Bedford et région: les employés d’Autobus ABC en lock-out dès vendredi

TRANSPORT. Après avoir reçu un préavis de grève illimitée de la partie syndicale, Transport scolaire Sogesco a décrété un lock-out qui prendra effet demain. À la suite de cette décision, les 20 chauffeurs d’Autobus ABC se retrouvent dans la rue et plusieurs élèves pourraient être privés de cours dès mercredi prochain.

Après avoir donné un mandat de grève à leur exécutif syndical le 5 avril dernier, les employés ont rejeté les nouvelles offres patronales le 11 mai, mais les pourparlers entre les deux parties ont continué à suivre leur cours. Line Langlois, porte-parole de l’entreprise et Sylvie Duval, de la section locale des Teamsters se sont parlés vendredi dernier et l’ont fait de nouveau lundi dans l’espoir d’en arriver à une entente, mais sans succès.

«J’ai dit à Mme Duval que j’allais travailler fort pour leur obtenir le taux horaire demandé par les chauffeurs s’ils acceptaient en retour de laisser à l’employeur le soin d’effectuer la vérification mécanique avant départ des autobus (VAD). Les syndiqués refusent toujours de perdre les deux heures de salaire dédiées à cette tâche et ont donc dit non à notre proposition», résume Mme Langlois.

Cette dernière précise que l’employeur a décidé de confier l’inspection quotidienne des véhicules à un mécanicien ou à un préposé par souci d’amélioration de la sécurité des usagers et de l’état mécanique de la flotte d’autobus. À ses yeux, il s’agit d’un simple droit de gérance.

«La moyenne d’âge des chauffeurs est élevée et ce n’est pas toujours évident pour eux d’ouvrir le capot de leur véhicule», explique Mme Langlois, pour justifier la position de Transport scolaire Sogesco.

L’employeur continuera d’allouer aux chauffeurs 30 minutes de salaire hebdomadaire pour faire le plein (une ou deux fois par semaine) et procéder à un nettoyage sommaire quotidien à l’intérieur de leur véhicule.

«Comme on doit prévoir dix minutes pour un plein, il ne reste que quatre minutes par jour pour nettoyer l’intérieur de l’autobus. Ce n’est pas beaucoup», affirme Mme Duval.

Demande de conciliation?

La représentante syndicale laissent entendre que les chauffeurs de la division Autobus ABC sont frustrés et acceptent mal la décision de l’employeur de décréter un lock-out.

«Les syndiqués trouvent la pratique déloyale, car le lock-out va notamment les priver de la journée de salaire qui aurait normalement dû leur être versée pour la Fête des patriotes», signale la porte-parole du syndicat.

Cette dernière s’attend à ce que les chauffeurs tiennent une ligne de piquetage dès mardi devant les ports d’attache de la compagnie (stationnements d’autobus).

«Il n’est pas impossible que l’employeur nous demande de rentrer au travail mercredi, mais il n’y a rien de certain à ce niveau», affirme Mme Duval.

La représentante patronale soutient pour sa part que son téléphone est toujours ouvert, signifiant ainsi son intérêt à poursuivre les discussions. Elle rejoint ainsi la position de la porte-parole syndicale qui considère qu’il y a encore lieu de s’assoir et de discuter, la  grève étant à ses yeux la solution ultime

«À moins d’un règlement de dernière minute, on entend acheminer une demande de conciliation dans les prochaines heures… ou mardi au plus tard. Si le lock-out se poursuit au-delà de sept jours, la compagnie s’expose à des problèmes avec les commissions scolaires, car cette action implique l’interruption d’un service public», explique Mme Langlois.

L’avis de lock-out a été acheminé à la CS francophone Val-des-Cerfs et à la CS anglophone Eastern Townships dans les délais prescrits. Ces dernières devront prendre les mesures nécessaires pour aviser les parents concernés par la décision de Transport scolaire Sogesco.