Projet Héritage: Graymont répond aux questions de la CPTAQ

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Par Claude Hebert
Projet Héritage: Graymont répond aux questions de la CPTAQ
Le projet de parc récréotouristique vise à relocaliser des dizaines de millions de tonnes d’ardoise sans valeur commerciale qui recouvrent le gisement de pierre calcaire enfoui dans la carrière Graymont de Bedford.

AUDIENCES – L’entreprise Graymont a eu l’opportunité de défendre son projet de parc récréotouristique, le mois dernier, devant la Commision de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ).

Pour l’occasion, le directeur de l’usine Graymont de Bedford, Sébastien Villeneuve, était accompagné de proches collaborateurs et de consultants en agriculture et en foresterie. Des élus municipaux de la région et le directeur-adjoint de la MRC de Brome-Missisquoi, Francis Dorion, ont également assisté à la rencontre.

«Les élu agissaient à titre de simples observateurs, les résolutions d’appui de la Ville et du Canton de Bedford ayant été déposées à la CPTAQ voilà plusieurs mois déjà. M. Dorion a joué un rôle plus actif en effectuant une présentation sur le schéma d’aménagement de la MRC», indique M. Villeneuve.

Premières impressions

Sébastien Villeneuve signale que les audiences de la CPTAQ ont permis aux promoteurs du projet Héritage de répondre aux interrogations soulevées par l’organisme de protection du territoire agricole.

«Nous avons fait valoir nos points, répondu aux questions et déposé des études complémentaires», résume le directeur de l’usine de Bedford.

Sans vouloir donner dans la flatterie, ce dernier laisse entendre que les commissaires ont fait preuve d’un grand professionnalisme.

«Les commissaires ont un travail à faire. Il faut respecter leur mandat et leur donner le temps de regarder nos plus récentes études (…) C’est à eux que reviendra la décision finale», affirme M. Villeneuve.

En réponse aux commissaires qui se demandaient s’il n’existe pas d’autres endroits moins contraignants pour l’agriculture pour réaliser le projet de parc récréotouristique, Gramont a été catégorique.

«Nous avons regardé autour de nos installations pour dénicher des sites de moindre impact, mais n’en avons pas trouvés. Il n’y a pas non plus de carrières désaffectées, où la compagnie pourrait déposer les 32 millions de tonnes d’ardoise sans valeur commerciale dont elle veut se départir. Les carrières les  plus proches sont toutes en opération», indique M. Villeneuve.

L’utilisation du site d’une ancienne sablière de petite superficie, pour les fins du projet Héritage, a déjà été approuvée par la CPTAQ en septembre dernier.

Autres arguments

Sébastien Villeneuve ajoute que l’entreposage temporaire de l’ardoise sur des terres agricoles, en attendant que Graymont  accède au gisement de pierre calcaire enfoui sous la matière inerte, n’est pas une solution envisageable. On se souviendra que la CPTAQ avait évoqué cette possibilité, à la fin mars, lors de l’émission d’un avis défavorable à la réalisation du  projet Héritage.

«Nous avons étudié ce scénario, mais l’avons rapidement rejeté. Une telle procédure mettrait en péril la viabilité de notre projet. Déplacer des millions de tonnes de résidus à deux reprises coûterait une petite fortune. Ça aurait également un impact négatif sur le voisinage, l’environnement (gaz à effet de serre) et le réseau routier (présence de véhicules lourds)», explique M. Villeneuve.

Graymont émet par ailleurs des doutes sur les avantages réels d’un tel scénario eu égard à la protection des terres agricoles.

«On s’interroge sérieusement sur la possibilité de remettre en culture des sols ayant servi au storage de millions de tonnes de pierre pendant plusieurs dizaines d’années», lance le porte-parole de l’entreprise.

Ce dernier ajoute que des études, menées au cours des deux dernières années, ont permis à Graymont de trouver «un juste équilibre» entre la hauteur et l’étendue des collines artificielles formées avec l’accumulation des résidus d’ardoise extraits de la carrière de l’entreprise.

«Un mini-Héritage nous a permis d’évaluer les problèmes d’érosion, l’épaisseur de terre arable minimale requise et le taux de survie de dix essences d’arbres sur des pentes plus ou moins abruptes. Nos études démontrent un taux de survie de 70 % sur des pentes ayant une inclinaison de 50 %», résume M. Villeneuve.

Il faut rappeler que la CPTAQ avait émis de sérieux doutes sur le taux de croissance des boisés du projet Héritage en raison de l’inclinaison et des caractéristiques du terrain.

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