Centre d’art: de nombreuses questions  toujours sans réponse

MUNICIPAL. Même si le projet de réaménagement du centre d’art de Farnham n’a jamais été aussi articulé, de nombreux citoyens s’interrogent toujours sur la pertinence d’y donner suite immédiatement, alors qu’un registre est mis à la disposition  de ceux et celles qui s’opposent au règlement d’emprunt de 4,8M $.

La séance d’information, tenue hier soir à l’hôtel de ville de Farnham, à la veille de l’ouverture du registre, a permis de connaître le coût de construction de chacune des trois composantes du projet : 1 671 249 $ pour le réaménagement de la partie avant du centre d’art et la démolition de la partie arrière, 701 359 $ pour l’agrandissement destiné à recevoir un centre de la petite enfance (CPE Le Colibri) et 2 305 559 $ pour l’ajout d’un deuxième étage pour la mise en place d’une école primaire (six salles de classe, une salle à dîner, des bureaux et un bloc sanitaire) qui permettrait d’accueillir l’excédent d’élèves qui Val-des-Cerfs projetait de transférer à Bedford et Notre-Dame-de-Stanbridge et les jeunes des camps de jour durant la saison estivale.

L’administration Hüsler entend financer le projet sur une période de 30 ans et devra rembourser  effectuer un remboursement annuel de 238 900 $ pendant trois décennies. Ce scénario est basé sur un taux d’intérêt moyen de 4 %.

«Pour couvrir la dette reliée à la nouvelle école, on doit miser sur la construction de 19 maison neuves par année pendant trois ans. Cet objectif est réalisable compte tenu des développements résidentiels en cours et à venir au sud de la route 104», indique le directeur général de la municipalité, François Giasson.

Et le financement ?

Si les coûts exacts du projet sont maintenant connus, on n’en sait pas encore beaucoup sur le mode de financement.

La Ville de Farnham s’attend à recevoir 40 000 $ par année de la municipalité de Sainte-Sabine pour le volet école primaire, mais l’administration Phoenix n’a pas encore adopté de résolution en ce sens. Farnham entend par ailleurs déposer une demande d’aide financière pouvant aller jusqu’à 60 % de la valeur  du volet centre d’art auprès du programme d’infrastructure Québec-Municipalités.

L’administration Hüsler s’attend également à une contribution du CPE Le Colibri et du ministère de la Famille pour le volet centre de la petite enfance de l’ordre de 600 000 $ à un million de dollars, mais n’a encore reçu aucune garantie en ce sens. Et l’arrivée récente d’un nouveau ministre dans le dossier ne fait rien pour accélérer les choses.

«Des discussions sont en cours avec le ministère de la Famille et du CPE Le Colibri afin que celui-ci achète sa partie de copropriété. Si l’entente finit par se conclure, la population n’aurait aucun coût à assumer pour le volet centre de la petite enfance (…)  Le fonds de Ambulances de Farnham couvrira une partie des aménagements et des fournitures pour les besoins du CPE», résume le directeur général de Farnham, François Giasson.

Nouveaux éléments

Outre les incertitudes en matière de financement, de nouveaux éléments viennent ajouter au questionnement des citoyens.

Les autorités municipales de Farnham auraient appris que la Commission scolaire du Val-des-Cerfs (CSVDC) «va aménager, dans le courant de l’été 2016», deux nouvelles classes d’une capacité de 23 élèves chacune au troisième étage de l’école Saint-Romuald. Si Val-des-Cerfs donne suite à ce projet, le nombre d’élèves transférés vers Bedford et Notre-Dame passerait de 140 à 94.

«Si le nombre d’élèves de Farnham transférés est de zéro à la suite de l’ajout de nouvelles classes à l’école Saint-Romuald, la Ville se réserve le droit de mettre un stop sur le champ au projet de nouvelle école (…) Il y a même une clause dans le devis de soumission qui stipule que la Ville s’engage à ne pas donner le contrat dans le cas où il y aurait ajout de nouvelles classes dans les écoles  locales existantes», indique M. Giasson. Il faut ici comprendre que Farnham ne voit aucun avantage à construire une école destinée à accueillir les seuls élèves de Sainte-Sabine.

Et comme si ce n’était la situation n’était pas déjà assez compliquée, des citoyens s’invitent dans le débat en invitant la Ville de Farnham à regarder d’autres options. Pourquoi ne pas louer des locaux sur une base temporaire au lieu d’ériger un nouvel édifice? Pourquoi ne pas sous-louer une partie de la superficie de l’ancien magasin Meubles Denis Riel que l’enseignante Nancy Allen souhaite convertir en école privée bilingue et en garderie? Ce ne sont pas les options qui manquent laissent entendre certains citoyens

Histoire à suivre

Voilà le contexte dans lequel les Farnhamiens sont appelés à se prononcer, aujourd’hui entre 9h et 19h, à l’hôtel de ville. Il faut préciser que le registre s’adresse exclusivement à ceux et celles qui s’opposent au projet de règlement d’emprunt de la municipalité. Les autres n’ont pas à se déplacer pour aller signer, comme c’est le cas lors d’un référendum.

Quel que soit le résultat du registre et peu importe la décision de la CSVDC au sujet de l’ajout de classes au troisième étage de l’école Saint-Romuald, le maire Joseph Hüsler estime que la concertation des citoyens et les pressions politiques exercées par les administrations municipales de Farnham et de Sainte-Sabine n’auront pas été vaines et auront à tout le moins servi à faire avancer le dossier.

«Toutes les jeunes familles en sortiront gagnantes et rassurées», insiste-t-il.

Les autorités municipales tiennent enfin à préciser que le processus d’appel d’offres et de règlement d’emprunt va suivre son cours tant et aussi longtemps que la Ville n’aura pas de confirmation écrite de la CSVDC au sujet de l’ajout de nouvelles classes à Saint-Romuald. L’ouverture des soumissions est prévue le 26 avril.

«Le 26 juillet 2016 est le délai maximal pour accorder le contrat de construction de la nouvelle école ou abroger le processus», ajoute le directeur général de Farnham.