Le chanvre bio d’un producteur de Bedford sur les tablettes de la SQDC

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Par Claude Hebert
Le chanvre bio d’un producteur de Bedford sur les tablettes de la SQDC
Alla Malyezyk, cofondatrice de l’entreprise Après la pluie. (Photo : Gracieuseté)

CONSOMMATION. Le cofondateur de l’entreprise Les Jardins du chat noir, Aurélien Pochard, délaisse la culture maraîchère pour la production de chanvre biologique en extérieur, sans chauffage ni lumière artificielle. Sa conjointe assume désormais seule la production de légumes bios.

Le Bedfordois d’adoption croit que cette plante se prête relativement bien à la culture en extérieur sur de petites surfaces. Voilà pourquoi il a choisi de louer une terre d’une superficie de cinq acres, dont trois sont déjà en production, et de mettre sur pied l’entreprise Après la pluie, avec la complicité d’Alla Malyezyk.

En 2021, à sa première année d’expérimentation, M. Pochard a sélectionné sept variétés de cannabis autorisées par Santé Canada pour la production de fleurs et autres produits dérivés riches en cannabidiol (CBD). Il s’agit de variétés hybrides développées aux États-Unis et dans l’Ouest du Canada.

«Il s’agit d’une culture émergente au Québec – Après la pluie étant la deuxième entreprise d’ici à s’y intéresser – mais qui a déjà fait ses preuves ailleurs en Amérique du Nord. Le Vermont, où la production du chanvre CBD a vraiment décollé en 2019, a deux ou trois bonnes années d’avance sur nous. Les producteurs québécois peuvent ainsi bénéficier des recherches et de l’expertise de l’Université du Vermont en cette matière», signale le producteur artisanal.

Première plantation

Aurélien Pochard a débuté ses semis en mai dernier et mis les plants en terre le mois suivant.

«J’ai fait un premier essai avec 4600 plants. Trois des sept variétés cultivées dans mes champs ont donné des résultats prometteurs. Il s’agit du Rogue, de l’Umpqua et du Cherry Blossom», précise-t-il.

Le producteur de Bedford envisage la mise en terre de 4000 plants en juin prochain.

«Je vais me concentrer sur les trois variétés les plus performantes tout en faisant des essais avec les deux nouvelles variétés autorisées par Santé Canada pour 2022. Je m’attends à pouvoir augmenter les rendements au fil des ans sans avoir à planter davantage. Mon objectif, c’est de travailler à échelle réduite», ajoute-t-il.

M. Pochard privilégie des plants avec des systèmes racinaires très forts qui résistent bien aux vents et qui sont en mesure de puiser dans le sol les nutriments dont ils ont besoin.

Produit distinctif

La culture du chanvre biologique exige beaucoup de travail et de patience, comme toute plante annuelle cultivée à la main, mais permet d’obtenir un produit distinctif de haute qualité.

Une fois arrivés à maturité, les plants atteignent de quatre à six pieds de hauteur. Ils sont alors coupés et séchés pendant une semaine avant d’être soumis à une période d’affinage de deux mois.

«Cette étape permet d’affiner le goût du produit et favorise la conservation de la fleur», explique notre interlocuteur.

La fleur obtenue au terme de ce long processus contient de 15 % à 16 % de CBD, mais ne contient que 1 % de THC (tétrahydrocannabinol).

«J’ai pris soin d’installer des affiches dans mes champs pour expliquer la différence entre le cannabis THC et le chanvre CBD. Toute personne qui s’y présente saura ainsi que l’usage de mes plants ne permett pas d’obtenir un effet psychoactif (le fameux high)», mentionne le Bedfordois.

Création d’emplois

Le modèle d’affaires développé par l’entreprise Après la pluie permet de créer de l’emploi en hiver comme à l’automne.

«J’ai embauché une dizaine de personnes, l’automne dernier, pour les récoltes. Durant la saison froide, j’ai par ailleurs recours à une petite équipe de cinq employés qui s’occupe de la préparation des fleurs et de l’emballage du produit», résume M. Pochard.

Ce dernier estime qu’il serait également justifié d’embaucher deux personnes durant la saison estivale pour effectuer la taille et le tutorage des plants.

«Je ne l’ai pas fait l’an dernier, mais ça viendra», ajoute-t-il.

La distribution et la commercialisation des produits Six lunes sera assurée par ROSE ScienceVie, une entreprise de Huntingdon axée sur la consommation responsable du cannabis, en vertu d’une entente de partenariat rendue publique à la fin du mois dernier.

«Ma récolte Umpqua de 2021 est sur les tablettes de la Société québécoise du cannabis (SQDC) depuis le 25 janvier sous étiquette Six lunes. Mes autres variétés (Rogue, Cherry Blossom, etc.) seront commercialisées sous le même nom», précise le producteur de chanvre bio de Bedford.

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