Les vignerons de Brome-Missisquoi demandent aux partis de se mouiller

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Par Claude Hebert
Les vignerons de Brome-Missisquoi demandent aux partis de se mouiller
Le copropriétaire du vignoble de LOrpailleur, Charles-Henri de Coussergues, a accueilli le premier ministre Philippe Couillard et son épouse, la semaine dernière à Dunham, dans le cadre d’un rassemblement partisan réunissant plusieurs membres influents de la section économique du PLQ. (Photo : L’Avenir & Des Rivières – Claude Hébert)

AGRICULTURE. À moins de deux semaines du rendez-vous électoral, le copropriétaire du vignoble de L’Orpailleur demande aux partis politiques de s’engager à soutenir la plantation de nouvelles vignes .

«Depuis l’arrivée des vins de Brome-Missisquoi sur les tablettes des épiceries, les consommateurs sont au rendez-vous et les producteurs commencent à manquer de raisin», explique Charles-Henri de Coussergues, membre du conseil d’administration de l’Association des vignerons du Québec.

Ce dernier signale qu’il se plante beaucoup de vignes depuis trois ans, mais ajoute qu’il en faudrait davantage.

À L’Orpailleur, par exemple, les propriétaires ont ajouté trois hectares de vigne en 2018 et dix hectares en trois ans.

«D’ici cinq ans, on prévoit planter huit hectares additionnels pour un total de 45 hectares», résume M. de Coussergues.

Les vignerons réclament une aide gouvernementale pour les aider à financer la plantation de cépages nobles de type vinifera (riesling, chardonnay, etc.) et l’achat d’équipements permettant de garantir la protection de ces types de vigne durant la saison froide.

«Comme les vinifera ne résistent pas à des températures inférieures à –20 ou –24 degrés Celsius, selon les variétés, il faut les garder sous toile durant l’hiver. Le buttage (technique consistant à recouvrir les plants à l’aide de terre pour les protéger du froid) convient mal à ces espèces, car les bourgeons pourrissent et les plants sont sujets au développement de moisissures en raison d’un séjour trop prolongé sous terre», explique le vigneron de Dunham.

Appellation contrôlée

L’Association des vignerons a instauré un programme de certification des vins du Québec afin de garantir leur provenance. Elle demande maintenant au gouvernement provincial d’approuver l’indication géographique protégée (IGP) «Vins du Québec» afin d’accroître la notoriété des vins d’ici.

Pour se prévaloir de l’IGP, les vignerons québécois devront faire évaluer leur quantité de raisin par un agronome indépendant avant la tenue des vendanges.

«L’appellation est déjà acceptée. Il ne manque plus que l’approbation du ministre de l’Agriculture et la publication d’un avis de reconnaissance dans la Gazette officielle du Québec. Ça devrait se signer d’ici trois semaines», indique M. de Coussergues.

Les vignobles du Québec produisent entre un million et un million et demi de bouteilles bon an, mal an. La production québécoise ne représente toutefois qu’une maigre part (entre 1 % et 1,5 %) des 220 millions de bouteilles consommés au Québec. À titre comparatif, les produits des vignerons ontariens occupent une part du marché local beaucoup plus grande (environ 30 %).

«Nous visons une part de marché de l’ordre de 4 % à 5 % d’ici dix ans», ajoute le copropriétaire de L’Orpailleur.

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