Brome-Missisquoi: les candidats pompiers ne sont pas légion

RESSOURCES HUMAINES. Le recrutement des pompiers pose problème en milieu rural depuis quelques années.

«On a beau faire de la publicité, tenir des kiosques d’information dans les grands rassemblements populaire, ça ne fonctionne pas», affirme Ralph Gilman, directeur du service de sécurité publique de Bedford.

Selon ce dernier, le métier de pompier est devenu une tâche accaparante qui gruge beaucoup de temps libre.

«Les jeunes manquent de temps pour suivre les formations, assister aux pratiques, vérifier le bon fonctionnement des équipements et participer aux opérations de prévention. Pour plusieurs d’entre eux, la famille et le travail passent avant toute chose», explique-t-il.

Un apprenti pompier dispose de deux ans pour compléter une formation de base obligatoire de 360 heures. On l’invitera par la suite à se perfectionner en suivant des formations spécialisées de 45 heures chacune. Désincarcération, maniement d’une échelle, sauvetage des animaux lourds, opération d’un camion incendie, travail en espaces clos, sauvetage sur glace et sur les plans d’eau, ce ne sont pas les cours de formation qui manquent.

Toujours plus d’interventions

La tâche des services de sécurité incendie s’alourdit également au fil du temps.

«Il y a dix ans, à Bedford, on ne recevait qu’une dizaine d’appels par année. Ça joue maintenant autour d’une centaine (105 en 2014)», signale M. Gilman.

Selon ce dernier, les interventions directement liées au combat d’incendie représentent à peine 8 % de tous les appels logés aux brigades de pompiers du Canada et des États-Unis.

«En plus d’éteindre les feux, les pompiers sont notamment appelés à intervenir pour secourir un travailleur, un accidenté de la route ou un pêcheur sur glace en mauvaise posture, libérer une personne emprisonnée dans un ascenseur, venir en aide aux propriétaires riverains aux prises avec une inondation», résume M. Gilman.

Au dire du chef pompier, près du quart des interventions ont trait à une fausse alarme.

«Quand on répond à un appel, il est impossible de savoir si on a affaire à un véritable sinistre ou à une fausse alarme. Et on doit se rendre sur place avec une bonne force de frappe (dix pompiers en 15 minutes). Comme les premières minutes d’un incendie sont cruciales, on ne peut pas se permettre d’envoyer un seul pompier en éclaireur», précise M. Gilman.