Les Walbridge à Mystic depuis 200 ans

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Par Claude Hebert
Les Walbridge à Mystic depuis 200 ans
La doyenne Jeannie Walbridge Blevins et Scott Walbridge (à gauche) acceptent un certificat soulignant le bicentenaire de l’implantation de la famille à Mystic des mains du président de la Société d’histoire de Missisquoi, Marc Grenon. (Photo : Gracieuseté)

PATRIMOINE. Si Mystic est reconnue pour sa grange rouge à douze côtés, beaucoup de gens ignorent que ce hameau a été le théâtre d’un vaste essor industriel, au 19e siècle, au lendemain de l’arrivée de la famille Walbridge.

L’ancêtre, Henry Walbridge, a quitté l’Angleterre en 1688 pour s’installer dans le Nouveau Monde, puis les générations suivantes se sont implantées au Vermont .

En 1822, Solomon Walbridge, un Nord-Américain de cinquième génération, quitte les États-Unis pour s’établir à Mystic. En moins de dix ans, ce pionnier deviendra un fermier relativement prospère tout en remplissant les fonctions de juge de paix et de capitaine de milice. Il exploitera également une taverne qui servira notamment d’auberge et de poste de relais pour les diligences.

En 1846, Alexander Solomon Walbridge, le fils de Solomon, part étudier le métier de constructeur de moulins à Littleton, au New Hampshire. À son retour à Mystic, le jeune homme détient une solide formation en charpenterie et en installations de mécanismes de moulins.

A. S. Walbridge repart ensuite pour les États-Unis où il acquiert une formation de mécanicien et agit comme responsable des moteurs à vapeur dans un atelier de Melone, N.Y.

Ce dernier revient dans son patelin d’origine en 1864 et fait construite une fonderie, une forge, un moulin à scie de trois étages et plusieurs hangars sur le domaine familial.

Cet entrepreneur et inventeur joue également un rôle de premier plan dans l’arrivée du chemin de fer à Mystic et utilise ce nouveau moyen de transport pour la livraison des roues de fer et autres objets manufacturés à la fonderie.

En 1881-18822, A. S. Walbridge se lance dans la construction de la grange dodécagonale (à douze côtés) et y installe une ingénieuse plaque tournante (turntable) empruntée au domaine ferroviaire.

S’inspirant de manoirs et châteaux aperçus en Europe, l’homme d’affaires fera ensuite construire une imposante résidence de brique dotée d’une serre de 9 mètres sur 21.

Domaine de 95 acres

Les descendants de la famille Walbridge, qui vivent toujours à Mystic, ont mis sur pied, en 1974, une fondation chargée de protéger le patrimoine historique et écologique de la propriété familiale de 95 acres.

En plus de la grange dodécagonale, classée monument historique en 2004 et accessible aux visiteurs depuis 2011, le domaine Walbridge comprend une remise regroupant les artefacts agricoles de la Société d’histoire de Missisquoi, la maison de ferme d’origine construite en 1843, l’église unie de Mystic érigée en 1882, une vieille école de bois blanc et le tout nouveau pont couvert commémoratif enjambant le ruisseau Walbridge.

«La grange à douze côtés et la remise à machinerie sont louées à la Société d’histoire Missisquoi pour la somme symbolique d’un dollar par an. La Fondation en est toujours propriétaire et voit à leur entretien», signale J. Hardy Craft, président de la Fondation de territoire de conservation Walbridge.

Un stationnement est également mis à la disposition des visiteurs de la grange dodécagonale et des cyclistes de passage dans la région.

Réserve naturelle

Une partie du domaine familial – 50 des 95 acres – a par ailleurs été convertie en réserve naturelle.

La reconnaissance de ce secteur protégé est le fruit du travail de l’Organisme de bassin versant de la baie Missisquoi (OBVBM) qui a initié les démarches auprès de la Fondation Walbridge, procédé aux inventaires et accompagné les propriétaires tout au long du processus de reconnaissance avec le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte aux changements climatiques.

Un marais filtrant y a également été aménagé avec la complicité de l’OBVBM et de l’Université McGill.

Située dans un corridor forestier à proximité de la rivière aux Brochets, cette réserve naturelle a une valeur écologique très élevée en raison de sa grande diversité floristique, de ses milieux humides et de ses peuplements forestiers distincts.

Le territoire abrite plus de 90 espèces floristiques, dont 10 espèces en situation précaire. On y retrouve également une grande diversité d’espèces fauniques incluant plus de 80 espèces d’oiseaux, dont plusieurs en situation précaire comme le martinet ramoneur, l’hirondelle rustique, la paruline du Canada et l’engoulevent d’Amérique.

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