Saint-Armand: la rivière de la Roche sert de banc d’essai pour la réduction du phosphore

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Par Claude Hebert
Saint-Armand: la rivière de la Roche sert de banc d’essai pour la réduction du phosphore
La baie Missisquoi est la portion transfrontalière du lac Champlain. Il y a principalement trois rivières qui s’y jettent: Missisquoi, aux Brochets et de La Roche. (Photo : Gracieuseté - OBVBM)

ENVIRONNEMENT. L’Organisme de bassin versant de la baie Missisquoi (OBVBM) et l’Institut de recherche et développement en agroenvironnement (IRDA) ont développé un nouvel outil destiné à appuyer les actions concertées des communautés du Québec et du Vermont dans la réduction des apports de phosphore au lac Champlain.

«La gestion du phosphore (P) est ciblée par le projet, dans la mesure où cet élément nutritif est reconnu comme le principal facteur contribuant à l’eutrophisation et l’éclosion des algues bleu-vert dans la baie Missisquoi», explique Anthoni Barbe, chargé de communication auprès de l’OBVBM.

Ce dernier signale que la baie Missisquoi reçoit en moyenne 209 tonnes (T) de phosphore par an. Environ 72 T (35%) de cette charge annuelle proviennent du Québec et 136 T proviennent du Vermont.

«Au Québec, une réduction des apports de P à la baie Missisquoi de 55% est dans la mire de façon à rencontrer la concentration ciblée de 25 ug P/L pour ce plan d’eau», résume M. Barbe.

La réalisation de l’étude financée par le ministère de l’Environnement et de la Lutte aux changements climatiques (MELCC) découle d’une recommandation de la Commission mixte internationale (CMI) formulée en avril 2020.

Un outil de planification régional

L’élaboration d’un bilan de masse de phosphore vise à mieux comprendre la quantité de phosphore qui est exportée vers la baie Missisquoi et à soutenir le développement d’une stratégie permettant d’équilibrer importations et exportations de cet élément nutritif.

L’outil a été développé sur un des quatre principaux sous-bassins versants transfrontaliers qui alimentent la baie Missisquoi, soit le bassin versant de la rivière de la Roche localisé en majeure partie dans la municipalité de Saint-Armand pour sa portion québécoise.

«Il s’agit en fait d’une première étape vers une étude de plus grande envergure couvrant l’ensemble des bassins versants affluents de la baie Missisquoi. Cette initiative canado-américaine vient tout juste de prendre son envol», précise M. Barbe.

Principal ennemi des plans d’eau

Les sols agissent à la façon d’une éponge en retenant le phosphore. Cet élément nutritif s’y accumule graduellement, mais, en cas de saturation, les risques de pertes de phosphore vers la rivière augmentent de façon importante.

Selon les données recueillies dans le bassin versant de la rivière de la Roche, environ 17% des sols en culture du secteur auraient atteint un taux de saturation en phosphore à risque.
«Les résultats de l’étude indiquent que les stocks de P dans les sols et les charges de P à la rivière sont appelées à s’accroître dans le temps, aux horizons de 10 et 30 ans. La simulation de différents scénarios de gestion démontre cependant qu’il est possible de renverser la tendance et de réduire les charges de P à la rivière et plus en aval dans la baie Missisquoi, notamment en adoptant des pratiques agroenvironnementales durables», indique le chargé de communication de l’OBVBM.

Le développement de l’outil de gestion du bilan du phosphore dans le bassin versant transfrontalier de la rivière de la Roche a été rendu possible grâce au financement de 74 763 $ alloué par le ministère de l’Environnement dans le cadre du Programme de soutien régional aux enjeux de l’eau (PSREE).

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