Projet Héritage: des retombées de 647M $ en 40 ans

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Par Claude Hebert
Projet Héritage: des retombées de 647M $ en 40 ans
Le projet Héritage fournira un débouché aux 32 millions de tonnes de résidus qui s’amoncellent dans la carrière Graymont.

En permettant à Graymont de prolonger ses activités d’une quarantaine d’années, l’implantation d’un parc récréatif en périphérie de Bedford permettra le maintien de 70 emplois directs et de 112 emplois indirects. Les retombées pour la région, en salaires et en dépenses de toutes sortes, se chiffrent à 647M $ pour la période sous étude.

«Notre entreprise injecte 13M $ par an dans l’économie régionale. Cela représente 15% du produit intérieur brut (PIB) de Bedford, Bedford Canton, Stanbridge Station et Saint-Ignace», précise le directeur général de l’usine, Sébastien Villeneuve.

La construction du parc récréatif entraînera par ailleurs la création de 48 emplois additionnels et une valeur ajoutée de 3,6M $ en quatre ans pour la région de Bedford.

Il convient de rappeler que Graymont devra se départir de 32 millions de tonnes d’ardoise de schiste (shale) au cours du prochain demi-siècle. L’accumulation de ces résidus à l’intérieur de la carrière empêche l’entreprise d’accéder au calcaire servant à la fabrication de la chaux et menace par conséquent la poursuite de ses activités.

«Le projet Héritage fournira un débouché aux résidus et permettra de prolonger la durée de vie utile de la carrière d’une quarantaine d’années. Si rien n’est fait, nous serons contraints de mettre la clé dans la porte dans dix ans», explique Claudia Houde, surintendante de production chez Graymont.

Impact sur l’agriculture

Graymont a commandé toute une série d’études pour mieux connaître l’impact de l’aménagement du parc récréatif et apporter les correctifs qui s’imposent. La plupart de ces études sont déjà complétées et les résultats ont été transmis aux quatre municipalités concernées par le projet au cours du dernier mois.

«Nous avons déjà dépensé 800 000$ en études, évaluations préliminaires et travaux d’architecture. Les données recueillies nous permettront de mieux répondre aux attentes, craintes et préoccupations formulées l’an dernier par les élus, citoyens et agriculteurs du secteur dans le cadre des consultations publiques», signale M. Villeneuve.

L’analyse agricole révèle notamment que l’aménagement du parc augmentera la superficie des terres agricoles du secteur concerné de 139 à 157 hectares. Le changement d’usage (de terres cultivées à forêts) entraînera cependant un déclassement de ces parcelles de terrain.

«En d’autres mots, les terres agricoles gagneront en superficie, mais perdront en qualité. La réhabilitation d’un terrain industriel constitue en fait le seul gain significatif sur le plan qualitatif», reconnait le directeur de l’usine de Bedford.

La demande d’autorisation pour un changement d’usage a été déposée à la Commission de protection du territoire agricole du Québec au début d’octobre. La CPTAQ devrait réagir dans l’année qui vient en émettant un avis préliminaire. Ce sera ensuite au ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs (MDDEFP) de se pencher sur le dossier.

«La population devrait avoir accès au chalet, à l’amphithéâtre, aux jeux d’eau, aux sentiers pédestres et aux modules de jeu quatre ans après l’obtention des autorisations gouvernementales et le début des travaux d’aménagement», ajoute M. Villeneuve.

 

 

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