La traite robotisée allégera la charge de travail de deux producteurs d’ici

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Par Claude Hebert
La traite robotisée allégera la charge de travail de deux producteurs d’ici
Claude Phoenix et Karine Marcoux ont pris les commandes de la ferme laitière de 65 vaches en 2009. L’entreprise familiale avait été fondée en 1946 par Gérard Phoenix, le grand-père du propriétaire actuel, avant d’être reprise en main par son fils Fernand en 1969. (Photo : L’Avenir & Des Rivières – Claude Hébert)

AGRICULTURE. Avec 65 vaches en lactation, les producteurs laitiers Claude Phoenix et Karine Marcoux, de Sainte-Sabine, en avaient plein les bras et devaient travailler jusqu’à 18 heures par jour pour suffire à la demande. L’acquisition de deux robots de traite leur permettra de souffler un peu.

En agriculture, comme dans bien d’autres domaines, la pénurie de main-d’œuvre force les propriétaires d’entreprises à prendre les bouchées doubles.

Les propriétaires de troisième génération du Domaine Phoenix inc. peuvent compter sur l’appui de l’ancien propriétaire de la ferme familiale, Fernand Phoenix, mais n’ont pas encore de relève. Les enfants du couple, âgés de quatre, six, huit et neuf ans, donnent déjà un coup de main en dehors des heures de classe, mais n’ont pas encore l’âge requis pour prendre en charge le troupeau.

«Nous avons publié des offres d’emploi afin de dénicher du personnel pour la traite des vaches, mais ça n’a rien donné. Nous avons également envisagé la possibilité de faire venir de la main-d’œuvre étrangère, mais avons finalement opté pour la traite robotisée», explique le producteur Claude Phoenix, qui détient un diplôme d’études collégiales en gestion et exploitation des entreprises agricoles.

L’acquisition de deux robots de traite, au coût de 445 000 $, leur offrira une plus grande flexibilité en termes d’horaire de travail.

«Nous ne serons plus otages des heures de traite, car avec un robot, la traite se fait de façon continue, 24 heures sur 24. Fini pour nous l’obligation de traire et de nourrir les vaches matin et soir, à heures précises», explique Karine Marcoux, agronome de formation et copropriétaire du Domaine Phoenix.

La traite robotisée permettra également à l’entreprise agricole de doubler son quota de lait.

«Avec deux robots, on sera en mesure d’augmenter notre capacité de production de 80 à 150 kilos de matière grasse par jour», ajoute Mme Marcoux.

Aide financière de 245 503 $

Le couple de Sainte-Sabine s’est prévalu du Programme d’investissement pour fermes laitières, implanté en août 2017 par le gouvernement canadien, dans le but d’améliorer la productivité et l’efficience des entreprises agricoles.

«Les demandeurs d’aide financière étant plus nombreux que les fonds disponibles, le gouvernement a décidé d’allouer l’argent aux premiers producteurs inscrits. Nous avons tenté notre chance dès l’ouverture de la

période d’inscription en ligne, mais le nom de notre entreprise a été placé sur une liste d’attente», résume Mme Marcoux.

Les producteurs de Sainte-Sabine ont par la suite appris que leur demande de subvention avait été retenue et que le gouvernement canadien acceptait de leur verser 245 503 $.

«Nous avons commandé les robots de traite l’été dernier et venons tout juste de les recevoir. Il s’agit du A-5, le tout dernier modèle du fabricant européen Lely», un fabricant européen», précise la copropriétaire.

Cette dernière s’attend à une mise en service des nouveaux équipements avant le 11 décembre.

«Une équipe de techniciens de la compagnie Lely passera deux jours à la ferme pour le démarrage du nouveau système. Il nous faudra également être très présents dans l’étable, durant les deux premières semaines, afin d’habituer les vaches à se rendre d’elles-mêmes au robot de traite. Nous aurons également accès au support téléphonique des techniciens de l’entreprise, 24 heures sur 24, durant cette période d’adaptation et dans les mois subséquents», poursuit Mme Marcoux.

Les propriétaires du Domaine Phoenix ont déjà pris les devants en entrant, sur l’ordinateur fourni par la compagnie, toutes les données pertinentes sur leur troupeau.

Ils s’affairent par ailleurs à compléter l’aménagement d’une nouvelle laiterie et des espaces devant accueillir les robots de traite. Un investissement additionnel de 255 000 $.

 

UN ROBOT DE TRAITE, ÇA SERT À QUOI?

. Le robot effectue la traite de chacune des vaches, deux ou trois fois par jour, selon le bon vouloir de l’animal.

. Le robot identifie les vaches en fonction de leur collier et détermine s’il y a lieu de les traire.

. Le robot distribue de la moulée aux vaches en fonction d’un système de rations préétabli.

. Le robot identifie les vaches qui n’ont pas été traites ou qui n’ont pas mangé leur moulée.

. Le robot peut déterminer si une vache cesse de ruminer, ne se présente pas à la mangeoire.

. Le robot fournit des données sur la composition du lait de chaque animal (taux de gras, quantité de protéines, etc.).

. Le robot met de côté le colostrum (lait maternel qui sert à nourrir un nouveau-né) au lieu de l’acheminer au réservoir central.

. Le robot peut isoler, à l’aide d’une barrière, une vache qui doit être traitée ou subir un test de gestation.

Informations tirées d’une conversation avec les propriétaires du Domaine Phoenix

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