Matières organiques: la Régie intermunicipale passe au plan B

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Par Claude Hebert
Matières organiques: la Régie intermunicipale passe au plan B
Les matières organiques représentent un portion importante des résidus acheminés au site d'enfouissement sanitaire du rang Saint-Joseph.

ENVIRONNEMENT. Les pourparlers de la Régie intermunicipale d’élimination des déchets solides de Brome-Missisquoi (RIEDSBM) avec les autres municipalités régionales de comté n’ont pas donné les résultats espérés. Les administrateurs s’apprêtent maintenant à passer au plan B.

À la recherche de partenaires pour la mise en place d’une usine de biométhanisation, la RIEDSBM a multiplié les approches auprès des MRC de Memphrémagog, du Haut-Richelieu et de la Haute-Yamaska au cours des 18 derniers mois. L’organisme responsable de la gestion du site d’enfouissement sanitaire de Cowansville voulait ainsi vérifier leurs besoins en matière de traitement des matières organiques et leur intérêt à travailler en partenariat.

«On n’a pas eu de retour concluant de la part de nos voisins de la Haute-Yamaska. On en conclut qu’ils préfèrent travailler seul de leur côté», indique Carole Lebel, directrice générale de la Régie.

La RIDESBM travaille à l’élaboration d’un projet d’usine de biométhanisation depuis nombre d’années et a déjà investi plusieurs dizaines de milliers de dollars dans l’aventure. La mise en place de telles installations permettrait de réduire de façon appréciable le volume de résidus destinés à l’enfouissement et de prolonger la durée de vie utile du dépotoir d’une douzaine d’années. Les clientes de la Régie (municipalités de la MRC de Brome-Missisquoi et des alentours) y trouveraient également leur compte, car ces dernières devront se plier aux exigences du ministère de l’Environnement concernant le traitement des matières organiques d’ici 2020.

Plan B

Incapable de trouver des partenaires intéressés à partager les frais de construction d’une telle usine, la RIEDSBM a décidé de réévaluer son projet. L’exercice de planification stratégique est actuellement en cours et devrait être complété pour décembre prochain.

«Le projet de mise en place d’une usine de biométhanisation est encore viable, mais à plus petite échelle. Il ne saurait être question d’investir 30M $ pour la construction d’installations d’une capacité de 25 000 tonnes métriques, car on n’a tout simplement pas le volume de matières organiques suffisant pour rentabiliser un tel projet», précise Mme Lebel.

La RIEDSBM évalue également la possibilité d’avoir recours à l’installation de plateformes de compostage pour le traitement des matières organiques.

«L’aménagement d’un site de compostage, c’est quelque chose de relativement simple et ça ne nécessite pas de volumes importants pour atteindre le seuil de rentabilité», signale le préfet de la MRC de Brome-Missisquoi et maire de Cowansville, Arthur Fauteux.

Qu’elle que soit l’option retenue, la RIEDSBM s’aligne dorénavant vers un projet plus modeste…

«Le nouveau projet sera pensé comme une petite maison qu’on peut agrandir. Si d’autres joueurs s’ajoutent en cours de route, il sera toujours possible de bonifier nos installations pour accueillir des volumes additionnels», explique la directrice générale de la Régie.

Il convient de rappeler que la Ville de Magog a abandonné son projet d’usine de biométhanisation le printemps dernier et signé un contrat avec la Régie intermunicipale de gestion des matières solides de la région de Coaticook, qui opère une plateforme de compostage sur andins desservant 13 des 17 municipalités de la MRC de Memphrémagog. On sait que la Magog était dans la mire de la RIEDSBM.

La MRC du Haut-Richelieu – un autre partenaire potentiel pour la RIEDSBM – a également fait son lit. Cette dernière a opté pour la construction, au coût de 11,5M $, d’un centre de compostage d’une capacité de 50 000 tonnes par an dans le secteur Saint-Athanase, à Saint-Jean-sur-Richelieu.

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