Pike River: projet de plantation de 35 000 arbres dans le prolongement de la 35

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Par Louise Bedard
Pike River: projet de plantation de 35 000 arbres dans le prolongement de la 35
Chantier à l’intersection du chemin Champlain et de la route 133, à Saint-Armand (Philipsburg). (Photo : Le Canada Français – Louise Bédard)

ENVIRONNEMENT. Une entente de 6,67 M$ est intervenue entre le gouvernement du Québec et l’Université du Québec à Montréal (UQAM) pour la réalisation d’un projet de recherche dans le cadre du prolongement de l’autoroute 35 entre Saint-Jean-sur-Richelieu et la frontière canado-américaine.

Le ministre des Transports, François Bonnardel, et la ministre déléguée à l’Éducation et députée de Brome-Missisquoi, Isabelle Charest, en ont fait état le 29 juin dernier.

Le projet vise à recréer environ 24,5 hectares de superficie boisée grâce à la plantation de 35 000 arbres. La réalisation et le suivi de ce projet seront assurés jusqu’en 2033. Cette compensation est située sur d’anciennes terres agricoles et vise à agrandir une forêt existante à Pike River.

Reboisement

L’objectif est de recréer un écosystème propice pour la faune et d’accroître la biodiversité. Plus d’une douzaine d’espèces d’arbres en raréfaction locale ou à statut précaire y sera plantée. Le projet comporte aussi un volet de recherche afin de mieux comprendre la restauration des écosystèmes forestiers.

«Notre gouvernement est fier de réaliser ce projet qui sort de l’ordinaire en collaboration avec des chercheurs spécialisés de l’UQAM. Cette initiative permet de compenser les répercussions sur l’environnement du prolongement de l’autoroute 35, ce qui est incontournable, en plus d’acquérir des connaissances précieuses pour les futurs projets de restauration», a déclaré le ministre Bonnardel.

Sa collègue, la ministre Charest a précisé que l’implantation de cette nouvelle forêt se fera dans la zone inondable de la baie Missisquoi, ce qui contribuera à l’infiltration et à la rétention de l’eau.

Recherche

Le projet a débuté en 2020 avec la transplantation d’arbres matures qui étaient situés dans la zone de construction de l’autoroute 35. Certains arbres atteignent 20 mètres de hauteur, ce qui permet d’accélérer le processus de création de la forêt, explique-t-on.

Divers suivis permettront de surveiller l’évolution de la forêt en plus de documenter la présence de la faune et de la flore dans le nouvel écosystème. Les démarches de reboisement visent aussi à freiner la présence d’espèces végétales exotiques envahissantes ou nuisibles.

Signalons que le site accueillera trois autres projets de compensation liés au prolongement de l’autoroute 35. Le premier en est un de compensation de l’habitat du poisson visant à créer des habitats favorables à la reproduction et à l’alimentation des espèces présentes dans la zone du projet. Le second est la création de milieux humides visant à fournir des habitats pour la faune en général et à veiller à ce que les différentes fonctions écologiques des milieux humides soient recréées. Le troisième consiste en un réaménagement de certaines terres agricoles enclavées par le prolongement de l’autoroute afin de les redonner à l’agriculture et ainsi consolider l’exploitation agricole dans le secteur.

Investissements

L’investissement pour la réalisation de ce projet de compensation est inclus dans la phase III du budget prévu pour le prolongement de l’autoroute qui est de 222,9 M$, comprenant une contribution financière de 82,1 M$ du gouvernement fédéral.

«La réalisation de ce projet exige une vision et de l’audace. Grâce à ce partenariat avec le ministère des Transports, nous pouvons le mener avec une approche écosystémique. Comme chercheurs et comme citoyens, nous devons faire mieux et faire plus pour recréer des habitats forestiers résilients qui survivront aux changements climatiques et aux phénomènes météo extrêmes», a dit Daniel Kneeshaw, titulaire de la Chaire de recherche UQAM sur la résilience et les vulnérabilités des forêts tempérée et boréale aux changements climatiques.

Prolongement

Le prolongement de l’autoroute 35 en est rendu à sa troisième de quatre phases de construction. Cette étape entreprise en août 2020 doit se terminer à l’automne 2023.

Cette troisième phase comporte deux lots de travaux. L’autoroute à Saint-Sébastien et à Pike River, sur une distance de 4,2 km, est terminée, tout comme le pont d’étagement de la route 202, qui passe au-dessus de la future autoroute 35.

En ce qui concerne le second lot des travaux, le prolongement de l’autoroute du chemin Molleur, à Pike River, à la jonction de la route 133 et des chemins Champlain et du Moulin, à Saint-Armand, est en cours d’exécution.

La construction d’un pont au-dessus de la rivière aux Brochets, à Pike River, est aussi en construction. L’aménagement d’un échangeur à la jonction de l’autoroute 35, du chemin Champlain et de la route 133, à Saint-Armand (Philipsburg), est aussi prévu dans cette phase des travaux. Dans une quatrième phase, les travaux seront effectués entre Saint-Armand et la frontière américaine.

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