Légalisation du cannabis: le milieu policier devra s’adapter

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Par Eric Patenaude
Légalisation du cannabis: le milieu policier devra s’adapter
la légalisation du «pot» ne marque pas pour autant la fin des opérations policières en matière de lutte contre la production illégale de cannabis. La Sûreté du Québec vient d'ailleurs de lancer le programme ACCES (action concertée contre l'économie souterraine) qui s'attaquera à la contrebande de cannabis (de la production illégale à la contrebande de quartier) sur tout le territoire québécois. (Photo : lAvenir & Des Rivières-archives)

SÉCURITÉ PUBLIQUE. La légalisation du cannabis forcera les corps policiers provinciaux et la Sûreté du Québec à revoir leurs pratiques à propos de cette substance longtemps prohibée au pays.  Une nouvelle réalité qui demandera une période d’adaptation aux dires des intervenants policiers contactés par lAvenir & Des Rivières.

Le Service de police de Bromont se prépare en vue de l’entrée en vigueur de la loi qui légalise l’usage de cannabis à des fins récréatives. À Bromont, l’usage du cannabis est interdit dans les lieux publics, à l’instar de l’alcool.

«[De dire qu’on est] prêts, c’est un grand mot, a déclaré le porte-parole du Service de police, Marc Tremblay. Les policiers suivent une formation en ligne sur le cannabis. Je vous dirais que ça va peut-être être un peu le branle-bas de combat au départ, mais on va s’ajuster avec le temps. C’est sûr qu’on va avoir des questionnements, mais je pense que les policiers vont bien connaître leur rôle et ça va bien se passer.»

Pour ce qui est des conduites avec facultés affaiblies, rien ne changera pour le moment à Bromont.

«On a un agent évaluateur ici et les policiers sur la route vont passer des épreuves de coordination de mouvement qui vont faire en sorte qu’on va procéder ou non à l’arrestation du conducteur. En venant au poste, l’agent fait l’évaluation de l’individu pour savoir si ses capacités étaient bel et bien affaiblies par la drogue.»

Si un appareil de détection du cannabis par la salive a été approuvé par le gouvernement fédéral, ni la Sûreté du Québec ni le Service de police de Bromont ne s’en sont procuré un pour l’instant.

La lutte se poursuivra

À la Sûreté du Québec, les policiers des territoires de la Haute-Yamaska et de Brome-Missisquoi appliqueront quant à eux la réglementation adoptée par les deux MRC.

«Notre rôle va t’être d’appliquer les règlements et on va s’adapter en fonction de la réglementation qui sera en vigueur», a indiqué la porte-parole de la Sûreté du Québec, Aurélie Guindon.

Selon la porte-parole de la SQ, l’ensemble des effectifs policiers de l’organisation recevront une formation en ligne offerte par l’École nationale de police du Québec sur le cadre législatif  au sujet du cannabis.

Par ailleurs, la légalisation du «pot» ne marque pas pour autant la fin des opérations policières en matière de lutte contre la production illégale de cannabis. La Sûreté du Québec vient d’ailleurs de lancer le programme ACCES (action concertée contre l’économie souterraine) qui s’attaquera à la contrebande de cannabis (de la production illégale à la contrebande de quartier) sur tout le territoire québécois. Avec la collaboration d’Éric Patenaude.

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