territoire de la MRC. Ceci étant dit, le type de technologie offerte demeure très variable et elles ne sont pas toutes au même niveau. La plupart des entreprises sont naturellement situées dans des zones plus densément peuplées, donc ça aide. Selon nos observations, il peut y avoir certains problèmes pour les travailleurs autonomes ayant leur bureau à domicile. Les solutions sont là, mais ils devront payer un peu plus cher.»

Si certaines PME sont affectées par la lenteur de leur connexion Internet, c’est un problème qui passe sous l’écran radar d’un grand nombre d’entre elles. En effet, les entreprises situées dans des zones où la vitesse Internet est restreinte semblent moins nombreuses à adopter les logiciels en ligne et de ce fait, ne ressentent pas toutes les limitations découlant de leur connexion Internet. «Il y a toujours du travail à faire, mais on a quand même fait un bon bout de chemin», de conclure Guy Lussier.

De petits joueurs plus présents dans le résidentiel

Internet: carte interactive

Pour consulter, la carte interactive en lien avec notre dossier sur l’Internet à double vitesse, rendez-vous sur le site LesAffaires.com.

Les limites de l’infrastructure Internet en région sont bien réelles. La haute vitesse, soit d’au moins 5 Mbit/s, se rend, mais il est souvent difficile d’obtenir de meilleurs débits. En effet, 95,3 % des entreprises québécoises de cinq employés ou plus qui sont branchées disposent d’une connexion haute vitesse, selon l’Institut de la statistique du Québec. La Montérégie présente des résultats sous la moyenne. 94 % de ses entreprises ont accès à la haute vitesse, ce qui lui confère le treizième rang sur 16. Elle améliore à peine son classement (12e) quand vient le temps d’aborder la très haute vitesse (100 Mbit/s), qui rejoint 13,6% des entreprises.

Mais en 2015, une connexion de 5 Mbit/s ne suffit plus pour une PME aux processus d’affaires modernes. Ce sont celles à très haut débit, oscillant entre 100 Mbit/s et 1 Gbit/s, qui constituent la nouvelle norme d’excellence en entreprise. «Si on veut visionner de la vidéo, si on veut faire de la télématique [géolocalisation via des GPS connectés] ou télécharger des documents, 5 Mbit/s, ça va permettre de faire un des trois, mais pas les trois en même temps, soutient Gaston Dufour, directeur général associé de la Fédération des coopératives de câblodistribution du Québec (FCCQ). Une vitesse de 100 Mbit/s, c’est le minimum acceptable pour une entreprise aujourd’hui.» 

Dans le parc industriel de Granby, les entreprises sont peu nombreuses à se doter d’une telle connexion. Patrick Saint-Laurent, directeur de Granby Industriel, estime la proportion à environ un sur dix. Il observe toutefois une nette tendance à la hausse.

La fibre optique dans le parc industriel

La fibre optique n’est pas présente partout sur le territoire, loin de là. Mais ce n’est pas qu’en région qu’elle ne se rend pas. Même certaines entreprises du parc industriel de Granby ne peuvent compter sur cette avancée. Granby concluait il y a quelques années une entente avec Xittel, permettant de couvrir 80 % de la zone industrielle de cette technologie. La Ville répètera l’expérience avec la même compagnie pour la desserte de la zone englobant l’agrandissement du parc industriel. Les entreprises ont toujours la liberté d’opter pour d’autres fournisseurs Internet, dont l’accès au web est assuré par le câble.

«C’est de la libre concurrence et c’est important pour nous que cette accessibilité existe, parce que la productivité d’une entreprise est étroitement liée à sa capacité à recevoir et à transmettre de l’info», laisse entendre M. Saint-Laurent, citant en exemple une entreprise qui transmet des plans d’ingénierie à travers des logiciels tels AutoCAD. «Ça prend de l’espace et les entreprises aiment les envoyer et les recevoir pratiquement en temps réel.» Question d’augmenter le débit de son réseau, Bell s’apprêterait d’ailleurs à accentuer le déploiement de la fibre optique à Granby, lui permettant d’atteindre de très hautes vitesses.  

Un problème qui passe sous l’écran radar

Les connexions de 100 Mbit/s et plus sont loin d’être offertes partout au Québec. Elles le sont rarement en dehors de principaux centres urbains. Dans les faits, chaque région, voire chaque code postal de la province a ses enjeux et les vitesses maximales varient beaucoup d’un endroit à l’autre. Alors que certaines zones n’ont pas accès à l’Internet haute vitesse, d’autres sont limitées à des connexions hautes vitesses relativement lentes de 5, 10 ou 15 Mbit/s.

Les travailleurs autonomes plus touchés

L’ensemble des intervenants s’entendent toutefois pour dire que tout repose sur les besoins des entreprises. «90 % des entreprises qui ont accès à un système filaire (câble), qui peut offrir jusqu’à du 50 Mbit/s, sont bien desservies. Mais il y a toujours des exceptions», relate Guy Lussier, ingénieur et associé principal chez Yuvo, une firme offrant aux entreprises une expertise technologique.

Selon Tania Szymanski, conseillère en développement rural et économie sociale au CLD Brome-Missisquoi, les problèmes de vitesse touchent surtout une certaine classe de travailleurs. «Nous sommes desservis sur l’ensemble du territoire de la MRC. Ceci étant dit, le type de technologie offerte demeure très variable et elles ne sont pas toutes au même niveau. La plupart des entreprises sont naturellement situées dans des zones plus densément peuplées, donc ça aide. Selon nos observations, il peut y avoir certains problèmes pour les travailleurs autonomes ayant leur bureau à domicile. Les solutions sont là, mais ils devront payer un peu plus cher.»

Si certaines PME sont affectées par la lenteur de leur connexion Internet, c’est un problème qui passe sous l’écran radar d’un grand nombre d’entre elles. En effet, les entreprises situées dans des zones où la vitesse Internet est restreinte semblent moins nombreuses à adopter les logiciels en ligne et de ce fait, ne ressentent pas toutes les limitations découlant de leur connexion Internet. «Il y a toujours du travail à faire, mais on a quand même fait un bon bout de chemin», de conclure Guy Lussier.

De petits joueurs plus présents dans le résidentiel

Internet: carte interactive

Pour consulter, la carte interactive en lien avec notre dossier sur l’Internet à double vitesse, rendez-vous sur le site LesAffaires.com.

Lexique Internet

Mbit/s

Il s’agit de l’abréviation de Mégabits par seconde, une unité qui permet de mesurer la vitesse d’une connexion Internet. Elle correspond au nombre de mégabits (un million de 0 et de 1) qui peut transiter par une connexion Internet chaque seconde. À moins d’une indication contraire, tous les débits exprimés en Mbit/s dans cet article sont en téléchargement.

Internet haute vitesse

Une connexion Internet est considérée à haute vitesse lorsque son débit est d’au moins 5 Mbit/s.

Internet à très haute vitesse

Une connexion Internet est considérée à très haute vitesse lorsque son débit est d’au moins 100 Mbit/s.

 

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