Cinq questions à Frédéric Beauchemin, candidat du Parti libéral du Québec
À quelques jours de la tenue du scrutin, le Guide s’est entretenu avec les candidats de Brome-Missisquoi des quatre partis ayant fait faire élire au moins un député aux dernières élections provinciales. Ces candidats tentent de succéder à Isabelle Charest de la Coalition Avenir Québec, élue pour la première fois en 2018, mais qui ne sollicitent pas de troisième mandat.
Le candidat du PLQ, Frédéric Beauchemin, essaie de ramener la circonscription de Brome-Missisquoi dans le camp libéral, après que Pierre Paradis ait représenté ce comté de manière ininterrompue entre 1980 et 2018. M. Beauchemin est député de Marguerite-Bourgeoys depuis 2022 et a aussi été candidat défait au fédéral dans Terrebonne en 2019.
QUESTION : Comment se passe votre campagne jusqu’à maintenant ?
RÉPONSE : Ça va super bien. J’aime beaucoup être à la rencontre des citoyens. Je trouve ça intéressant pour plusieurs raisons, mais quand on a un contact direct avec les gens, on a la capacité de pouvoir avoir leurs impressions et leurs opinions. Brome-Missisquoi est particulièrement belle comme circonscription, nous sommes chanceux, c’est notre marque de commerce, la beauté des paysages, les rivières, les lacs. C’est important de travailler fort pour les protéger.
Q : Vous êtes allés à la rencontre des citoyens, des élus, des entrepreneurs sur le terrain depuis que vous avez annoncé que vous alliez changer de circonscription et vous présenter dans Brome-Missisquoi. Quelles sont leurs principales préoccupations ?
R : La santé, c’est le numéro un. La population moyenne est plus âgée dans Brome-Missisquoi que dans le reste du Québec, donc la santé est un enjeu. L’hôpital à Cowansville est un hôpital central, mais on a plein d’autres livraisons de service un peu partout. On propose de la télémédecine.
Le support au milieu agricole est extrêmement important. On a une économie agricole diversifiée ici. La gestion de l’offre, on peut la regarder de façon économique, mais il faut aussi garder en considération l’aspect sécurité alimentaire. L’an passé, il y a eu une pénurie d’œufs aux États-Unis. Imaginons si on avait intégré notre système à celui des Américains. Nous en aurions manqué nous aussi. Le repreneuriat est également d’une importance capitale.
Il faut aussi mieux répartir les ressources en termes de présence policière sur le terrain.
Q : La situation tarifaire avec les États-Unis fait beaucoup jaser dans la région, surtout considérant l’aspect géographique de Brome-Missisquoi. Quelles sont vos solutions pour les entreprises du territoire ?
R : Les tarifs, c’est ridicule, ça fait mal à tout le monde. On a 2200 PME à travers la circonscription et beaucoup d’entre elles exportent aux États-Unis et sont affectées par les tarifs. Il y a des scieries ici qui coupent du bois qui vient des États-Unis et les retournent là-bas par la suite. Les Américains se font mal à eux-mêmes.
Nous, on met 1,6 G$ pour aider nos entreprises à l’échelle du Québec. C’est 1,6 G$ de la provision pour éventualités qui ira aux PME affectées par les tarifs. En regardant le plan de la CAQ, ils proposent de mettre en place des facilités bancaires pour que les entreprises empruntent pour passer à travers la tempête. Ça veut dire que les compagnies n’auront pas de revenus, vont emprunter pour payer des factures et, en bout de piste, vont espérer que ça revienne. Le plan pour eux, c’est d’endetter encore plus les entreprises, alors qu’on a au Québec le plus haut taux de faillites d’entreprises au pays. La CAQ est la championne à ce chapitre.
Q : Quelle est votre principale priorité pour la population de Brome-Missisquoi ?
R : Il y a une priorité nationale qui aura des effets sur Brome-Missisquoi et c’est la santé. Il faut absolument trouver une façon d’améliorer ça.
Moi, en tant qu’élu pour Brome-Missisquoi, je pense que pour les infrastructures municipales, c’est là où on exercera une influence significative. Il n’y a aucun autre parti qui parle de doubler l’apport de Québec envers les municipalités. On va travailler en plus pour effectuer des travaux sur des routes que sont de véritables champs de mines, comme la 202 entre Bedford et Dunham, par exemple.
Q : La MRC de Brome-Missisquoi a récemment officiellement demandé la tenue d’audiences du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement dans le cadre du projet de Brome et de sa ligne d’alimentation d’-Hydro-Québec. Est-ce qu’un gouvernement libéral forcerait la tenue d’un BAPE dans ce dossier ?
R : Moi, depuis le début, je demande la transparence d’-Hydro-Québec dans ce dossier. Il y a deux tracés, un est-il meilleur que l’autre ? Beaucoup de citoyens à Dunham et à Sutton aussi auraient préféré le tracé D. Hydro refuse parce que ça coûterait 50 % plus cher. D’accord. Montrez-nous l’information. Ils ne nous la montrent pas.
L’information va venir par un BAPE. Ça ne veut pas dire que c’est par la suite une obligation de dire oui ou non au projet par rapport aux conclusions du BAPE, mais au moins, on va avoir de la transparence et toutes les informations. Si on parle d’acceptabilité sociale, ça commence par donner l’heure juste aux citoyens.
